Henri Debidour

1907 - 1990

Informations générales
  • Né le 28 novembre 1907 à Sarlat (Dordogne - France)
  • Décédé le 17 juin 1990 à Nîmes (Gard - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Saint-Pierre-et-Miquelon
Groupe
Résistance démocratique et socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Saint-Pierre-et-Miquelon
Groupe
Démocratique et socialiste de la Résistance

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 28 novembre 1907 à Sarlat (Dordogne)
Décédé le 17 juin 1990 à Nîmes (Gard)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Saint-Pierre et Miquelon)

Henri Debidour est né le 28 novembre 1907 à Sarlat en Dordogne d'une famille périgourdine. Bien que petit-fils de l'historien Antonin Debidour, il devient docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien interne des hôpitaux de Paris et diplômé de l'Université Harvard. En 1939, il est mobilisé comme médecin-lieutenant, et se porte volontaire pour la campagne de Norvège. La défaite de la bataille de France consommée, il cherche à joindre l'Angleterre dès juin 1940 et est inscrit sur les rôles des Forces navales françaises libres en septembre sous le nom de Monrad. Après avoir servi comme médecin-chef des services de santé des F.N.F.L. en Ecosse en 1940 et 1941, à Saint-Pierre-et-Miquelon en 1942 et 1943, il devient médecin principal de la marine à Alger en 1944.

Henri Debidour est nommé membre de l'Assemblée consultative provisoire de Paris en 1944, et participe aux travaux des Commissions de la France d'outre-mer, de l'intérieur et de la santé publique, du travail et des affaires sociales.

Aux élections à la première Assemblée nationale Constituante, Henri Debidour est élu, le 4 novembre 1945, au deuxième tour avec 1 058 voix sur 2 178 votants représentant des îles de Saint-Pierre-et-Miquelon. Il s'inscrit au Palais Bourbon au groupe de la Résistance démocratique et socialiste, émanation de l'U.D.S.R. Comme chirurgien, il est nommé membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, mais aussi de la Commission des moyens de communication et des P.T.T.

Le 29 décembre 1945, il défend les intérêts de ses mandants en attirant l'attention du gouvernement sur les conséquences pour Saint-Pierre-et-Miquelon de la dévaluation du franc aux colonies. Pour limiter l'augmentation de 40 % des prix qui en résulte, il suggère de supprimer quelques taxes, d'accorder des subventions temporaires pour les cas les plus difficiles, de payer les subventions décidées avant la dévaluation en franc métropole et d'accorder quelques subsides aux nouvelles municipalités qui avaient été supprimées dix ans plus tôt. En tant que président de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, il introduit le rapport - adopté à l'unanimité moins une voix - du projet de loi relatif à la fermeture des maisons de tolérance et au renforcement de la lutte contre le proxénétisme par le souhait qu'il soit voté sans discussion inutile. Le 12 avril, il intervient lors de la présentation de la proposition de loi de Jacques Soustelle et du groupe de la Résistance démocratique et socialiste créant un fonds d'équipement économique et social de l'Union française pour souligner combien son adoption serait nécessaire pour y développer l'hygiène et l'enseignement.

Le 19 avril 1946, Henri Debidour, comme la majorité du groupe auquel il appartient, vote contre le projet de Constitution qui est du reste rejeté par l'ensemble des Français le 5 mai suivant. Une nouvelle Assemblée nationale Constituante doit donc se réunir. Henri Debidour est réélu de justesse à Saint-Pierre-et-Miquelon : 1 064 voix sur 2 161 votants se portent sur son nom contre 1 059 au candidat du Mouvement républicain populaire, Dominique-Antoine Laurelli.

Henri Debidour est nommé membre de la Commission des affaires étrangères et retrouve la présidence de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique. Il dépose, le 20 août 1946, une proposition de loi tendant à permettre l'accession aux diplômes d'Etat de docteur en médecine, chirurgien-dentiste et pharmacien, des titulaires de diplômes délivrés par les universités étrangères ayant rendu des services effectifs à la France dans l'armée ou dans la Résistance. Le 6 août, lors de la discussion du projet de loi fixant le régime des prestations familiales, le président Debidour exprime le vœu de la Commission de voir normaliser les tarifs d'allocations familiales entre les différents territoires d'outre-mer. Deux jours plus tard, il intervient pour souligner au corps médical le caractère inéluctable de la sécurité sociale. Le 9 août 1946, devant les garanties qui lui sont données, il retire l'amendement qu'il avait déposé au nom de l'U.D.S.R. tendant à réserver 25 % des « surplus » acquis par l'Etat aux territoires d'outre-mer. Contre l'avis de son groupe, il vote le 29 septembre le deuxième projet constitutionnel.

Aux élections à la première Assemblée législative de la IVe République, Henri Debidour est battu par son seul adversaire, Dominique-Antoine Laurelli, qui obtient 1 159 suffrages contre 1 116 sur 2 275 exprimés. Le député sortant accuse Laurelli d'avoir offert de l'argent aux électeurs et d'avoir exercé des pressions sur eux. Le 23 mai 1947, Henri Noguères, présentant le rapport sur les opérations électorales, reconnaît - comme Henri Debidour du reste - qu'il n'y a pas eu fraude électorale à proprement parler mais que le candidat M.R.P. a commis un délit qui a été de nature à influer sur le résultat des élections. En effet, le 7 novembre 1946, Laurelli avait annoncé à la radio que l'administration - dont Henri Debidour aurait été le candidat officiel - allait prélever 15 000 dollars, réservés au ravitaillement des îles, pour réparer un appareil frigorifique autour duquel une véritable bataille était déjà engagée. Cette décision aurait empêché le ravitaillement des îles en beurre et en lait. Devant l'immense émotion que provoque cette nouvelle dans la population, l'administration doit démentir que le ravitaillement aurait été compromis. Mais, dès le lendemain, Laurelli avait lu à la radio un télégramme envoyé par l'administrateur Marchand à son ministre annonçant la réparation du frigorifique. Cette lecture tombait sous le coup de la loi du 15 juin 1938 qui vise protection des correspondances par voie radioélectrique. Aussi Henri Noguères conclut-il à l'invalidation du candidat M.R.P. Madame Poinso-Chapuis le défendit en précisant que ce télégramme était de notoriété publique, que Laurelli ne pouvait être tenu responsable d'un délit pour lequel aucune information judiciaire n'avait été ouverte, et qu'enfin son élection s'expliquait par le succès croissant du M.R.P. dans les îles depuis 1945. A l'issue d'un scrutin public demandé par Eugène Claudius-Petit au nom du groupe U.D.S.R. les élections furent annulées par 227 voix contre 175. Cependant l'Assemblée se prononça contre le renvoi du dossier devant le ministre de la Justice.

Le 28 septembre 1947, Dominique Laurelli est finalement réélu avec 1 149 voix contre 1 127 qui se sont portées sur Henri Debidour, soit un écart de 22 voix sur 2 276 suffrages exprimés contre 43 lors du précédent scrutin.

Henri Debidour renonce alors à la vie politique.



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