Bertrand Flornoy

1910 - 1980

Informations générales
  • Né le 27 mars 1910 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 25 avril 1980 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Seine-et-Marne
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

FLORNOY (Bertrand, Marie, Joseph)
Né le 27 mars 1910 à Paris
Décédé le 25 avril 1980 à Paris

Député de Seine-et-Marne de 1962 à 1978

Né le 25 mars 1910 dans une famille dont les origines sont en Champagne, en Charente et en Touraine, Bertrand Flornoy entre à l’Ecole libre des sciences politiques, où il se forme en droit, et accomplit simultanément des études d’ethnologie. Il devient explorateur. En 1936, il est chargé de mission par le Muséum d’histoire naturelle et le ministère de l’éducation nationale, et entreprend sa première exploration la même année, chez les indiens Jivaros. Il réalisera douze missions d’études. A six reprises, il part en Amazonie, où il découvre, en 1941, les sources du fleuve éponyme. Il se rend également six fois dans les Andes, où il met au jour, en 1955, dans la région du Haut-Maratron, au Pérou, des monuments attestant d’une civilisation pré-incasique. Grand explorateur, Bertrand Flornoy fait part de ses recherches dans des ouvrages savants dont il est l’auteur : Haut-Amazone ; Iawa ; L’Aventure inca ; Découverte des sources ; Aux sources de l’Amazone ; A la pointe de l’exploration ; Amazonie : Terres et hommes. Il réalise également plusieurs films documentaires, et devient président de la Société des explorateurs et des voyageurs français, puis membre de la Société de Géographie et de l’Explorateur Club de New-York.
Entre-temps, engagé volontaire en 1939 dans les Forces françaises libres (F.F.L.), il participe à l’expédition militaire à Rio de Janeiro, en 1942, et à la Campagne d’Italie. Chevalier de la Légion d’honneur, il ressort du conflit mondial avec la croix de guerre 1939-1945.
Bertrand Flornoy, qui a épousé Elisabeth Chemla le 31 décembre 1952, est père d’un fils, né d’un premier mariage, le 12 décembre 1934. Explorateur-ethnologue, comme il se qualifie lui-même, il s’engage en politique, peu de temps après ses dernières explorations au Pérou. Il se présente aux premières élections législatives de la Cinquième République, sous l’étiquette gaulliste, en 1958, dans la quatrième circonscription de la Seine, mais n’est pas élu. Quelques semaines plus tard, au mois de janvier 1959, il devient délégué national à la jeunesse, au sein de l’Union pour la nouvelle République (U.N.R.). Il poursuit parallèlement ses activités scientifiques, mais consacre désormais son énergie à enseigner la discipline qui l’a d’abord poussé à voyager et à découvrir. En 1961, 1963 et 1965, commandeur de l’ordre de la recherche et de l’invention, il est chargé de cours au collège libre des sciences sociales et économiques. Mais très vite, l’officier de réserve se plonge à nouveau dans le combat politique. Candidat de l’Association pour la Vème République – U.N.R.-U.D.T., aux élections législatives de 1962, il choisit de se présenter dans la troisième circonscription de Seine-et-Marne, qui regroupe les cantons de Coulommiers, Crécy-en-Brie, La Ferté-sous-Jouarre, Lizy-sur-Ourcq, Meaux et Rebais. Il y est élu très largement. Avec son suppléant, l’exploitant forestier Bernard Ramond-Gontaud, maire de Jouarre, il remporte le scrutin avec 12 000 voix d’avance sur son seul adversaire du second tour, l’instituteur Paul d’Estienne. Le député sortant et conseiller général, René Moquiaux, est très sévèrement battu, dès le premier tour. A son arrivée au Palais-Bourbon, le nouveau