Charles Dumont

1867 - 1939

Informations générales
  • Né le 31 août 1867 à Ajaccio (Corse-du-Sud - France)
  • Décédé le 22 avril 1939 à Meulan (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Jura
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Jura
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 20 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Jura
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Jura
Groupe
Républicains radicaux-socialistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Jura
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 15 janvier 1924
Département
Jura
Groupe
Gauche républicaine démocratique

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 6 janvier 1924 au 9 janvier 1933
Sénateur
du 10 janvier 1933 au 22 avril 1939

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Ajaccio (Corse) le 31 août 1867, mort à Meulan (Seine-et-Oise) le 22 avril 1939.


Député du Jura de 1898 à 1924.

Sénateur du Jura de 1924 à 1939.

Ministre des Travaux publics du 2 mars au 27 juin 1911.

Ministre des Finances du 22 mars au 9 décembre 1913 et du 21 au 25 février 1930.

Ministre de la Marine militaire du 27 janvier 1931 au 20 février 1932.

Au hasard des résidences d'un père fonctionnaire des postes, Charles Dumont est né à Ajaccio en 1867, mais sa souche était jurassienne. Depuis trois siècles, des Dumont, ses aïeux, vivaient à Brainans, non loin de Poligny, y menant l'existence rude et opiniâtre du paysan-vigneron. C'est de ce terroir qu'il était vraiment et puissamment. Après de solides études en province, complétées au lycée Henri-IV, il fréquenta la Sorbonne où il conquit très vite sa licence ès-lettres. Il y ajouta la même année le baccalauréat ès sciences et, par la suite, la licence en droit.

Dès le quartier Latin, la dispute politique l'enrôla. Dans des réunions d'étudiants, il s'attaqua au boulangisme. Il devint même secrétaire général d'un comité anti-boulangiste.

En 1891, il fut reçu dans un excellent rang à l'agrégation de philosophie.

Il professa alors au lycée du Puy, puis à celui de Bourges, enfin à celui de Lons-le-Saunier. C'est l'époque où il écrivit un livre sur La question bulgare et un autre sur La lutte contre la propagande anarchiste et pacifiste.

Le 22 mai 1898, l'arrondissement de Poligny l'envoyait siéger à la Chambre des députés. Il devait, en effet, être élu au deuxième tour de scrutin par 7.757 voix contre 7.481 à M. Milcent sur 15.401 votants. Réélu aux élections générales des 27 avril et 11 mai 1902, au premier tour, par 8.306 voix contre 7.119 à M. Lascoux, sur 15.515 votants ; réélu aux élections générales des 6 et 20 mai 1906, au deuxième tour, par 7.978 voix contre 7.042 à M. Milcent, sur 15.144 votants ; réélu aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910, au deuxième tour, par 7.396 voix contre 7.073 à M. Bouvet sur 14.565 votants ; réélu aux élections générales des 26 avril et 10 mai 1914, au deuxième tour, par 7.290 voix contre 6.994 à M. Bouvet sur 14.404 votants ; réélu aux élections générales du 16 novembre 1919, sur la liste d'Union républicaine, par 20.090 voix sur 54.137 votants.

Arrivé au Palais Bourbon, il s'inscrivit au groupe des radicaux. Il entra à la Commission du budget et à celle de la législation fiscale. Il prit souvent part avec une réelle autorité aux discussions sur les questions fiscales les plus ardues. Les projets de loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat ainsi que sur les retraites ouvrières ont aussi motivé de sa part plusieurs interventions retentissantes à la tribune.

Rapporteur général du budget de 1910, il accédait aux fonctions de Ministre des Travaux publics et des Postes et télégraphes, le 2 mars 1911, au sein du Cabinet Monis ; il les conserva jusqu'au 27 juin de la même année.

Lorsque, le 22 mars 1913, Barthou accepta la mission de former le Cabinet qui devait faire voter la loi portant à trois ans la durée du service militaire, Charles Dumont fut choisi comme Ministre des Finances, mais il fut renversé le 2 décembre suivant sur la question de l'immunité de la rente à l'occasion d'un emprunt indispensable pour assurer des disponibilités au Trésor à l'heure où la situation internationale se compliquait dangereusement.

Charles Dumont a été élu en mars 1914 président du conseil d'administration de la Société centrale des banques de province. Dans cette charge, il a pu rendre de grands services à la défense nationale. Durant les hostilités, il a été le délégué de la Commission du budget à la vérification du matériel de guerre. Comme tel, il a accompli de nombreuses missions au front et rédigé des rapports importants et secrets qui ne seront publiés qu'après le retour de la paix.

En 1920, il reprit ses fonctions de rapporteur général du budget.

Lors de la retraite de Stephen Pichon, il est élu sénateur au renouvellement du 6 janvier 1924, par 383 voix sur 832 votants au deuxième tour de scrutin. Siégeant au groupe de la gauche démocratique, il est deux fois, au cours de sa carrière au Sénat, rapporteur général du budget.

Ministre des Finances dans le premier Cabinet Camille Chautemps du 21 février au 2 mars 1930, il devint Ministre de la Marine militaire dans trois Cabinets Laval successifs, du 27 janvier 1931 au 20 février 1932 et fut l'artisan de notre renaissance navale : c'est à lui qu'on doit la mise en chantier du Dunkerque.

Ces hautes fonctions ne l'empêchèrent pas de s'intéresser avec passion à la vie de son département. Elu conseiller général du Jura en 1913, il présida l'Assemblée départementale pendant les dix-huit dernières années de sa vie. Une bonne organisation du tourisme dans cette région a été parmi ses dernières ambitions : la grande « route blanche » qui devait, par Poligny et La Faucille assurer un meilleur accès à cette belle contrée, l'eut parmi ses ardents promoteurs et vaillants défenseurs.

S'il fut brillant orateur, Charles Dumont publia également en 1894 deux ouvrages : Patrie et internationalisme, Une semaine dans les Causses.

Officier d'académie, décoré du Mérite civil de la Bulgarie, Charles Dumont, à 72 ans, mourait en quelques minutes d'une crise cardiaque, le 22 avril 1939, à Meulan (Seine-et-Oise).

Son éloge funèbre fut prononcé au Sénat, lors de la séance du 11 mai 1939, par le président Jules Jeanneney : « Membre depuis vingt-six ans et président depuis dix-huit ans du Conseil général du Jura, il a fait éprouver, là aussi les ressources de son esprit toujours en éveil et s'ouvrant à tout avec enthousiasme. Avec quels soins, vraiment filiaux, il s'est appliqué à rendre plus lumineux, plus accueillant, plus sain, le foyer rural de là-bas, et avec quelle tendresse il suivait les progrès réalisés ! Avec quelle ferveur, aussi, il parlait de sa montagne, de ses « vallées sans printemps », des êtres qui y perpétuent courageusement la vie ! Toute la grande et délicate sensibilité qui était en lui débordait alors magnifiquement.

« Au service de causes infiniment variées, Charles Dumont apportait son superbe talent oratoire, une parole aussi riche d'idées que d'images, chaude et grave, qui captivait toujours et éblouissait parfois.

« L'âme du républicain laïque et de l'ardent patriote qu'il était, y rayonnait et, non moins, la foi dont se marquait en lui l'amour souverain de son pays. »


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