Désiré Ferry

1886 - 1940

Mort pour la France

Informations générales
  • Né le 26 octobre 1886 à Metz (Moselle - France)
  • Décédé le 11 janvier 1940 à Piennes (Meurthe-et-Moselle - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Entente républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Union républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Union républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Députés du centre républicain

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 25 octobre 1886 à Metz (Moselle), mort le 11 janvier 1940 à l'ambulance médicale de corps d'armée n° 21.

Député de la Meurthe-et-Moselle de 1919 à 1936.

Ministre de la Marine du 9 au 14 juin 1924.

Ministre de la Santé publique du 2 mars au 13 décembre 1930.

Né à Metz, Désiré Ferry fait ses études au collège de Pont-à-Mousson, au lycée puis à l'université de Nancy. Non seulement il y suit les cours de la faculté de droit, mais il est aussi élève de celle des lettres et de celle des sciences. Il répond déjà à l'appel d'une vocation de publiciste en donnant des essais à des revues et en collaborant à la presse régionale. Mais c'est dans la capitale qu'il achève cependant ses études : licence en droit et doctorat. Son activité dans les mouvements littéraires parisiens ne l'empêche nullement de suivre l'enseignement du Collège des Hautes études sociales, non plus que celui de l'Ecole des Sciences politiques. Concurremment, il voyage en Italie, en Allemagne et en Europe centrale. Sa collaboration journalistique s'étend non seulement à la presse de la capitale, Le Matin, L'Echo de Paris, mais à celle de l'Est avec Le Messager d'Alsace et de Lorraine et Les Marches de l'Est. L'action patriotique qui l'avait amené à défendre dans la presse la loi du service militaire de trois ans en 1913 lui fait ouvrir, en 1914, par Déroulède, les portes du Comité directeur de la Ligue des patriotes, à la vice-présidence de laquelle il accéda d'ailleurs par la suite. Il s'était fait inscrire au barreau de Paris mais n'exerçait pas.

La guerre éclate et Désiré Ferry rejoint comme sous-lieutenant de réserve le 26e bataillon de chasseurs à pied ; trois fois blessé, cité, il termine la guerre comme capitaine, décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre.

L'armistice signé, la direction d'un service d'études juridiques et administratives va lui être confiée à la présidence du Conseil, sous Clemenceau, où il aura à préparer le régime transitoire des provinces retrouvées.

Secrétaire de Louis Marin, Désiré Ferry, qui possède en outre des propriétés à Pont-à-Mousson, songe à la députation et va, en effet, occuper, dans la Chambre bleu horizon, le siège du colonel Driant. Il entre pour la première fois au Palais Bourbon à l'occasion des élections générales du 16 novembre 1919. Cinquième de la liste d'entente républicaine et d'union nationale de la Meurthe-et-Moselle menée par le futur président de la République, Albert Lebrun, et par Louis Marin, il obtient 58.097 voix, sur 87.614 votants, ce qui le place en quatrième position dans cette liste qui passe tout entière. Au renouvellement du 11 mai 1924, second de la liste d'union républicaine et nationale, menée cette fois-ci par Louis Marin et qui est élue en entier, il totalise 70.234 voix sur 104.318 votants, perdant, pour 3 voix, sa seconde place au profit de Georges Mazerand. Le scrutin uninominal ayant été rétabli pour les élections générales du 22 avril 1928, Désiré Ferry choisit la 3e circonscription de Nancy, c'est-à-dire Nancy-Est, Nancy-Sud et Saint-Nicolas, et y est élu dès le premier tour de scrutin avec 13.667 voix sur 24.666 votants, contre quatre candidats dont les voix s'équilibrent à peu près, 2.988 à Antoine, 2.747 à Chaize, 2.570 à Mathey et 2.182 à Vernert. En 1932, le 1er mai, dès le premier tour, il est très confortablement réélu avec 15.021 voix sur 24.416 votants, contre 4.972 à Nordemann et 2.833 à Perrouault. Lors des élections des 26 avril et 3 mai 1936, il en fut tout autrement ; Désiré Ferry pourtant pouvait, dès le premier tour, croire à sa victoire : il obtenait en effet 11.994 voix sur 25.734 votants, contre 5.003 à P.-O. Lapie, 3.390 à Nordemann, 2.794 à Thouvenin et 1.881 à Loewert. Mais au scrutin de ballottage la discipline de front populaire joua et, le socialiste S.F.I.O. Nordemann et le communiste Thouvenin s'étant désistés en faveur de Lapie, U.S.R. (Union socialiste républicaine), celui-ci l'emporta d'à peine 300 voix, avec 12.642 suffrages sur 25.441 votants, contre 12.362 à Désiré Ferry. Elu en 1919 sur un programme « de respect des droits de la France, d'union entre les citoyens, de progrès social et de reconstitution des régions dévastées », il proposera aux électeurs lorrains de suivre la politique d'union nationale et de relèvement du pays préconisée par Poincaré, au programme de qui il reste fidèle au gré des législatures. Il siège avec les membres de l'U.R.D., puis du centre républicain.

Le 9 juin 1924 il accepte le portefeuille de la Marine dans le cabinet François-Marsal, cabinet test si l'on peut dire pour la conception constitutionnelle d'Alexandre Millerand.

Ce cabinet fut, on le sait, éphémère. Après cet épisode ministériel, retrouvant son siège de député, Désiré Ferry prit un intérêt particulier à la politique orientale de la France (traité de Lausanne 1923).

La Chambre de 1928 allait lui permettre de connaître réellement des affaires de l'Etat. II rapporta la question de l'organisation de la défense des frontières et eut l'honneur de devenir, le 2 mars 1930, jusqu'au 13 décembre suivant, le premier titulaire du ministère de la Santé publique, dont la création préconisée par son ancien collègue Pierre Even, avait mis neuf années pour être réalisée. Il défendit devant le Sénat le budget de son ministère ainsi qu'un projet de loi permettant aux invalides de guerre l'accession à la petite propriété, et qui devint la loi du 8 juin 1930.

Au début de l'année 1934, il intervint au cours d'une interpellation sur le scandale des bons du Crédit municipal de Bayonne, plus connu sous le nom de l'affaire Stavisky. Désiré Ferry était depuis le 27 avril 1933 directeur du journal politique La Liberté dont le précédent directeur, Camille Aymard, se trouvait alors très compromis dans le scandale de Bayonne ; mis en cause au cours de l'interpellation, Désiré Ferry justifia sa position en précisant que depuis avril 1933 Camille Aymard n'était plus qu'un collaborateur occasionnel, dont il s'était d'ailleurs définitivement séparé. Désormais, Désiré Ferry ne montera plus à la tribune de la Chambre.

Les élections de tendance front populaire de 1936 ne lui ayant pas été favorables, il se consacre alors à la direction de son journal La Liberté, qui était resté un grand quotidien du soir.

La guerre de 1939 éclate et le commandant de réserve Désiré Ferry rejoint le 128e régiment d'infanterie de forteresse : il devait être grièvement blessé et mourir le 11 janvier 1940 à l'ambulance médicale de corps d'armée n° 21. Il était dans sa 54e année.