Joseph, Louis, Adolphe Delachenal

1881 - 1970

Informations générales
  • Né le 12 août 1881 à Chambéry (Savoie - France)
  • Décédé le 4 mai 1970 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Savoie
Groupe
Républicain progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Savoie
Groupe
Entente républicaine démocratique
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Savoie
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Savoie
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Savoie
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Savoie
Groupe
Centre républicain d'action paysanne et sociale et des démocrates indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Savoie
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Biographies

Né le 12 août 1881 à Chambéry (Savoie).

Député de Savoie de 1910 à 1914, de 1919 à 1924 et de 1945 à 1958.

Issu d'une famille de vieille et notable bourgeoisie d'Ugine, Joseph Delachenal est né le 12 août 1881 à C h a m b é r y . Il était fils d'Eugène Delachenal, professeur de droit aux facultés catholiques de Lille et petit-fils d'Ambroise Delachenal, avocat à la Cour d'appel de Chambéry, député au Parlement sarde en 1849, syndic de Chambéry, Chevalier de la Légion d'honneur.

Etudiant en droit, Joseph Delachenal est classé premier au concours général des facultés de droit en 1900. Il accède au doctorat ès-sciences juridiques en novembre 1901, ès-sciences politiques et économiques en juillet 1902. Entre temps, il est chargé de cours à la faculté libre de droit de Lille, en mai 1902. En 1906, il est admissible au concours d'agrégation. Par la suite, il sera professeur aux facultés catholiques de Paris et avocat au barreau de Chambéry. Dans la capitale, il s'occupe de l'Alliance catholique savoisienne, destinée à venir en aide aux Savoyards de Paris.

Il commence sa carrière politique au Conseil général de Savoie, où il représente le canton de Saint-Pierre-d'Albigny, de juillet 1907 à 1931, puis de 1937 à 1945. Conseiller municipal de Saint-Pierre-d'Albigny depuis 1908, il est élu maire en 1919, mais l'élection est annulée par le Conseil de préfecture et il n'exercera cette fonction qu'en 1925 - jusqu'en 1947 - son fils, M. Jean Delachenal lui succède alors, à l'âge de 23 ans.

II est élu pour la première fois député aux élections générales du 24 avril 1910, dans la deuxième circonscription de Chambéry, au premier tour de scrutin, par 7.813 voix contre 7.007 au député sortant, M. Chambon, radical-socialiste, et 401 au candidat socialiste, M. Vermale, sur 15.384 votants. A sa sortie de la Préfecture, il fut porté en triomphe par un cortège de 4.000 électeurs. Il siégea dans les rangs des progressistes. Membre de la Commission du travail, il intervint dans la discussion du budget de l'exercice 1911 à propos de l'assurance mutuelle des cultivateurs contre les risques agricoles, des mutuelles contre l'incendie et des habitations à bon marché. Il était dès cette époque partisan de l'assistance et des retraites ouvrières. Il a fondé dans sa circonscription de nombreuses sociétés de secours mutuels et s'est intéressé à la construction de maisons ouvrières en Savoie. A la Chambre, on l'entend encore, en 1911, sur les traitements des percepteurs, le relèvement du prix des tabacs et les primes à la sériciculture ; en 1912, sur les tabacs indigènes et le personnel des coopératives agricoles, la modification du mode d'élection des députés, la fréquentation scolaire (1913), la durée du service dans l'armée active (1913).

Les élections générales de 1914 lui sont fatales car il est battu dès le premier tour de scrutin, le 26 avril, par le radical-socialiste Girard-Madoux qui l'emporte avec 8.052 voix sur 15.546 votants, alors que 7.340 suffrages se sont fixés sur son nom.

