Alfred Daul

1895 - 1973

Informations générales
  • Né le 6 mai 1895 à Roeschwoog (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 15 septembre 1973 à Schiltigheim (Bas-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Bas-Rhin
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 5 mai 1893, à Roeschwoog (Bas-Rhin).

Député du Bas-Rhin de 1936 à 1942.

Né dans une famille de petits paysans, ajusteur de son métier, Alfred Daul, qui fut grièvement blessé durant la guerre de 1914-1918, était entré dans l'action syndicale dès 1912. Après l'armistice, il adhéra au parti socialiste. Au congrès de Tours, en 1920, il se montra partisan acharné de l'adhésion à la IIIe Internationale.

Lorsqu'il fut élu député en 1936, il faisait partie depuis plusieurs années du bureau de la région d'Alsace-Lorraine du parti communiste et il avait derrière lui dix ans d'appartenance à la municipalité de Schiltigheim, treize ans de fonctions de délégué du personnel des cheminots du réseau d'Alsace-Lorraine et sept ans de secrétariat général de l'Union des chemins de fer de cette même région au sein de la Fédération unitaire des cheminots.

Il avait aussi déjà tenté sa chance aux élections législatives de 1932. Mais les électeurs du canton de Strasbourg-campagne ne lui avaient accordé que 3.540 suffrages au premier tour et 3.958 au second, contre, respectivement 8.033, puis 11.730, au député sortant Charles Frey, républicain de gauche, qui fut réélu.

Le 26 avril 1936, dans le même canton, tandis que son rival heureux de la précédente consultation recueille 6.383 voix, il en obtient lui-même 7.139 (sur 32.729 inscrits et 26.171 votants). Au second tour, le 3 mai, il l'emporte définitivement, mais de peu, avec 11.808 suffrages, sur Charles Frey qui en a 10.867 (sur 32.732 inscrits et 27.639 votants).

Dans sa profession de foi, tout en reprenant le programme général du parti communiste, il dénonçait le « traitement de Cendrillon » infligé par un « régime d'oppression nationale » au « peuple alsacien-lorrain » et réclamait « une Alsace-Lorraine libre et heureuse », dont, en particulier, la langue maternelle, la « Muttersprache », serait reconnue comme langue officielle.

Au Palais-Bourbon, Alfred Daul appartint essentiellement à la Commission des affaires étrangères et à celle d'Alsace-Lorraine, dont il fut vice-président. Il ne déposa qu'une seule proposition de loi, en 1938 : elle tendait à modifier les articles 103 i et 103 k du Code professionnel local concernant la composition et les attributions de la Commission des compagnons de chambres de métiers d'Alsace et de la Moselle.

C'est, du reste, presque uniquement sur des questions concernant sa province natale qu'il intervint à la tribune. Ainsi, dans la discussion du budget de 1937, il traite de la situation économique et sociale de l'Alsace, du problème linguistique, de l'application des lois sociales en Alsace-Lorraine, du rétablissement des anciens taux de l'indemnité compensatrice, de la mise en disponibilité de certains fonctionnaires de la région, du budget des cultes - il reproche au clergé local de faire campagne contre le Gouvernement - et du fonctionnement de la direction générale des services d'Alsace et de Lorraine. Le 26 février 1938, il intervient dans un débat de politique étrangère pour proclamer la fidélité du peuple d'Alsace et de Lorraine à la République française et à ses institutions démocratiques et pour condamner la barbarie du régime d'oppression hitlérien. Le 9 juin, il demande à interpeller le Gouvernement « sur les menées hitlériennes en Alsace ».

La discussion du budget de 1939 lui est l'occasion de dénoncer l'aggravation de la situation en Alsace et en Lorraine depuis le 30 septembre 1938 : cette région ne sera « bientôt plus qu'un vaste cimetière hanté par les ombres des caravanes de chômeurs » si des mesures de sauvetage exceptionnelles ne sont pas prises : octroi d'un crédit spécial d'un milliard, dégrèvement d'impôts en faveur des petits et moyens commerçants et artisans, moratoire d'impôt pour la moyenne industrie, priorité aux artisans et petits industriels locaux dans la répartition des commandes de l'Etat, versement immédiat des secours promis aux cultivateurs dont les bêtes sont atteintes de la fièvre aphteuse, paiement immédiat des indemnités dues pour les dommages causés par la récente mobilisation, etc. Le 26 janvier 1939, il revient à la charge en demandant à interpeller le Gouvernement sur sa politique sociale et sur le problème de la vie sociale en Alsace-Lorraine. Il fut déchu de son mandat de député le 20 février 1940, en même temps que la plupart de ses amis politiques, mais par décision du Conseil des Ministres du 28 octobre 1944, relative au rétablissement de la légalité républicaine, il fut relevé de cette déchéance, ainsi. que ses collègues communistes. Alfred Daul est aujourd'hui retiré à Schiltigheim.




Né le 6 mai 1893 à Rœschwoog (Bas-Rhin)
Décédé le 15 septembre 1973 à Schiltigheim (Bas-Rhin)

Député du Bas-Rhin de 1936 à 1940

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1246 et 1247)

Pendant la seconde guerre mondiale, ses convictions politiques valent de nombreux emprisonnements à Alfred Daul. Interné dès juillet 1940 au camp de Sablon-Montignac, près de Périgueux, il en sort en août, pour être de nouveau arrêté en septembre 1940 par la Gestapo, après la perquisition de son logement. Détenu au camp de concentration de Schirmeck, il est libéré en février 1941, mais connaît des années pénibles, car il ne peut retravailler pour motif politique. Le 20 août 1944, il est encore arrêté par la Gestapo et successivement détenu au camp de concentration de Schirmeck, déporté à Rastatt en Allemagne puis transféré à Haslach-sur-Kientzig, en Forêt Noire.

Entre temps, il est relevé de sa déchéance, le 28 octobre 1944, par décision du Conseil des Ministres, prise en application de l'ordonnance du 9 août 1944 portant rétablissement de la légalité républicaine.

Il ne sollicite plus les suffrages de ses électeurs après la Libération et se retire à Schiltigheim (Bas-Rhin) où il meurt le 15 septembre 1973.



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