Roland, Léon, Louis Dumas

1922 -

Informations générales
  • Né le 23 août 1922 à Limoges (Haute-Vienne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Vienne
Groupe
Union démocratique et socialiste de la Résistance et du RDA
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Corrèze
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1981 au 18 janvier 1984
Département
Dordogne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 16 mars 1986 au 14 mai 1988
Département
Dordogne
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IXe législature
Mandat
Du 12 juin 1988 au 28 juillet 1988
Département
Dordogne
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 23 août 1922 à Limoges (Hautes-Vienne)

Député de la Haute-Vienne de 1956 à 1958

Roland Dumas est le fils d'Elisabeth Lecanuet et de Georges Dumas, directeur de l'octroi et des régies municipales de Limoges. Ce dernier, membre du Parti socialiste clandestin, participe activement à la Résistance au sein de l'Armée secrète. En 1943, Georges Dumas est le chef départemental puis régional du N.A.P. (Noyautage des administrations publiques). Dénoncé, il est arrêté par la Gestapo le 24 mars 1944 et fusillé à Brantôme, le 26, avec vingt-quatre autres résistants. Son fils, Roland, suit ses traces et participe également à la Résistance au sein des M.U.R. (Mouvements unis de la Résistance). Il convoie des armes dans la région de Grenoble pour les maquis et est arrêté par la police française à la suite de l'organisation du boycottage de l'Orchestre philarmonique de Berlin par les étudiants. Ses actions lui valent, à la Libération, la Croix de guerre 1939-1945 et la Croix du combattant volontaire. Après la guerre, Roland Dumas achève ses études de droit à Paris, complétées par un diplôme de la London School of Economics et de l'Ecole libre des sciences politiques et une formation à l'Ecole des langues orientales. Inscrit au barreau à partir de 1950, il est également un journaliste actif de 1949 jusqu'en 1955. Il est notamment chef du service étranger à l'A.G.E.F.I. (Agence économique et financière) et à L'Information. Plus tard il dirige Le Socialiste limousin. Deux affaires, l'affaire Guingouin et l'affaire Jean Mons, cette dernière liée à l'affaire des fuites, assoient sa réputation d'avocat et le lient au monde politique et notamment à François Mitterrand, visé pendant l'affaire des fuites en tant que ministre de l'Intérieur du gouvernement Mendès-France.

Ces nouvelles relations orientent Roland Dumas vers la politique active en Haute-Vienne. Gaston Charlet, premier adjoint au maire de Limoges et sénateur de la Haute-Vienne en rupture de ban avec la S.F.I.O., lui a en effet cédé la première place sur une liste socialiste dissidente. Les candidats souhaitent rajeunir la représentation limousine et rompre avec les sortants, coupables selon leur profession de foi, de n'avoir pu « endiguer le flux des abandons et des scandales qui n'a pas cessé de déferler sur la France depuis l'après-guerre ». Les colistiers comptent aussi sur le souvenir du père de Roland Dumas, héros de la Résistance, pour attirer les voix des électeurs socialistes qui ne se reconnaissent pas dans la direction départementale de la S.F.I.O. dont certains membres ont eu une attitude ambiguë pendant l'Occupation.

Face aux grands partis de gauche majoritaires en Haute-Vienne, cette liste socialiste indépendante remporte un succès relatif avec une moyenne de 20 610 voix et 11,5 % des suffrages exprimés. Plus connu, Gaston Charlet recueille 26 341 suffrages mais seul le premier de liste, Roland Dumas, est élu avec 21 665 voix. Par ailleurs, deux sièges vont aux communistes et deux aux socialistes sortants. Pendant la dernière législature de la IVe République, Roland Dumas député apparenté à l'U.D.S.R. (Union démocratique et socialiste de la Résistance), appartient à la Commission de la presse et à celle de la production industrielle dont il est élu secrétaire. Il dépose huit propositions de loi et deux de résolution et émet un avis au nom de la Commission de la presse sur le projet de loi sur la propriété littéraire et artistique (14 décembre 1956).

Sa principale intervention dans les débats a lieu également à ce sujet qui lui tient à cœur en tant que juriste et publiciste. Il en est en effet le rapporteur pour avis, au nom de la Commission de la presse, et présente sept amendements sur divers articles du projet de loi concernant les œuvres cinématographiques dont plusieurs sont adoptés (séance du 20 avril 1956).

Ses autres interventions orales importantes sont suscitées par les événements d'Algérie et les diverses mesures prises par les gouvernements. Le 17 juillet 1957, à propos du projet de loi portant reconduction de la loi du 16 mars 1956 autorisant le gouvernement à mettre en œuvre des mesures exceptionnelles compte tenu de la situation intérieure, Roland Dumas fait adopter, par 380 voix contre 103, un amendement visant à empêcher l'assignation à résidence en Algérie des individus réputés « dangereux », ce qui pourrait donner lieu à des abus à l'encontre de ceux qui contestent la politique algérienne officielle. Pour argumenter son propos, il prend l'exemple d'André Mandouze, professeur à la Sorbonne, auteur de la Tragédie algérienne, dont le livre met en cause la souveraineté française en Algérie et qui pourrait tomber sous le coup de cet article si le gouvernement engageait des poursuites contre lui. Il s'appuie également sur l'avis négatif émis par le Conseil d'Etat. Le 18 mars 1958, c'est la même inspiration libérale qui sous-tend l'argumentation du député de la Haute-Vienne à l'encontre d'un amendement au projet de loi d'amnistie dans certains territoires d'outre-mer, trop restrictif selon lui, pour avoir l'effet politique positif nécessaire à la réconciliation avec la population des territoires concernés. Lors de l'autre grand débat qui marque la fin de la IVe République, la construction de la Communauté économique européenne, Roland Dumas indique, par ses votes, son hostilité à celle-ci, par crainte de favoriser l'hégémonie allemande dans l'Europe des six. Il vote donc contre la ratification du Traité de Rome. Malgré les critiques qu'il a émises dans son journal Le Socialiste limousin à l'encontre de la IVe République et son souhait d'un renforcement du pouvoir exécutif, Roland Dumas fait partie avec François Mitterrand, des quatre députés sur quatorze de l'U.D.S.R. qui refusent l'investiture du général de Gaulle en 1958. Le changement de régime met fin provisoirement à sa carrière politique et Roland Dumas ne se représente pas aux élections suivantes.



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