Alcide, Jean-Baptiste, Saint-Ange Delmont

1874 - 1959

Informations générales
  • Né le 2 octobre 1874 à Saint-pierre (Martinique - France)
  • Décédé le 14 octobre 1959 à Brannay (Somme - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Martinique
Groupe
Républicain socialiste et socialiste français
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Martinique
Groupe
Indépendants de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Martinique
Groupe
Indépendants de gauche

Biographies

Né le 2 octobre 1874 à Saint-Pierre de la Martinique, mort le 14 octobre 1959 à Brannay (Yonne).

Député de la Martinique de 1924 à 1936. Sous-secrétaire d'Etat aux Colonies du 3 novembre 1929 au 21 février 1930 et du 2 mars 1930 au 30 décembre 1930.

Fils d'un agriculteur exploitant une propriété rurale au Prêcheur, près de Saint-Pierre de la Martinique, Jean-Baptiste, Saint-Ange, Alcide Delmont fit ses études à Paris. Docteur en droit à 25 ans, il s'installa comme avocat à Saint-Pierre de la Martinique, puis, en 1904, céda son étude à Me Lagrosillière. Revenu en France, Alcide Delmont s'inscrivit comme avocat près la Cour d'Appel de Paris. Malgré sa grande activité au Palais, il trouvait le temps de s'intéresser à ses compatriotes. C'est ainsi qu'il fonda le « Dîner de la canne à sucre » où les Martiniquais de Paris pouvaient venir chaque mois faire une cure d'air natal. Lorsqu'éclata la guerre, il créa le Comité d'aide et d'assistance coloniale. Mobilisé, il fut décoré de la Croix de guerre 1914-1918.

Mais il se sentait attiré par la politique et la bataille des idées. Devenu membre du Comité central de la Ligue des Droits de l'Homme, Alcide Delmont fut d'abord candidat au conseil municipal de Paris dans le Ve arrondissement, puis aux élections générales législatives du 16 novembre 1919. A cette époque, il créa l'Institut colonial français, organisme devant servir de porte-parole aux aspirations des Français d'outremer. Sa compétence dans les questions coloniales s'affirmait peu à peu.

C'est aux élections législatives du 11 mai 1924 qu'Alcide Delmont est élu pour la première fois sur la liste de l'Union républicaine avec 24.441 voix sur 39.994 votants, la liste du Parti de l'entente républicaine ne recueillant que 15.514 et 15.509 voix. A la Chambre, il s'inscrivit au groupe républicain socialiste et socialiste français et devint membre de la Commission de l'Algérie des colonies et des protectorats et de la Commission de la législation civile et criminelle.

Il s'intéressa dès lors plus particulièrement aux questions juridiques qu'il connaissait bien et aux problèmes économiques d'outre-mer.

Il dépose (1927) une proposition de loi tendant à admettre l'incompatibilité entre le mandat parlementaire et la qualité de gérant d'une publication périodique.

Il présente : un rapport sur le projet de loi maintenant pendant un délai de trois ans 12 postes de juge assesseur au tribunal de la Seine (1924) ; un rapport sur la proposition de loi tendant à admettre l'appel incident en matière répressive (1925) ; un avis sur diverses propositions relatives au redressement financier (1926) ; un rapport sur une autorisation de poursuites concernant un membre de la Chambre ; un rapport sur le projet de loi concernant la réhabilitation en temps de guerre des condamnés et un rapport sur le projet de loi rendant applicable aux Antilles et à la Réunion la loi du 27 mars 1923 modifiant l'article 317 du Code pénal sur l'avortement (1927).

Il prend part à la discussion du projet de loi ayant pour objet de compléter la législation sur les loyers et d'éviter les expulsions (1924), des projets portant fixation du budget général (1925) et se fait également entendre lors de la discussion de la proposition de loi sur la révision des baux à longue durée (1926).

