Victor, Jean Augagneur

1855 - 1931

Informations générales
  • Né le 16 mai 1855 à Lyon (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 23 avril 1931 à Le vesinet (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 6 novembre 1904 au 3 novembre 1905
Département
Rhône
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Rhône
Groupe
Républicain socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Rhône
Groupe
Républicain socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 23 avril 1931
Département
Rhône
Groupe
Gauche sociale et radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Lyon le 16 mai 1855, mort au Vésinet (Seine-et-Oise) le 23 avril 1931.

Député du Rhône de 1904 à 1905, de 1910 à 1919 et de 1928 à 1931

Ministre des Travaux publics et des P.T.T. (1911-1912)
Ministre de la Marine (1914)
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts (1914)
Ministre de la Marine (1914-1915)


Victor Augagneur fit ses études médicales à Lyon. Interne des hôpitaux en 1875, il fut reçu docteur en 1879. Chef de clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Lyon en 1881 et chirurgien en chef de l'hôpital de l'Antiquaille en 1883, il obtint l'agrégation en 1886 et fut nommé professeur titulaire de pathologie chirurgicale en 1894 et professeur de clinique des maladies cutanées et syphilitiques en 1904.

Son enseignement et ses travaux scientifiques en avaient fait à ce moment une autorité du monde médical.

Déjà en 1879, dans sa thèse sur la syphilis héréditaire tardive, il traçait le premier, les symptômes et les caractères de ce mal. Il formula plus tard, contrairement à l'opinion jusqu'alors admise que l'hérédité syphilitique n'existe que si la mère est atteinte et seulement dans la période où elle est susceptible de transmettre la contagion. Ces idées développées par ses élèves dans de nombreuses thèses, ont été adoptées par la suite. Il ne cessa d'exposer les conclusions de ses travaux soit dans des organes médicaux, soit dans des congrès ou sociétés scientifiques.

Adversaire résolu de la police des mœurs et de la réglementation de la prostitution, il présenta le résultat de ses observations dans des rapports au Congrès de Bruxelles en 1899 et devant la Commission extra-parlementaire de 1904. Il contribua pour une large part au progrès du mouvement abolitionniste.

Elu conseiller municipal de Lyon (1888), il devint maire de cette ville en 1900. S'étant fixé un programme de réalisations, il l'exécuta à peu près complètement.

En l'espace de six années il supprima les octrois, institua la régie directe de la fourniture des eaux et autres services publics, appliqua avec sévérité la loi sur l'hygiène publique, ouvrit un asile modèle pour les invalides du travail, créa un dispensaire anti-tuberculeux, subventionna les caisses de chômage et laissa les finances de la ville dans un ordre parfait. Il fut remplacé dans ses fonctions de maire en 1905 par Edouard Herriot.

Malgré qu'il fût très absorbé par son œuvre édilitaire et désireux de la poursuivre, il se présenta néanmoins à une élection partielle à la Chambre des Députés dans la 3e circonscription de Lyon, au siège laissé vacant par M. Krauss qui venait de mourir. Il fut élu au premier tour de scrutin le 6 novembre 1904.

Inscrit au groupe des républicains socialistes et membre de la Commission des douanes et de la Commission de l'armée, il se montra particulièrement actif et prit part à de nombreuses discussions, notamment sur :
- le contrôle par le conseil municipal de Lyon de l'emploi du crédit affecté à la police de l'agglomération lyonnaise (1904) ;
- le chômage et l'ouverture de chantiers municipaux (1904) ;
- les écoles préparatoires de médecine navale (1905) ;
- le monopole des inhumations (1905) ;
- les établissements de bienfaisance privée (1905) ;
- les falsifications des denrées alimentaires (1905) ;
- le service militaire de deux ans (1905) ;
- l'alcoolisme (1905) ;
- la séparation des églises et de l'Etat (1905) ;
- la police lyonnaise (1905) ;
- les droits de douanes sur les tissus de soie pure (1905) ;
- le régime des spiritueux (1905).

Son mandat prit fin par sa nomination par décret du 3 novembre 1905 au poste de Gouverneur général de Madagascar en remplacement du Général Gallieni. Venant se substituer au Gouvernement militaire, il s'attacha les indigènes par un régime de justice, supprima les corvées et les prestations, institua les tribunaux pour régler les rapports entre employeurs et salariés, et s'efforça de soustraire les malgaches à l'influence exclusive des missionnaires. Il rétablit les finances par la diminution du nombre des fonctionnaires, par une surveillance incessante et la poursuite des agents dilapidateurs. Il développa les travaux publics, fit construire 1 200 kilomètres de routes, fit terminer le chemin de fer commencé par son prédécesseur, sans avoir besoin de recourir à l'emprunt, sur les ressources ordinaires de la colonie. Il conserva ces fonctions jusqu'en 1910 où il rentra en France.