député de Seine-et-Marne s’inscrit logiquement au groupe gaulliste. Il est nommé membre de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales, où il siège de décembre 1962 à mai 1963, puis de juin 1963 à la fin de la législature, en mars 1967. Entre-temps, il rejoint la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, de mai à juin 1963. Par ailleurs, l’Assemblée nationale le nomme au Haut comité des sports, le 23 janvier de la même année. Au cours de son premier mandat, Bertrand Flornoy est l’auteur de deux propositions de loi. En plus de six avis, il rapporte à quatre reprises sur des propositions de loi, dont le but est d’étendre à certains territoires d’outre-mer les dispositions du Code du travail maritime. Durant ces cinq premières années d’exercice du mandat de député, il prend la parole à vingt-trois reprises, en s’exprimant fréquemment sur les questions d’éducation et de formation de la jeunesse. A cet effet, il intervient précisément lors de la discussion de chaque projet de loi de finances, de 1962 à 1966, comme rapporteur pour avis du budget de l’éducation nationale. Dès le 18 janvier 1963, il souligne les conséquences de la vague démographique du baby-boom, et préconise que l’Etat mette en place les infrastructures nécessaires à la formation des jeunes en France ; il souhaite d’ailleurs la création d’un ministère qui leur serait dédié. Il ne manque pas, le 19 juin suivant, à l’occasion d’une déclaration du gouvernement relative aux problèmes de l’éducation nationale, de regretter que l’éducation physique et sportive, dans les écoles primaires, n’ait pas la place qu’elle mérite. En novembre, il défend l’augmentation des crédits de cette discipline, quitte à ce que les communes paient sur leur budget les professeurs chargés de la dispenser. Au mois de juin 1965, il est rapporteur pour avis de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur le projet de loi de programme relatif à l’équipement sportif et socio-éducatif. S’il rend hommage à l’effort des collectivités locales et aux organismes privés en la matière, il souhaite que l’Etat participe à l’augmentation du nombre des colonies de vacances et des centres aérés.
Cette législature marque l’enracinement de Bertrand Flornoy dans la vie politique française. Le 16 mai 1963, il entre au bureau politique du groupe parlementaire U.N.R. –U.D.T. Quelques mois plus tard, le 14 novembre, il est membre du comité central du parti gaulliste et, le 9 janvier 1964, fait partie de sa commission politique. Aux élections cantonales du mois de mars suivant, il est élu conseiller général U.N.R. de Seine-et-Marne, dans le canton de Coulommiers. En avril 1965, il accepte de faire partie de la délégation française à la conférence des parlementaires de l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord (O.T.A.N.). L’année d’après, le 25 mai 1966, l’Assemblée nationale l’élit représentant suppléant de la France à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe. Le député gaulliste de Coulommiers est fidèle à la politique souhaitée par le général de Gaulle, et conduite par le gouvernement de Georges Pompidou. Il vote en faveur de la ratification du traité franco-allemand (13 juin 1963) ; il approuve le projet de loi sur les modalités des grèves dans les services publics (26 juillet 1963), la modification de la Constitution du 20 décembre 1963 et la réforme des élections municipales, le 17 juin 1964. Enfin, quelques mois plus tard, il est de ceux qui adoptent la réforme du service national (26 mai 1965), sujet sur lequel il est intervenu en séance publique à plusieurs reprises.
