Gabriel, Louis Delarue

1846 - 1905

Informations générales
  • Né le 14 mars 1846 à Gannat (Allier - France)
  • Décédé le 26 décembre 1905 à Asnières (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Allier
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Allier
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 26 décembre 1905
Département
Allier
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Gannat (Allier) le 14 mars 1846, mort à Asnières (Seine) le 26 décembre 1905.

Député de l'Allier de 1893 à 1905.

Gabriel Delarue naquit à Gannat le 14 mars 1846. Il était licencié en droit et docteur en médecine à Paris, où il exerçait.

Conseiller d'arrondissement de Gannat en 1886, il entra au Conseil municipal de cette ville et en devint le maire en 1888. L'année suivante, il accédait au Conseil général de l'Allier et il tentait sa chance à la députation la même année, mais sans succès. Il fut, en 1894, l'un des fondateurs de l'Association pour les réformes républicaines, et membre de la Commission exécutive de cette Association, qui est à l'origine du Parti républicain radical et radical-socialiste. Il était le directeur politique du journal Le Radical de l'Allier.

Aux élections générales législatives des 22 septembre et 6 octobre 1889, dans la circonscription de Gannat, il arriva derrière Labussière, le député sortant, avec 1.375 voix de moins que celui-ci, mais ne se maintint pas au second tour, Au renouvellement des 20 août et 3 septembre 1893, il obtint, sur 16.183 votants, 4.717 voix, contre 6.621 au révisionniste Lesbre, et 4.702, soit un écart de 15 voix, au député sortant Labussière ; au second tour de scrutin, il était élu avec 8.955 suffrages contre 6.226 à Lesbre et 107 à Labussière, sur 15.446 votants. En 1898, il passa dès le premier tour, le 8 mai, avec 9,956 voix sur 17.682 votants, contre 7,452 au républicain Labussière, ancien député. Au renouvellement de 1902, il fut élu confortablement, dès le premier tour de scrutin, le 27 avril, par 10.519 voix sur 17.733 votants, contre 6.989 à Bannier.

Il tenta sa chance à la Haute-Assemblée en se présentant au renouvellement sénatorial du 4 janvier 1903 ; arrivé en huitième position au premier tour avec 111 voix sur 843 votants il obtint 9 voix au second tour, bien qu'il eût retiré sa candidature.

Militant radical depuis de longues années, Gabriel Delarue accepta de défendre le programme du Comité républicain-radical-réformiste de Gannat, qui préconisait, entre autres, l'élection du Sénat au suffrage universel, la suppression des impôts indirects, l'organisation du crédit agricole, la création du service militaire obligatoire, la liberté d'association, la séparation des Eglises et de l'Etat, la gratuité de l'instruction à tous les degrés et l'institution d'une Caisse de retraite pour la vieillesse, A la Chambre, il siégea dans les rangs de la gauche radicale. Il appartint à un certain nombre de Commissions : en 1893, il est membre de la Commission de réforme de l'impôt et de celle qui fut chargée d'examiner la proposition de loi Lemire sur la liberté d'association ; pendant la législature suivante, il appartint aux trois Commissions des colonies, de l'enseignement et de la décentralisation ; en 1902, enfin, il fit partie de la Commission de l'enseignement et des Beaux-arts, de celle de l'administration, des cultes et de la décentralisation, de la Commission d'enquête concernant l'affaire Humbert et de celle qui était chargée de la reconstruction de la Salle des séances.

Son œuvre de législateur fut discrète : il se borna, en effet, à déposer en 1894, 1895, 1897, 1900 et 1904 quelques propositions de loi d'intérêt local relatives à sa circonscription de Gannat ou au département, de l'Allier ; en 1902, cependant, il déposa une proposition de loi qui n'aboutit pas, tendant à modifier l'article 909 du Code civil frappant d'incapacité successorale le corps médical et les pharmaciens. Il intervint peu mais fut l'auteur de plusieurs rapports concernant la taxe de la boulangerie (1896), la protection des sources thermales et des captages d'eaux potables (1897), les preneurs de baux à ferme, la modification de la loi municipale du 5 avril 1884, (1899), le retour, en matière de police, de la commune d'Enghien dans le droit commun (1903) ; il fut enfin l'auteur du rapport fait au nom de la Commission chargée de faire la lumière sur les complicités dénoncées dans l'affaire Humbert par les avocats des prévenus, long rapport de huit pages in quarto d'impression serrée, en tête duquel il cita spirituellement cette pensée de Renan : « la crédulité humaine est ce qui donne le mieux l'idée de l'infini », qui s'appliquait à merveille à cette énorme escroquerie qu'était l'affaire Humbert.

Cette même année 1905, il intervint dans la discussion du projet de loi relatif aux fraudes sur les vins et au régime des spiritueux et, conformément à ses convictions, vota la loi de séparation des Eglises et de l'Etat.

Il mourut en cours de mandat, le 26 décembre 1905, à Asnières à l'âge de 59 ans. Il avait légué tous ses biens aux hospices et à la ville de Gannat ; un square, où sa statue fut édifiée en 1909, y porte son nom.

Ce décès ayant eu lieu pendant l'intersession, il ne fut pas prononcé d'éloge funèbre.

Il est l'auteur d'une brochure intitulée Etude sur le cancer de la colonne vertébrale consécutif au cancer du sein (1876), et d'une conférence faite à Moulins : Quelques pages de la Révolution française à Gannat (1903),

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