Aux élections générales de 1919, qui eurent lieu au scrutin de liste, il était élu le 16 novembre au quotient électoral, tête de la liste républicaine indépendante, avec 20.279 voix sur 50.713 votants. Durant cette législature, il fit partie du groupe de l'Entente républicaine démocratique. Membre des Commissions d'assistance et de prévoyance sociales, du suffrage universel, ainsi que des pensions militaires, il déposa, outre quelques propositions de loi d'intérêt local, plusieurs autres concernant les familles nombreuses, dont il se fit l'ardent défenseur : en 1920, il s'inquiète de l'assistance médicale gratuite et, en 1924, des allocations nationales les concernant. Les questions de pensions (1920), du recrutement de l'armée (1923) furent aussi l'objet de diverses propositions de loi de sa part, ainsi que celle des patentes (1923). En outre, il intervint dans la discussion du projet de loi sur la modification de la taxe sur le chiffre d'affaires ; en 1923 sur le nombre des députés à élire pour la prochaine législature, et l'année suivante, en 1924, dans la discussion du projet de loi portant création de diverses mesures financières et de la caisse des pensions. Mais Joseph Delachenal donna surtout ses soins à la défense des familles nombreuses, aussi bien en rapportant des projets ou propositions de loi les concernant (1920) qu'en intervenant directement à la tribune à leur sujet, ou indirectement à propos de législation sur les loyers (1921), de réforme des pensions civiles et militaires, de hausse du prix des loyers (1923), ainsi qu'en matière budgétaire. Il participa en effet régulièrement à la discussion des budgets de tous les exercices, de 1919 à 1923, poursuivant inlassablement l'amélioration du sort des familles nombreuses de quelque façon que l'éventualité s'en présentât, spécialement à propos de pensions (guerre, 1919 et 1921) ou d'hygiène (1922) ; il n'oublia pas non plus le chapitre des assurances mutuelles agricoles (1920, 1921, 1923) qui lui avait aussi tenu à cœur lors de la première législature.

Il ne fut pas réélu lors du renouvellement général de 1924 qui vit le triomphe du cartel des gauches, dont la liste, en Savoie, passa en entier le 11 mai ; tête de la liste républicaine indépendante, Joseph Delachenal avait cependant obtenu 23.595 voix sur 55.780 votants. Aux élections des 22 et 29 avril 1928 (retour au scrutin uninominal), il se présenta contre Pierre Cot qui l'emporta d'à peine 600 voix, dans la deuxième circonscription de Chambéry, avec 7.767 suffrages contre 7.196, sur 15.455 votants, à l'ancien député de la Savoie.

Joseph Delachenal abandonna dès lors la vie parlementaire. Déporté en Allemagne pendant la guerre, il représenta de nouveau sa province natale dans les diverses assemblées du Gouvernement provisoire et de la IVe République, de 1945 à 1958, date à laquelle, après une carrière bien remplie - il a alors 77 ans - il laisse son siège. de député à l'un de ses fils.

Chevalier de la Légion d'honneur, Joseph Delachenal est aussi titulaire de la Médaille d'honneur départementale et communale, du Mérite social, de la Médaille du Sud-Est des syndicats agricoles, de la Médaille de la Mutualité agricole et de la Médaille d'honneur de 25 ans de conseiller général.




Né le 12 août 1881 à Chambéry (Savoie)
Décédé le 4 mai 1970 à Paris (17e)

Député de la Savoie de 1910 à 1914 et de 1919 à 1924
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Savoie)

Député de la Savoie de 1946 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1289 à 1291)

Pendant l'Occupation, maintenu dans ses fonctions de maire de Saint-Pierre-d'Albigny, Joseph Delachenal est nommé conseiller départemental de la Savoie par le Gouvernement de Vichy. Cependant son attitude anti-allemande lui vaut d'être arrêté puis déporté.

Nommé maire de Saint-Pierre-d'Albigny à la Libération, il conserve son mandat après les élections municipales d'avril 1945 mais son fils Jean lui succède à la mairie au renouvellement de 1947 avant de devenir - en 1951 - conseiller général du canton de Saint-Pierre que son père représentait avant guerre.

Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, Joseph Delachenal conduit la liste républicaine et sociale en Savoie. Avec 29 % des suffrages exprimés, elle arrive en seconde position derrière la liste d'union des gauches de Pierre Cot (36 % des voix). Joseph Delachenal est réélu aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante avec 26 % des suffrages exprimés à la tête de la liste du cartel républicain, toujours devancée par celle de Pierre Cot qui, malgré un recul (33 % des voix), gagne un siège du fait de la présence de six listes au lieu de quatre lors de la précédente consultation.

Membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale aux deux Assemblées nationales Constituantes, le député de la Savoie siège par ailleurs à celle de la famille, de la population et de la santé publique durant la seconde constituante.

