Alain Danilet

1947 - 2012

Informations générales
  • Né le 3 juin 1947 à Noyon (Oise - France)
  • Décédé le 8 février 2012 à Villevieille (Gard - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Xe législature
Mandat
Du 2 avril 1993 au 21 avril 1997
Département
Gard
Groupe
Rassemblement pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

DANILET Alain

Né le 3 juin 1947 à Noyon (Oise)
Décédé le 8 février 2012 à Villevieille (Gard)

Député du Gard de 1993 à 1997

Alain Danilet est né le 3 juin 1947 à Noyon. Motard de la police nationale pendant vingt ans, il adhère en 1980 au Rassemblement pour la République (RPR) au sein duquel il milite activement – au point d’accéder au comité départemental du parti, puis de se voir confier le secrétariat de la cinquième circonscription du Gard. En 1989, le policier ajoute un mandat électif à sa qualité de militant : il est élu conseiller municipal adjoint de Villevieille, petit village gardois situé en bordure du Virdourle. À partir de mars 1989 également, Alain Danilet siège au Syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de la commune de Sommières.

À l’occasion des élections législatives de 1993, le RPR lui propose l’investiture dans la cinquième circonscription du Gard comprenant notamment Alès et Sommières. Le défi est de taille : en 1988, la circonscription a voté massivement pour le candidat socialiste, Alain Journet, élu à plus de 60 % des suffrages. Pourtant, grâce à une campagne très ancrée sur le terrain, le motard de la police nationale se place en tête du premier tour avec 13 685 voix et 27,4 % des suffrages exprimés, contre 21,5 % au député sortant. Le Parti communiste obtient un score de 17 % et le Front national, un score de 15,2 %. Le second tour s’annonce serré. Alain Danilet appelle les électeurs gardois à sanctionner la « mauvaise politique » des socialistes qui a conduit, selon lui, au chômage, à l’insécurité et à la dégradation des conditions de vie. Seuls 108 suffrages séparent les deux adversaires au second tour : Alain Danilet bat Alain Journet avec 24 994 voix et 50,1 % des suffrages exprimés.

À son arrivée au Palais-Bourbon, le nouveau député du Gard, que la presse régionale surnomme « le motard-député », s’inscrit au groupe RPR. Il siège à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales, qu’il quitte en avril 1994 pour la commission de défense nationale et des forces armées. En février 1996, Alain Danilet est chargé d’une mission temporaire auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Louis Debré, en vue de dresser une liste des missions non prioritaires de la police nationale, ainsi que de proposer les solutions et les modalités de transfert de ces tâches à d'autres administrations de l'État.

Au cours de son mandat, l’ancien motard de la police nationale s’intéresse essentiellement aux questions de sécurité. Sa première intervention, une question au gouvernement, le 27 octobre 1993, est ainsi consacrée à la sécurité routière lors du pont de la Toussaint, estimant que les risques d’une« hécatombe en vies humaines » sont réduits pas la présence accrue de policiers sur les routes. D’autres sujets de sécurité retiennent son attention, tels que les conditions d’attribution de la carte d’invalidité (décembre 1993), le transfèrement des détenus (octobre 1994), la lutte contre l’immigration irrégulière (mai 1996) ou l’amélioration des conditions de travail de la police française, lors de l’examen des crédits de l’Intérieur prévus par le projet de loi de finances pour 1996 (novembre 1996). Un autre thème de prédilection du député est l’aménagement du territoire : il intervient, d’une part, sur le projet de loi d’orientation pour le développement du territoire (le projet de loi « Pasqua ») en juillet 1994 et, d’autre part, sur les crédits de l’aménagement du territoire prévus par le projet de loi de finances pour 1995 (novembre 1994). Alain Danilet n’oublie pas les questions locales : le député de Sommières pose ainsi plusieurs questions orales au gouvernement, notamment sur la gestion de l’office HLM du Gard, en mai 1994, et sur les quotas gardois de blé dur, en octobre 1994. En avril 1996, il cherche également à défendre la production viticole, filière importante dans son département. Il s’intéresse également aux questions européennes, demandant à l’occasion d’une question au gouvernement, le 16 novembre 1994, sur les enjeux de l’élargissement de l’Union européenne à l’Autriche, la Finlande et la Suède.

Au cours de ce mandat écourté, le député du Gard vote comme l’ensemble de la majorité et notamment la déclaration de politique générale du gouvernement d’Édouard Balladur, le 8 avril 1993, et en faveur de la loi réformant le droit de la nationalité, le 24 juin 1993, qui soumet notamment l’obtention de la nationalité française pour un mineur né en France de parents étrangers à une déclaration préalable entre 16 et 21 ans.

Lors des élections de 1997, Alain Danilet n’échappe pas à la défaite nationale et départementale de la droite. Au premier tour, il se classe en deuxième position du scrutin avec 12 137 voix et 23,1 % des suffrages exprimés, derrière le socialiste Damien Alary (24,8 %) mais devant les candidats communiste (17,9 %) et du Front national (16,6 %). Le second tour voit la victoire très nette du candidat socialiste, qui recueille près de 60 % des suffrages contre 40 % pour le député sortant. Alain Danilet entre alors en correspondance avec le président de la République, Jacques Chirac, pour lui faire part de son analyse sur la défaite de la droite : « Les gens ont besoin de travail, d’ordre et de sécurité. Nous n’avons pas su répondre à ces préoccupations. Il ne faut pas chercher trop loin les raisons de notre défaite électorale » explique-t-il. Le député sortant incline alors pour une alliance électorale avec le Front national dans le département.

En 2001, Alain Danilet est élu maire de Sommières, commune de 4 000 habitants, à l’ouest de la plaine de la Vaunage. En 2004, comme en 1995, l’ancien député échoue à ravir le canton de Sommières au socialiste Christian Valette dans le cadre d’une triangulaire. L’année suivante, la quasi-totalité du conseil municipal démissionne pour reprocher au maire sa gestion des inondations survenues en septembre 2002. Alain Danilet est contraint alors de démissionner à son tour. À l’élection qui suit, il remporte à peine 30 % des suffrages au premier tour et 26 % au second, face aux socialistes conduits par Guy Marotte, qui lui succède.

Alain Danilet décède brutalement, le 8 février 2012, à Villevieille. Il avait 64 ans, était marié et avait une fille.

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