Eugène Frot

1893 - 1983

Informations générales
  • Né le 2 octobre 1893 à Montargis (Loiret - France)
  • Décédé le 10 avril 1983 à Chateau-landon (Seine-et-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Loiret
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Loiret
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Loiret
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 26 avril 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Loiret
Groupe
Union socialiste et républicaine

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 2 octobre 1893 à Montargis (Loiret).

Député du Loiret de 1924 à 1942.

Sous-Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil du 18 décembre 1932 au 28 janvier 1933.

Ministre de la Marine Marchande du 31 janvier 1933 au 24 octobre 1933.

Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du 26 octobre 1933 au 23 novembre 1933.

Ministre de la Marine Marchande du 26 novembre 1933 au 9 janvier 1934.

Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du 9 janvier 1934 au 27 janvier 1934.

Ministre de l'Intérieur du 30 janvier 1934 au 7 février 1934.

Jeune avocat à la Cour d'appel de Paris, publiciste, Eugène Frot - qui n'avait alors que 26 ans - se présenta pour la première fois aux élections générales de 1919, dans le Loiret, à la tête d'une liste dite de concentration et rénovation républicaine, mais il n'obtint que 8.645 voix sur 78.215 votants. Sa liste n'eut aucun siège.

Le 11 mai 1924, il fut candidat sur la liste d'union des gauches qui emporta les 5 sièges du Loiret. Eugène Frot obtint personnellement 46.916 voix sur 86.368 votants. Dans leur programme électoral, les cinq candidats avaient violemment attaqué la politique du Bloc national « impuissance, gâchis, réaction dans tous les domaines » ; sans faire directement allusion à la liste du bloc ouvrier et paysan (communiste) ils précisaient « nulle réforme ne nous effraye, mais c'est de la loi seule que nous attendons le progrès ».

Inscrit au groupe du parti socialiste, membre de la commission d'Alsace-Lorraine, de la commission de législation civile et criminelle et de la commission des pensions, Eugène Frot déposa neuf propositions de loi ou de résolution concernant principalement des questions juridiques et fut rapporteur d'une proposition de loi tendant à instituer l'aliénation mentale comme cause de divorce. En séance publique, il prit la parole sur un certain nombre de sujets techniques (notamment sur la réglementation des baux à longue durée) et à deux reprises, en 1925 et en 1926, dénonça « les me nées fascistes en France » et demanda sans succès à interpeller le gouvernement sur les mesures à prendre « pour parer au danger des troubles qui peuvent naître à l'organisation des légions armées ». Le 22 avril 1928, Eugène Frot l'emporta dès le premier tour, dans la circonscription de Montargis, avec 10.718 voix sur 19.899 votants. Il était candidat de l'union des gauches radicaux et socialistes. Reconnaissant que la législature qui s'achevait avait « apporté à l'opinion publique bien des désillusions », il demandait aux électeurs à la fois « de ne pas se laisser entraîner vers des formes d'action politique réactionnaire » et « de ne pas céder au mirage d'un communisme de dictature ».

Il devint cette fois membre de la commission des affaires étrangères ainsi que de la commission des travaux publics et des moyens de communication. Il déposa onze propositions de loi ou de résolution aux objets divers et présenta deux rapports, l'un sur l'aliénation mentale, l'autre sur les tribunaux mixtes internationaux. En séance publique, il prit la parole à de très nombreuses reprises. Il se fit notamment le défenseur du syndicaliste catalan Blanco détenu à la prison de Montpellier (1930).

En 1932, Eugène Frot fut réélu dès le premier tour, le 1er mai, toujours dans le canton de Montargis, avec 10.890 voix sur 19.646 votants. On peut noter dans son programme certaines idées nouvelles intéressantes, comme la demande d'un « grand plan d'outillage national » et le souhait que soit développée la politique des « offices » pour les produits agricoles.

Nommé membre de la commission des affaires étrangères et de la commission de la législation civile et criminelle, il devint sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil dans le cabinet Paul Boncour, du 18 décembre 1932 au 28 janvier 1933, puis ministre de la Marine marchande dans le cabinet Daladier, du 31 janvier au 24 octobre 1933. Il eut notamment, à ce titre, à soutenir le budget de son ministère pour 1934. Ministre du travail et de la prévoyance sociale dans le cabinet Sarraut, du 26 octobre au 23 novembre 1933, il devint ministre de l'Intérieur dans le cabinet Daladier, du 30 janvier 1934 au 7 février 1934.