Il se représenta dans la même circonscription de Lyon aux élections générales législatives du 24 avril 1910, fut élu au premier tour de scrutin et fut nommé membre de la Commission des affaires extérieures, des protectorats et des colonies, de la Commission du budget pour les exercices 1911 et 1914, de la Commission de la réforme judiciaire et de la Commission de l'armée. D'une activité prodigieuse, il prit part à tous les grands débats, imposant en toutes circonstances sa personnalité hors pair. Il fut ainsi nommé Ministre des Travaux publics et des P. T. T. dans le Cabinet Joseph Caillaux du 27 juin 1911. Il contribua à la réorganisation des chemins de fer de l'Etat et innova la participation de l'Etat dans les concessions minières. Démissionnaire le 10 janvier 1912, avec tout le Ministère, il reprit sa place à son banc de Député et fut un des opposants les plus énergiques à la réforme électorale tendant à établir la représentation proportionnelle (1912) ; il s'opposa également au projet de loi tendant à porter à trois ans la durée du service militaire (1913); il fut élu Vice-Président de la Chambre au renouvellement du Bureau le 13 janvier 1914, et le resta jusqu'à la fin de la législature.

Réélu aux élections générales des 26 avril et 10 mai 1914, au 2e tour de scrutin, il retrouva son fauteuil de Vice-Président de la Chambre le 4 juin 1914, au moment de l'élection du nouveau Bureau, mais ne le conserva pas, Viviani lui ayant attribué le portefeuille de l'Instruction publique et des Beaux-Arts dans son cabinet du 13 juin 1914. Il ne l'administra que quelques semaines, jusqu'au 3 août où Viviani lui confia celui de la Marine, en remplacement de Gauthier, Sénateur de l'Aude, démissionnaire. Il garda ce même portefeuille dans le Cabinet Viviani du 26 août 1914. À la tête de la Marine française à l'heure la plus tragique des hostilités, il sut la diriger vers des tâches obscures et difficiles qui n'avaient pas été prévues, telles que l'organisation de la guerre sous-marine et la mise en état de la défense de notre littoral. Il essuya par contre l'échec de l'expédition des Dardanelles qui laissa un amer souvenir.

Le Cabinet Viviani ayant démissionné le 29 octobre 1915, Victor Augagneur regagna son pupitre pour participer comme Député aux grands débats de politique intérieure, extérieure et militaire qui furent institués à cette époque. Il siégeait en même temps à la Commission de l'armée, à la Commission de la marine de guerre, à la Commission chargée d'examiner la mise en accusation de M. Malvy, Ministre de l'Intérieur, et à la Commission chargée d'examiner les divers traités de paix.

Le scrutin de liste, qu'il avait combattu, lui fut défavorable aux élections générales du 16 novembre 1919, et il ne se représenta pas à celles du 11 mai 1924 qui eurent lieu sous le même régime électoral.

Mais le retour au scrutin d'arrondissement le ramena à la Chambre aux élections générales des 22 et 29 avril 1928, au 2e tour de scrutin. Membre de la Commission des affaires étrangères, de la Commission de l'hygiène, et de la Commission des travaux publics et des moyens de communication, il s'intéressa au régime des patentes, à la gratuité de l'enseignement secondaire, aux loyers d'immeubles à usage d'habitation, aux anciens combattants, etc.

Il avait été, après son échec de 1919, nommé Gouverneur de l'Afrique équatoriale française où il renouvela de manière rationnelle l'organisation sanitaire de cette colonie.

Il mourut en cours de législature au Vésinet (Seine-et-Oise) le 23 avril 1931. Son éloge funèbre fut prononcé par le Président Fernand Bouisson à la séance de la Chambre du 5 mai 1931.

En dehors de sa thèse de doctorat sur La syphilis héréditaire tardive (1879), il avait écrit une thèse d'agrégation sur les tumeurs du mésentère (1886), puis en 1913 L'esclave blanche, discours contre la réglementation de la prostitution, et en 1927, Erreurs et brutalités coloniales.


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