Fort de cette expérience, il est candidat à sa succession aux élections législatives du mois de mars 1967. Il est largement réélu, avec son nouveau suppléant, l’attaché de préfecture François de Peretti, devançant de plus de 12 000 voix son adversaire communiste du premier tour, écart qui se réduit à 10 000 des 46 000 suffrages exprimés, au second. A l’Assemblée nationale, il retrouve le groupe gaulliste et son bureau politique, ainsi que la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Son goût pour les questions de communication le conduit à siéger à la commission spéciale sur les émissions des actualités régionales télévisées de l’O.R.T.F., en mai 1967. Il réfléchit également, avec Michel d’Ornano, à la création d’une « agence française de publicité télévisée ». Mais les questions liées à la jeunesse restent sa priorité de législateur. Au cours de ce deuxième mandat, il dépose deux propositions de loi en ce sens, et présente un avis au nom de la commission à laquelle il appartient, relatif au projet de loi de finances pour 1968, au titre du budget du ministère de la jeunesse et des sports. Il intervient à sept reprises en séance publique, toujours sur ces mêmes sujets. Il insiste sur des thèmes déjà défendus au cours de la précédente législature : création d’un ministère de la jeunesse ; importance de l’éducation physique et sportive à l’école primaire. Il promeut par ailleurs la création d’un institut national d’éducation populaire, soulignant auprès de ses collègues la nécessité de ne pas politiser les problèmes de la jeunesse. Ces prises de parole interviennent un an avant les événements de mai 1968, et apparaissent prémonitoires. N’est-il pas l’un des rares parlementaires à souhaiter l’utilisation de la radio et de la télévision pour développer le dialogue entre l’Etat et les jeunes français ? Il s’exprime en ce sens, au moment de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 1968. Aussi, lorsqu’éclatent les manifestations d’étudiants du mois de mai suivant, Bertrand Flornoy n’est-il pas le dernier à prendre la parole en séance, dès le 8 du mois, en stigmatisant ceux qui exploiteraient les incertitudes et les inquiétudes des jeunes, placés dans un monde universitaire en transformation. D’ailleurs, le 22 mai, il prend part à la discussion du projet de loi portant amnistie, et relatif aux agitations estudiantines. Il juge cette mesure nécessaire ; pour la défendre, il fonde son propos sur le risque, que l’Etat ne doit pas sous-estimer, d’isolement des jeunes dans la société française. Au cours de cette brève législature, écourtée par la dissolution de l’Assemblée nationale, Bertrand Flornoy ne vote pas les motions de censure déposées contre le gouvernement, le 20 mai et le 9 juin 1967.
Candidat au scrutin de juin, il est largement réélu député de la troisième circonscription de Seine-et-Marne, dès le premier tour, en obtenant près de 30 000 suffrages sur les 50 000 exprimés. Avec plus de 15 000 voix, il devance son principal concurrent, l’ingénieur Jean Bouvin, pourtant bien implanté dans la circonscription comme maire de Meaux. Au Palais-Bourbon, membre du comité central de l’Union des démocrates pour la République jusqu’en 1971, il rejoint le groupe gaulliste dont il devient l’un des vice-présidents, le 2 avril 1970, et la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales, dont il est l’un des parlementaires les plus assidus. Il siège par ailleurs au sein de plusieurs commissions spéciales, et retrouve son siège de représentant titulaire de la France à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe, dès le 17 octobre 1968. Au cours de son troisième mandat, Bertrand Flornoy présente cinq avis sur les projets de loi de finances successifs, de 1969 à 1973, pour le budget du ministère de la jeunesse, des sports et des loisirs. S’il ne dépose qu’une proposition de loi qui ne sera pas appelée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, il est l’auteur, en revanche, de deux rapports, l’un en première lecture, l’autre en seconde, sur le projet de loi relatif à l’équipement sportif et socio-éducatif. Dans la discussion qui s’ouvre le 22 juin 1971, il fait preuve de beaucoup de force de conviction pour montrer l’importance de l’équilibre corporel et intellectuel dans notre société. Le député de Seine-et-Marne croit en l’importance du secteur socio-éducatif, et soutient activement l’équipement des zones d’urbanisation nouvelle en gymnases, piscines et autres bâtiments à usage sportif. Il dépose deux amendements en ce sens. Entre-temps, il sera tout logiquement intervenu dans la discussion du projet de loi d’orientation de l’enseignement supérieur, proposé et défendu par le ministre de l’éducation nationale Edgar Faure, nommé à la suite des événements de mai. Il y défend trois amendements dont la visée est l’intégration de l’Université dans la vie de la nation et le développement de son autonomie. C’est en ce sens qu’il souhaite que « tous les étudiants aient droit au suffrage », alors qu’il prend la parole le 10 octobre 1968. Les questions d’éducation resteront jusqu’à la fin de son mandat sa préoccupation première ; il exprime l’intérêt qu’il leur porte de plus en plus vivement. La pénurie des professeurs pour l’enseignement physique et sportif est devenue, pour lui, un leitmotiv. Il s’en fait encore l’écho, lors de la discussion du budget du ministère de l’éducation nationale, pour 1969. Il reste