Il dépose des propositions de loi relatives au statut du fermage (12 février 1946), aux allocations familiales agricoles (22 mars et 26 juin 1946) et interroge fréquemment les ministres en séance publique.

Il s'intéresse tout particulièrement à la Constitution et rédige une proposition tendant à l'établir. Dans ce texte il affirme les droits de la famille et réclame le vote familial, restreint le droit de vote des naturalisés, prévoit la création d'une chambre professionnelle, institue l'incompatibilité des fonctions ministérielles avec le mandat de député, limite la durée des sessions, réglemente les interpellations, donne au Président de la République le droit de dissoudre l'Assemblée nationale dont il fixe le mode d'élection : scrutin uninominal départemental avec apparentements.

Il revient sur certains de ces points en intervenant à de nombreuses reprises dans les débats constitutionnels qui se déroulent lors des deux Assemblées nationales Constituantes.

Inscrit au groupe des républicains indépendants, Joseph Delachenal vote la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques (2 décembre 1945) mais s'oppose à celles de l'électricité et du gaz (28 mars 1946) et des assurances (24 avril). Il vote contre les deux textes successivement proposés comme Constitution de la République française (19 avril et 28 septembre 1946).

Aux élections législatives du 10 novembre 1946, il conduit la liste du groupe républicain indépendant qui réalise 30 % des suffrages exprimés et conserve son siège alors que l'union des gauches maintient sa représentation (2 députés) et enregistre une forte progression (46 % des voix) due à l'absence de liste de la S.F.I.O., ce parti comptant le maire de Chambéry sur la liste de Pierre Cot.

Pendant toute la législature, membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale, dont il devient secrétaire à partir de 1948, Joseph Delachenal siège par ailleurs à celle du suffrage universel. Il ne dépose pas moins de quarante-neuf propositions de loi ou de résolution et rapports, la plupart ayant trait aux domaines de compétence de ces deux commissions.

Très présent dans les débats parlementaires, le député de Savoie intervient régulièrement sur les questions intéressant ces deux commissions mais aussi en matière économique et financière où il défend des positions libérales.

Inscrit au groupe républicain indépendant puis à celui du centre républicain indépendant d'action paysanne et sociale, Joseph Delachenal vote contre le statut de l'Algérie (27 août 1947), s'abstient volontairement dans le vote de confiance au cabinet Ramadier à la suite du départ des ministres communistes (30 octobre), vote le plan Marshall (7 juillet 1948) et le pacte de l'Atlantique (26 juillet 1949) et approuve la réforme du mode d'élection des députés instituant le scrutin de liste majoritaire avec apparentements (7 mai 1951).

Pour les élections législatives du 17 juin 1951, il se représente à la tête d'une liste d'entente républicaine sur laquelle figure, en deuxième position, un conseiller général U.D.S.R. De plus il conclut un apparentement avec deux autres listes : d'une part celle constituée par la S.F.I.O., les radicaux-socialistes et le R.G.R., d'autre part celle du M.R.P. et des républicains démocrates. Dans ses engagements électoraux, le député de Savoie attaque le parti communiste et, tout en lui exprimant sa reconnaissance, reproche au général de Gaulle d'avoir « appelé Thorez au Gouvernement après l'avoir réhabilité » de réclamer un changement de régime et de « donner rendez-vous sur les Champs-Elysées au lendemain de l'élection ».

Au soir du 17 juin sa liste arrive en première position avec 34,5 % des suffrages et il a la satisfaction d'en obtenir 37 % à titre personnel. Par ailleurs le succès de l'apparentement qui dépasse largement la majorité absolue (59 % des voix) prive le parti communiste du siège qu'il aurait obtenu dans le cas contraire et permet l'élection d'un socialiste, la liste de Joseph Delachenal obtenant les deux sièges qui lui seraient de toute façon revenus.

Pendant toute cette législature, il est membre de la Commission du suffrage universel dont il assure la vice-présidence et siège à celle de l'éducation nationale. Il dépose de nombreuses propositions de loi ou de résolution relatives au règlement de l'Assemblée nationale, au mode de scrutin pour l'élection des députés et à la révision de la Constitution. Il s'intéresse toujours aux questions sociales : allocations familiales, pensions des veuves de guerre, allocations-vieillesse du régime général mais aussi des travailleurs de l'agriculture et des non-salariés. Le 13 novembre 1951 il dépose une proposition de loi tendant à encourager l'hébergement des personnes âgées chez les particuliers.

