Pascal Arrighi

1921 - 2004

Informations générales
  • Né le 16 juin 1921 à Vico (Corse-du-Sud - France)
  • Décédé le 19 août 2004 à Toulon (Var - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Corse
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Corse
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 16 mars 1986 au 14 mai 1988
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Front national

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 16 juin 1921 à Vico (Corse)

Député de la Corse de 1956 à 1958

Issu d'une vieille famille corse, son père étant inspecteur central de l'enregistrement, Pascal Arrighi commence ses études au collège Fesh d'Ajaccio et les poursuit à Paris. Licencié ès lettres, diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques, il entame une carrière d'avocat. En 1941, il est à la cour d'appel de Paris.

Dès 1940, il participe aux activités du réseau Orion. En 1943, en tentant de rejoindre la France libre, il est interné au camp de Miranda en Espagne. En 1944, il s'engage dans les commandos de France et participe au débarquement en Corse et en Provence. En septembre, il est blessé dans les Vosges et nommé aspirant pour son action au feu. Ses années de combat lui valent plusieurs distinctions : la médaille militaire, la croix de guerre avec trois citations, la médaille de la résistance et la médaille des évadés.

A la Libération, Pascal Arrighi épouse Mlle Vincent Maurel, dont il aura deux enfants. En 1947, il est secrétaire de la conférence de stage des avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. Il achève par ailleurs des études brillantes : docteur en droit, avec une thèse couronnée par la faculté de droit de Paris, il est reçu premier au concours de l'agrégation en 1948. Il est en outre admis à l'Ecole nationale d'administration. Il entre premier au Conseil d'Etat comme auditeur de 2e classe en décembre de la même année.

Pascal Arrighi connaît alors une triple carrière de juriste, d'universitaire, d'homme politique. Professeur à l'école française de droit du Caire, en 1949, il est maître de conférences à l'Institut d'études politiques et à l'Ecole nationale d'administration de 1949 à 1956.

Dans la même période, il fait partie de plusieurs cabinets ministériels. De juillet 1950 à mars 1951, il est chef adjoint du cabinet de Guy Mollet, ministre d'Etat, chargé du Conseil de l'Europe ; d'août 1951 à février 1952, conseiller technique au cabinet de Pierre Courant, ministre du Budget ; du 8 janvier au 8 février 1953, chef de cabinet d'André Boutemy, ministre de la Santé publique et de la population. En septembre 1951, Pascal Arrighi est élu conseiller général de son canton natal à Vico. Du 8 décembre 1952 au 1er août 1953, il est rapporteur général de la Commission d'équipement et de modernisation de la Corse. En mars 1953, il est en tête de la liste radicale pour les élections municipales à Ajaccio : il est élu conseiller municipal et le demeurera jusqu'en 1959. En janvier 1954, il est nommé maître des requêtes au conseil d'Etat. Il est à nouveau présent dans deux cabinets ministériels, celui de Jean Berthoin, comme conseiller technique du ministre de l'Éducation nationale, de juin 1954 à février 1955 et de février 1955 à octobre 1955 ; celui de Vincent Badie, comme directeur de cabinet du ministre des Anciens combattants et Victimes de guerre, d'octobre à décembre 1955.

En janvier 1956, il se présente aux élections législatives en Corse sur la liste du Parti radical. Pascal Arrighi est en troisième position derrière Jacques Faggianelli, maire de Bastia et François Giacobbi, maire de Venaco. Les radicaux ont réalisé un apparentement avec les Indépendants paysans et les Républicains sociaux. Sur 154 692 inscrits et 90 160 suffrages exprimés, les listes apparentées obtiennent 72,9 % des voix et emportent les quatre sièges à pourvoir pour le département : trois vont à la liste radicale qui totalise 40,9 % des voix et un aux indépendants paysans qui ont 20,3 % des voix. La liste communiste avec 22,6 % des suffrages n'a pas d'élu alors que la SFIO ne recueille que 3,4 % des suffrages. Pascal Arrighi est élu au bénéfice du panachage. Ces élections traduisent la prééminence en Corse du radicalisme qui, à cette date, revendiquait deux tiers de l'effectif des conseillers généraux.