le porte-parole de son groupe pour le budget de la formation professionnelle pour lequel il est systématiquement désigné rapporteur pour avis de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Fidèle dans ses votes à la politique du gouvernement, il n’hésite cependant pas à regretter, le 30 octobre 1969, « l’absence de politique culturelle pour les jeunes », alors que cette éducation qu’il conçoit comme primordiale doit les amener « à participer à l’élaboration de ce que seront la forme et l’esprit de la société future ». Trois ans plus tard, le 27 octobre 1972, il regrette encore le « déséquilibre entre l’ambition d’une politique et la faiblesse des moyens qui lui sont destinés ». Deux mois plus tard, le 14 décembre, il soutient Lucien Neuwirth dans sa volonté de créer un Office national d’information et d’éducation familiale. Pour une meilleure insertion des jeunes dans la société, il n’a pas mesuré son énergie, en juin 1970, pour exprimer ses idées dans la discussion sur le projet de loi relatif au service national, pour en souligner l’utilité, comme pour défendre la participation des jeunes filles. Souvent précurseur dans ses propos, il affirme la nécessité de s’acheminer vers une forme de service différencié, et de montrer ainsi les devoirs réciproques existant entre la collectivité et la jeunesse. Il défend six amendements sur ce texte d’initiative gouvernementale, et fait partie des députés qui votent en faveur de ce projet, le 10 juin 1970. Pour l’ensemble des autres scrutins marquants de la législature, Bertrand Flornoy ne trahit en rien sa fidélité à la majorité à laquelle il appartient. Il approuve aussi bien le projet de loi sur l’enseignement supérieur, voté à l’unanimité de la représentation nationale, le 10 octobre 1968, que le texte sur la garantie des droits individuels des citoyens, le 28 mai 1970, ou celui sur la répression de certaines formes de délinquance, quinze jours plus tard, le 4 juin 1970. Il affirme son accord en votant pour le droit syndical dans les entreprises, tel que le conçoit le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas et son conseiller social, Jacques Delors. Il renouvelle d’ailleurs sa confiance au maire de Bordeaux, le 15 octobre 1970 et, le 24 mai 1972, à son successeur à la tête du gouvernement, Pierre Messmer. Quelques semaines plus tôt, son approbation a été entière sur le projet de loi portant création et organisation des régions, le 27 avril 1972.
Le 8 mars 1970, Bertrand Flornoy a été réélu conseiller général de Seine-et-Marne et, au printemps suivant, en mars 1971, est élu maire de Coulommiers. C’est donc renforcé dans son implantation locale qu’il sort de nouveau vainqueur du scrutin législatif au printemps 1973, avec son suppléant Daniel Isambert, géomètre expert foncier. Dans une élection cependant un peu plus serrée que de coutume, il triomphe au second tour, le 11 mars, avec 56,2% des voix, en face de la candidate communiste Raymonde Renard. Le député de l’Union des démocrates pour la République (U.D.R.) rejoint le groupe gaulliste et retrouve son poste de vice-président. S’il s’investit un peu moins dans le travail parlementaire que lors de ses mandats précédents, Bertrand Flornoy n’en reste pas moins, de 1973 à 1978, un député très actif. Il siège à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales jusqu’en 1975, avant de rejoindre la Commission des affaires étrangères, jusqu’au terme de la législature, en 1978. Au nom de la première, il présente deux avis – relatifs aux projets de loi de finances pour 1974 et 1975 (ministère de la jeunesse et des sports) – et, au nom de la seconde, deux rapports : un premier texte autorisant l’adhésion de la République française à l’accord constitutif de la banque interaméricaine de développement, et un rapport d’information sur les travaux du parlement latino-américain. Il dépose une proposition de loi qui ne sera pas discutée en séance publique. Par ailleurs, il pose deux questions orales sans débat, deux questions au gouvernement et une question orale avec débat. Au cours de ces cinq années, il intervient à vingt-cinq reprises dans les discussions de plusieurs textes d’importance. Il se heurte à certains de ses collègues du groupe gaulliste, dans la discussion du projet de loi d’orientation du commerce et de l’artisanat, le 11 octobre 1973. Le 19 décembre 1974, il ne prend la parole, dans le débat sur le projet de loi relatif à l’interruption volontaire de grossesse (I.V.G.) que pour saluer « le courage et la dignité » de Simone Veil, ministre de la santé, et regretter de « ne pouvoir partager sa conviction ». Le député de Seine-et-Marne considère que la résolution d’ « un drame humain » ne peut passer par la création d’ « un drame légal ». Il aurait préféré que la régulation des naissances eût été utilisée pour parvenir au même résultat. Dans les discussions du projet de loi de finances pour 1974 et 1975, il est rapporteur pour avis du budget de la jeunesse et des sports, mais reste très critique quant à l’action gouvernementale conduite dans ce domaine : il souhaite une refonte globale de la politique de la jeunesse. Il déplore l’absence de secrétaire d’Etat de tutelle dans le deuxième cabinet Messmer, mais est rassuré par la nomination, à ce poste, de Pierre Mazeaud, dans le gouvernement suivant. Il demeure cependant réservé sur les relations entre ce dernier et Joseph Fontanet, ministre de l’éducation nationale.