En 1927, il demande à interpeller le Gouvernement sur les conditions dans lesquelles a été pris le décret du 25 janvier modifiant pour la Martinique le contingentement des rhums et sur les conditions de la réglementation nouvelle qui bouleverse la vie économique d'une région. Mais il retire cette demande d'interpellation.

Il intervient (1927) dans la discussion des projets de loi portant modification aux tarifs douaniers et dépose des amendements pour protéger la production de bananes et d'ananas.

Il est élu député de la première circonscription de la Martinique aux élections générales du 22 avril 1928 (retour au scrutin uninominal) avec 9.930 voix, son principal concurrent Me Lagrosillière, en obtenant 5.994 sur 16.074 votants. Il s'inscrit au groupe des indépendants de gauche et devient membre de la Commission de la législation et de la Commission de la marine marchande ; puis, en 1931, de la Commission de l'Algérie et des colonies et de la Commission des boissons et, en 1932, de la Commission de la législation et de la Commission des boissons.

Il dépose en 1929 deux propositions de loi, l'une tendant à préciser que les opérations en entrepôt de douane sont exonérées de la taxe sur le chiffre d'affaires, l'autre portant augmentation de droits de douane sur les bananes d'origine étrangère, à leur importation en France.

Il présente : un rapport sur la proposition de loi tendant à l'ajournement de l'échéance de la prorogation prévue au 1er juillet 1928 par la loi du 1er avril 1926 sur les loyers (1928) ; un rapport sur le projet de loi ayant pour objet de modifier la loi de 1926 déterminant les rapports entre bailleurs et locataires de locaux d'habitation (1929) ; un rapport sur le projet de loi modifiant la loi de 1884 sur l'organisation municipale à la Guadeloupe et ses dépendances, à la Martinique et à la Réunion (1931) ; un rapport sur le projet de loi portant attribution d'un contingent spécial de croix dans l'ordre national de la Légion d'honneur à l'occasion de l'Exposition coloniale internationale de Paris (1932).

Il demande à interpeller le Gouvernement sur la fréquence des incidents dont le Rio del Oro est le théâtre (1928) et intervient dans la discussion des interpellations sur la politique coloniale (1929). Il participe à la discussion du projet de loi tendant à établir une taxe spéciale sur certains produits français et étrangers, du projet de loi tendant à modifier le taux de la taxe à l'importation et du projet de loi tendant à assurer la sauvegarde de la production des bananes dans les colonies et protectorats français (1931). Il demande aussi à interpeller sur les raisons pour lesquelles les bourses, dont l'attribution a été proposée par le Conseil d'administration en faveur des élèves de l'Ecole coloniale, n'ont pas été versées à ces jeunes étudiants (1932).

C'est au cours de cette législature qu'Alcide Delmont fut nommé Sous-secrétaire d'Etat aux Colonies dans le premier Cabinet Tardieu, du 3 novembre 1929 au 21 février 1930 ; puis dans le deuxième Cabinet Tardieu, du 2 mars 1930 au 30 décembre 1930.

Il prend part, en cette qualité, à la discussion du budget des Colonies (1929), à la discussion des interpellations relatives à la politique générale du Gouvernement et à la composition du Cabinet (1930) et lors de l'examen du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1931-1932, pour défendre la réorganisation du Ministère des Colonies. Au sein du Gouvernement, il intervient pour faire voter rapidement en faveur de la Martinique, une contribution nationale pour tâcher d'atténuer un peu les désastres causés par l'éruption du Mont Pelé. On doit aussi souligner ses initiatives pour la création du poste de radiodiffusion coloniale. C'est lui qui signa la décision permettant la construction du poste de Pontoise qu'il utilisa ensuite souvent pour envoyer ses pensées cordiales à tous ses amis de la Martinique.

Il retrouve son siège de député le 1er mai 1932, obtenant 7.086 voix, alors que son principal concurrent, M. Auzé, n'en obtient que 2.809 sur 9.945 votants. Tout naturellement, il retrouve sa place à la Commission de la législation, à la Commission de l'Algérie et des protectorats et à la Commission des boissons.

