Eugène Delaroue

1864 - 1935

Informations générales
  • Né le 4 avril 1864 à Saint-dié (Vosges - France)
  • Décédé le 21 avril 1935 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Parti républicain radical et radical socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 4 avril 1864 à Saint-Dié (Vosges), mort le 21 avril 1935 à Paris (7e).

Député de Seine-et-Marne de 1914 à 1919.

Eugène Delaroue naquit à Saint-Dié, dans les Vosges, où sa mère était repasseuse, le 4 avril 1864. Il fit ses études au collège de Saint-Dié comme boursier, puis les poursuivit au lycée de Nancy où, maître d'étude, il prépara sa licence de philosophie, qu'il obtint en 1884. Nommé professeur de philosophie au collège de Beauvais, il échoua à l'agrégation. Il enseigna ensuite au collège de Melun et soutint en 1902 sa thèse de doctorat en droit.

Il milita d'abord dans les rangs socialistes, libres penseurs et maçonniques, avant d'être élu, le 15 mai 1904, maire de Melun dont les habitants n'eurent qu'à se féliciter de son administration. Depuis 1907, il était l'un des quatre délégués élus du département de Seine-et-Marne au Comité exécutif du Parti radical et radical-socialiste.

Il se présenta pour la première fois aux élections générales législatives des 6 et 20 mai 1906 dans la circonscription de Melun, mais sans succès : il arriva en troisième position au premier tour de scrutin avec 4.600 voix de moins que Balandreau qui passait au second tour, où Delaroue n'obtenait que 1.313 voix sur 12.642 votants. Il tenta de nouveau sa chance aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910 ; en seconde position, au premier tour, il n'était battu que de près de 300 voix au second par Forgemol. Par contre, au renouvellement des 26 avril et 10 mai 1914, la situation se renversa : toujours en seconde position au premier tour avec 7.398 voix sur 16.775 votants, derrière Forgemol qui en réunissait 8.077, il était élu au second tour avec 8.747 suffrages sur 17.324 votants, contre 8.407 à son adversaire. Le scrutin de liste, le 16 novembre 1919, lui fut fatal : second de la liste d'Union républicaine, qui eut cependant deux élus, dont J.-L. Dumesnil, tête de cette liste, il ne se plaça qu'en sixième position avec 23.808 voix sur 75.045 votants.

Candidat radical et radical-socialiste, il s'élevait contre la prolifération des partis, estimant que c'était « assez de deux partis ». Il préconisait l'impôt sur le revenu et demandait la correction, sinon la suppression, des « 4 vieilles ». Champion de l'école laïque, il réclamait la gratuité de l'enseignement secondaire et voulait obtenir une véritable législation du travail ainsi que l'assistance sociale.

Il siégea à la Chambre avec le groupe radical et radical-socialiste et appartint aux Commissions de l'administration générale, départementale, communale, des cultes et de la décentralisation (1914), des décrets (1916) et de la législation fiscale (1917).

Il déposa plusieurs propositions de loi concernant le régime des débits de boissons non alcooliques (1915) et les droits d'octroi sur les vermouths, vins de liqueur et d'imitation (1916), les réquisitions civiles (1915), proposition qui fut discutée en même temps que le projet de loi sur le même objet ayant abouti à la loi du 3 août 1917, les marchés de gré à gré passés par les communes (1915), proposition qui fut à l'origine de la loi du 17 juin 1918, la résiliation facultative pour les communes des contrats passés par elles (1915), et en 1917 les mesures d'expropriation pour établir des maisons à bon marché, des jardins ouvriers et des petites exploitations rurales ; il proposa aussi de frapper d'une amende quiconque n'aurait pas cultivé les terres cultivables (1917) et, la même année, s'intéressa au prix du pain. Il fut l'auteur de plusieurs rapports concernant l'organisation communale (1915, 1919, conseils municipaux, élection des maires, etc.), l'ivresse publique et l'alcoolisme (1915, loi du 1" octobre 1917), le contrôle des dépenses publiques (1915), la taxation des denrées de première nécessité en matière d'alimentation, de chauffage et d'éclairage (1915, loi du 20 avril 1916), l'ajournement des élections quelle qu'en soit la nature (1916), l'élection des députés (1919). Non seulement il prit part à la discussion des mesures législatives dont il avait été le rapporteur, mais il se fit aussi entendre à propos de l'ouverture de crédits provisoires applicables au troisième trimestre de 1916, des marchés à livrer conclus avant la guerre et de l'ajournement du projet de loi relatif à la captation des eaux de la Voulzie, du Durteint et du Dragon pour alimenter Paris (1916), ainsi que sur l'affectation aux unités combattantes des mobilisés et des membres de l'armée active et de la réserve de cette armée (1917) et enfin, en 1919, sur un projet de loi modifiant la loi du 20 avril 1916 sur les spéculations illicites.

Après son échec aux élections générales législatives de 1919, il ne se représenta pas aux élections municipales à Melun, qu'il quitta pour s'installer à Paris. Bien qu'inscrit au barreau de la capitale depuis 1915, il reprit du service dans l'enseignement comme professeur adjoint au lycée Charlemagne, puis au lycée Janson-de-Sailly, jusqu'en 1929, date de sa mise à la retraite.

Président de l'Association des maires des villes de France il était aussi président de l'Association des professeurs des lycées et collèges de France. Il mourut à son domicile, à Paris (7e), des suites d'une opération chirurgicale, le 21 avril 1935, à l'âge de 71 ans.


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