Parlementaire assidu, Joseph Delachenal prend régulièrement part aux débats qui se déroulent sur ces différents sujets et intervient fréquemment dans les discussions budgétaires.

Inscrit au groupe indépendant et paysan, il vote naturellement les lois Marie et Barangé favorables à l'enseignement privé (21 septembre 1951) et les investitures d'Edgar Faure (17 janvier 1952), d'Antoine Pinay (6 mars) et de Joseph Laniel (26 juin 1953). Si avec la majorité de ses amis il vote pour la Communauté européenne du charbon et de l'acier (13 décembre 1951), il se singularise sur la question indochinoise. Le 27 octobre 1953 il est le seul indépendant et paysan, avec André Liautey, à voter contre l'ordre du jour favorable au Gouvernement Laniel. Le 9 mars 1954 il propose de répondre favorablement à l'invitation au cessez-le-feu formulée par Nehru. Aussi propose-t-il un amendement à l'ordre du jour, amendement qui sera voté par la gauche, y compris les communistes, et par un seul député de son groupe (Abel Bessac). S'il maintient sa confiance au cabinet Laniel après Dien Bien Phû (13 mai 1954), Joseph Delachenal est à nouveau, avec Abel Bessac, le seul indépendant-paysan à la lui refuser le 12 juin 1954 (chute du cabinet). Le 17 juin il appartient à la minorité de son groupe qui vote l'investiture à Pierre Mendès-France. Le 23 juillet la majorité de ses amis le rejoignent pour approuver les accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine. Avec eux il vote contre la question préalable opposée à la Communauté européenne de défense (30 août) et approuve les accords de Londres relatifs à la fin de l'occupation de l'Allemagne (12 octobre). Les indépendants-paysans se divisent en trois tendances sur la ratification de ceux de Paris autorisant le réarmement de la République fédérale d'Allemagne et son entrée dans l'O.T.A.N. Joseph Delachenal y est favorable (29 décembre 1954). Le 4 février 1955, avec deux autres membres de son groupe (Abel Bessac et Philippe Monin), il soutient Pierre Mendès-France sur l'Afrique du Nord (chute du cabinet). Il soutient ensuite le second gouvernement Edgar Faure jusqu'à sa chute sur le mode de scrutin et la date des élections législatives (29 novembre) à la suite de laquelle l'Assemblée nationale est dissoute.

Aux élections du 2 janvier 1956, Joseph Delachenal est réélu à la tête de la liste d'union des républicains de Savoie qui, avec 25,8 % des suffrages exprimés, est légèrement devancée par celle du parti communiste qui obtient elle aussi un siège (26,7 % des voix), le troisième revenant au M.R.P., Joseph Fontanet.

Le député de la Savoie retrouve les Commissions de l'éducation nationale et du suffrage universel. Il dépose des propositions de loi ou de résolution relatives notamment aux allocations sociales (vieillesse, de salaire unique), au mode de scrutin pour les élections législatives et au règlement de l'Assemblée nationale. En séance il intervient sur ces différents sujets et plaide à plusieurs reprises la cause de son département : licenciements dans des entreprises, inondations.

Inscrit au groupe des indépendants et paysans d'action sociale, il s'abstient sur l'investiture à Guy Mollet (31 janvier 1956) mais lui accorde les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars), vote la confiance après l'expédition de Suez (25 octobre) et s'abstient volontairement sur les mesures fiscales le 21 mai 1957 (chute du cabinet). Joseph Delachenal soutient ensuite tous les gouvernements de la législature y compris celui de Félix Gaillard le 15 avril 1958 lors de l'affaire des « Bons offices » entre la France et la Tunisie à propos de l'Algérie (chute du cabinet). Il vote la ratification de la C.E.E. et de l'Euratom (9 juillet 1957). Pendant le ministère Pflimlin il s'abstient volontairement sur la proposition de résolution tendant à décider la révision de certains articles de la Constitution (27 mai 1958). Il vote la confiance au Général de Gaulle (1er juin), les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

Aux élections législatives de novembre 1958, son fils Jean est élu député de la première circonscription de Savoie (Chambéry).

Joseph Delachenal meurt à Paris le 4 mai 1970, à l'âge de 88 ans.



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