Le nouveau député de la Corse manifeste immédiatement une grande activité parlementaire. Une fois son élection validée, le 20 janvier 1956, il est nommé membre d'importantes Commissions, celles des Finances, de l'Intérieur, des Affaires économiques notamment. De février 1956 à février 1958, il présente plus d'une quinzaine de rapports au nom de la Commission de l'Intérieur concernant la plupart du temps l'Algérie. Le 12 décembre 1956, il est notamment rapporteur du projet de loi relatif à l'organisation commune des régions sahariennes. Le 3 juillet 1957, au nom de la Commission de la marine marchande, il est rapporteur pour avis du traité du Marché commun et de l'Euratom. Membre du parti radical, Pascal Arrighi appartient aussi à un intergroupe des nouveaux élus où se retrouvent, notamment, Valéry Giscard d'Estaing, Christian Bonnet, Roland Dumas, Jean de Lipkowski. Avec ses collègues, le 6 juin 1956, il dépose une proposition de loi de révision de la constitution, qui ne connaît pas de succès.

Sa volonté de conserver l'Algérie française l'amène à participer pleinement au débat politique. Le 8 mars 1956, lors du débat sur les pouvoirs spéciaux demandés par le Gouvernement, en commentant son soutien, il avertit : « (...) si demain la volonté du Gouvernement était défaillante, alors, Mesdames, Messieurs, craignons-le, seraient compromis tout à la fois, le sort du régime républicain et l'avenir de la Patrie ». Au IIIe congrès du parti radical, à Lyon, du 11 au 14 octobre 1956, il se range nettement dans la minorité qui critique la politique de Pierre Mendès France et défend une motion, appuyée par 21 fédérations, demandant le maintien de la présence française en Algérie. Ce congrès voit la scission du parti radical : 28 sénateurs et 14 députés, derrière André Morice, Henri Queuille, André Marie, Vincent Badie, créent un groupe distinct qui conserve un temps l'appellation Parti radical socialiste. Pascal Arrighi appuie André Morice quand celui-ci rejoint Georges Bidault, Roger Duchet et Jacques Soustelle dans la défense de l'Algérie française. Le 13 mars 1958, alors que des agents de la police parisienne manifestent devant l'Assemblée nationale, avec Roland Dumas et Pierre Naudet, il dépose une motion préjudicielle demandant « de suspendre les travaux jusqu'à ce que soit levé le siège du palais Bourbon ». Le 18 mars, il revient sur l'événement en mettant en cause l'attitude du Gouvernement : « Les incertitudes, les atermoiements, les faiblesses incroyables du Gouvernement sont inadmissibles ». Le 20 avril, Pascal Arrighi, radical dissident, n'est pas réélu conseiller général du canton de Vico.

La crise de mai-juin 1958 projette le député de la Corse dans l'actualité. Le 13 mai, il ne vote pas l'investiture du Gouvernement de Pierre Pflimlin. Le 15, il fait connaître publiquement son approbation du communiqué publié par le général De Gaulle. Le 16, il quitte Paris pour Alger par Bruxelles et Madrid. Le 19, il est à Alger où il prend contact avec le Comité de salut public constitué depuis le 13 mai, notamment avec Léon Delbecque et Lucien Neuwirth. Le 21 mai, à Radio Alger, il prononce une allocution, adressée à ses compatriotes corses, leur demandant de créer des comités de salut public dans l'île. Il reçoit ensuite un ordre de mission du général Salan pour la Corse, où il arrive le 24 et prend la tête du mouvement qui, appuyé par des éléments parachutistes, institue un comité de salut public à Ajaccio le 25 mai. Le même jour, le Gouvernement demande à l'Assemblée nationale de prononcer la déchéance de Pascal Arrighi de son mandat de député et d'engager des poursuites. Le 26, la Commission de la justice réclame simplement une mesure de suspension de l'exercice de son mandat. Finalement, la levée de l'immunité parlementaire est votée par 428 voix contre 119, et 396 voix contre 175 décident la suspension de l'exercice de son mandat. Celle-ci, cependant, ne dure qu'un mois, jusqu'à la décision de non-lieu qui intervient le 25 juin, motivée par le fait que le renouvellement des pouvoirs conférés au général Salan par le nouveau Gouvernement du général De Gaulle, impliquait la ratification de ses actes passés et notamment de la mission donnée au député de la Corse. Pendant l'été, Pascal Arrighi retrace son action et consigne ses réflexions dans un livre qui paraîtra à la fin de l'année sous le titre La Corse, atout décisif.


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