Il se trouva donc être ministre de l'Intérieur au moment des événements du 6 février 1934 - qui amenèrent précisément la démission du gouvernement Daladier le 7 - bien que celui-ci n'ait pas été mis en minorité. Sans entrer dans le détail des événements qui firent notamment l'objet d'un rapport parlementaire (n° 3383) de Marc Rucart, comprenant quelque 2.445 pages relatant les travaux de la commission d'enquête chargée de rechercher les causes et les origines des événements du 6 février 1934, l'on peut noter, en ce qui concerne Eugène Frot personnellement, que : 1° durant la journée du 6 février elle-même, lors du débat à la Chambre, jamais Eugène Frot ne fut pris à partie personnellement par une opposition pour tant virulente ; dans l'après-midi, Xavier Vallat l'avait nommé au cours de son intervention, mais presque sur le mode plaisant. - 2° après coup, toute une campagne se déclencha pour tenter de démontrer qu'Eugène Frot portait la responsabilité d'une fusillade qu'il aurait volontairement organisée, d'une part en « télécommandant » en quelque sorte certaines organisations participant à la manifestation, d'autre part en donnant l'ordre de tirer. Sur le premier point, aucune preuve sérieuse ne semble avoir été avancée, sur le second, l'on peut s'en rapporter à la déclaration faite par Eugène Frot lui-même devant la commission d'enquête, puisque c'est cette phrase même que devait reprendre l'un de ses adversaires, M. Dommange, devant la Chambre, en séance publique, le 5 décembre 1935, mais pour la lui reprocher : « A aucun prix je n'aurais pris, moi, ministre de l'Intérieur, devant des événements graves qui se passaient dans la rue, la responsabilité d'interdire à des chefs de service en action dans la rue tel ou tel moyen - si grave fût-il- qu'ils auraient jugé nécessaire à l'exercice de leur fonction ». Il semble plus juste en effet de s'en tenir là, soit pour l'en louer, soit pour le regretter : il n'a donné ni l'ordre de tirer, ni celui de ne pas tirer.

Quoi qu'il en soit, la carrière politique d'Eugène Frot semble bien avoir été brisée dans son essor par cet événement. Selon ses propres termes (au cours du débat du 5 décembre 1935) il fut « accablé par l'injure, par l'injustice, par la diffamation, entouré de provocations qui ont tenté de (lui) prendre jusqu'à (sa) richesse, (son) honneur, entraîné dans le tourbillon des attentats permanents ». Il y eut - c'est lui qui le rappelait - des interpellations sur « le ministre de l'Intérieur aux mains sanglantes ».

Ses électeurs le soutinrent dans cette conjoncture puisque, une fois encore, c'est dès le premier tour, le 26 avril 1936, qu'Eugène Frot fut réélu député de la circonscription de Montargis, avec 10.432 voix sur 19.976 votants, toujours comme candidat de l'union des gauches. Au cours de sa campagne électorale, il avait critiqué fortement « une politique de déflation économique qui a conduit au bord de la catastrophe financière et de la misère générale ». Il avait réclamé à la fois de fermes décisions contre les éventuels fauteurs d'émeutes et une mesure d'amnistie générale pour le passé. D'autre part, au point de vue économique, il demandait que les pouvoirs publics « organisent le marché national et international des produits essentiels de l'agriculture française » et même, d'une façon générale, qu'ils organisent « la production et la consommation ». Il avait dénoncé « le fascisme qui conduit à la guerre » et réclamé un gouvernement de Front populaire qui puisse « assurer l'ordre public, la paix internationale et l'activité économique ».

Inscrit cette fois au groupe de l'union socialiste et républicaine, membre de la commission de l'armée, de la commission de la législation civile et criminelle et de la commission des finances, il réduisit considérablement son activité publique à la Chambre : il déposa une proposition de loi, présenta trois rapports et intervint seulement dans trois débats : amnistie, politique générale du gouvernement (le 21 janvier 1938 il apporta les voix de son groupe au cabinet Chautemps), et convention avec la Banque de France (son groupe vota pour l'augmentation de 5 millions des avances de la Banque de France à l'Etat).

Le 10 juillet 1940, il vota pour l'article unique du projet de loi constitutionnel.



Né le 2 octobre 1893 à Montargis (Loiret)

Décédé le 10 avril 1983 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

Député du Loiret de 1924 à 1942

Sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil du 18 décembre 1932 au 31 janvier 1933

Ministre de la Marine marchande du 31 janvier au 26 octobre 1933 et du 26 novembre 1933 au 9 janvier 1934

Ministre du Travail et de la prévoyance sociale du 26 octobre au 26 novembre 1933 et du 9 au 30 janvier 1934

Ministre de l'Intérieur du 30 janvier au 9 février 1934

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome V, p. 1748 à 1750)

Nommé membre du Conseil national de Vichy, Eugène Frot en démissionne peu après. De même, en mars-avril 1941, avait-il refusé d'entrer dans le gouvernement de l'amiral Darlan. Il assure une liaison entre Pierre Laval et Georges Mandel. Mais, s'il rend des services au mouvement Libération nord - aidant notamment au passage de la Ligne de démarcation il ne participe pas activement à la Résistance.

Après la Libération, par sa décision du 19 décembre 1945, le jury d'honneur maintient l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de révision constitutionnelle.

Il reprend l'exercice de sa profession d'avocat et assure devant la Cour de Justice de Paris, la défense de Georges Albertini, collaborateur de Déat. Quittant le Barreau peu après, il se consacre à l'administration de sociétés



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