Il dépose plusieurs propositions de loi : tendant à établir une taxe spéciale sur le ricin français et étranger et sur le coprah français et étranger (1933), tendant à compléter la loi de 1895 sur les Caisses d'épargne (1933), tendant à unifier les services de police judiciaire et administrative (1935) ; tendant à la création d'une Cour d'appel à Tunis (1935). Il présente aussi divers rapports : sur la proposition de loi déterminant les rapports entre bailleurs et locataires (1932), sur les opérations électorales de la circonscription de Montpellier (1932), sur le projet de loi relatif à la limite d'âge du premier président de la Cour d'appel de Paris (1933), sur le projet de loi tendant à modifier le Code d'instruction criminelle (1935), sur les propositions de loi tendant à réglementer les interventions des intermédiaires en matière d'accidents de droit commun (1936).

Il demande à interpeller le Gouvernement sur les conditions dans lesquelles a été instituée dans l'Afrique occidentale française « une législation douanière qui ne constitue qu'une mesure fragmentaire et inefficace » (1932), sur les mesures que le Gouvernement compte prendre pour empêcher le renouvellement d'incidents dans le Rio del Oro (1933) et, d'une façon générale, sur la politique générale que le Gouvernement entend suivre (1933).

Il prend part à la discussion du projet de loi tendant au rétablissement de l'équilibre budgétaire (1933) et à la discussion du projet interdisant certaines opérations immobilières aux auteurs d'infractions préjudiciables à l'épargne publique (1934).

Il pose au Ministre des Colonies une question sur le fonctionnement de la Caisse inter coloniale de retraite (1934), participe à la discussion du projet de loi relatif aux ventes de fonds de commerce et à la discussion du projet de loi portant fixation du budget général de l'exercice 1935 (colonies).

Alcide Delmont ne se représenta pas aux élections générales de 1936, mais Il continua d'animer les divers organismes qu'il avait créés, notamment : le Comité de défense des intérêts généraux de la Martinique et le groupe de défense des rhums coloniaux. A Paris, malgré ses occupations professionnelles, il se penche sur le sort des Antillais sans ressources, aidé par sa seconde épouse qui se dévoue à leur chevet. Ayant été boursier de la Martinique, il aspirait toujours à se rendre digne de l'aide reçue et à s'acquitter de sa dette en secondant à son tour ses compatriotes. Avocat honoraire en 1948, il se retira dans son domaine de Plénoches, dans l'Yonne, où il mourut le 14 octobre 1959, âgé de 85 ans.

Il avait écrit deux ouvrages : De l'utilité d'une Constitution coloniale et Les droits des enfants naturels en France.

Alcide Delmont était Officier de la Légion d'honneur.




Né le 2 octobre 1874 à Saint-Pierre (Martinique)
Décédé le 14 octobre 1959 à Brannay (Yonne)

Député de la Martinique de 1924 à 1936
Sous-secrétaire d'Etat aux colonies du 3 novembre 1929 au 21 février 1930, et du 2 mars 1930 au 30 décembre 1930

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1342 à 1344)

Alcide Delmont délaisse la politique mais continue d'animer les divers organismes qu'il a créés, notamment le comité de défense des intérêts généraux de la Martinique et le groupe de défense des rhums coloniaux. A Paris, malgré ses occupations professionnelles, il se penche sur le sort des Antillais sans ressources, aidé par sa seconde épouse. Ayant été boursier de la Martinique, il aspire toujours à se rendre digne de l'aide reçue et à s'acquitter de sa dette en secondant à son tour ses compatriotes.

Toutefois il se présente, mais sans succès, aux élections législatives du 10 novembre 1946 en Martinique où il conduit une liste de Rassemblement républicain qui n'obtient que 2 661 voix sur 55 007 suffrages exprimés.

Avocat honoraire en 1948, il se retire dans son domaine de Plénoches (Yonne) et meurt à Brannay le 14 octobre 1959.



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