Progressivement, président de la fédération des groupes parlementaires d’amitié France-Amérique latine, il s’intéresse aux questions internationales, et notamment aux relations entre la France, l’Europe et l’Amérique latine qu’il connaît bien, grâce aux multiples explorations qu’il y a conduites. A cet égard, le 12 novembre 1973, il souhaite que la France prenne l’initiative d’une concertation entre pays d’Europe, en vue de préparer une politique de large coopération avec les pays d’Amérique latine. Aussi, avec la discussion du projet de loi autorisant l’adhésion de la République française à l’accord constitutif de la Banque interaméricaine de développement, signé à Washington le 8 avril 1959, Bertrand Flornoy déclare-t-il, le 9 décembre 1976, qu’ « un pas vers une meilleure collaboration de l’Europe et de l’Amérique latine » est accompli. Il y a veillé comme membre du Conseil de l’Europe jusqu’en 1971, et au sein de l’Union de l’Europe occidentale, même si cette dernière institution est progressivement mise en sommeil, avec l’entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté économique européenne (C.E.E.) en 1973.
Enfin, au titre de ses interventions les plus importantes, dans ce quatrième mandat, le député de Seine-et-Marne, membre du Conseil d’administration du district de la région parisienne à partir du mois de novembre 1973, et membre de l’Assemblée de la région Ile-de-France, prend part à la discussion aussi bien des textes sur la modernisation des fondements de la fiscalité directe locale, en décembre 1973, que sur le projet de loi portant création et organisation de la région Ile-de-France, en décembre 1975. Il précise à l’intention de Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur du premier gouvernement Chirac, que la politique proposée sacrifie certaines zones rurales au profit de Paris et des villes nouvelles. Il se montre tout aussi critique lors de la deuxième lecture de ce texte, le 20 avril 1976.
Cependant, de manière générale, l’élu de Coulommiers reste aussi fidèle à la majorité parlementaire dans les trois premières années du septennat de Valéry Giscard d’Estaing, qu’il l’a été sous les présidences du général de Gaulle et de Georges Pompidou. Il soutient Pierre Messmer, le 12 avril 1973, et approuve une série de textes importants dans les années suivantes : les modifications de la Constitution du 16 octobre 1973 et du 10 octobre 1974, la réforme du divorce, le 4 juin 1975, et l’élection des députés européens au suffrage universel. Il vote la confiance à Jacques Chirac, le 6 juin 1974, et à Raymond Barre, en approuvant le programme de son gouvernement, le 28 avril 1977. En revanche, comme il l’a annoncé, il vote contre le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse.
Son mandat de conseiller général prend fin en 1976. L’année d’après, Bertrand Flornoy est battu aux élections municipales à Coulommiers, alors qu’il se présente pour un deuxième mandat. En 1978, il décide de mettre un terme à sa carrière politique, et n’est pas candidat aux élections législatives. Aussi est-ce de l’émoi qui accompagne l’annonce de la mort, à 70 ans, de cet homme hyperactif et curieux, resté dans les mémoires comme « l’explorateur de l’Amazone ».


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