Edouard Goubert

1894 - 1979

Informations générales
  • Né le 29 juillet 1894 à Pondichéry (Inde)
  • Décédé le 14 août 1979 à Asho (Inde)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er juin 1954
Département
Etablissements français de l’Inde
Groupe
Union démocratique et socialiste de la Résistance

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 29 juillet 1894 à Pondichéry (Etablissements français de l'Inde)

Décédé le 14 août 1979 à Asho (Inde)

Député des Etablissements français de l'Inde de 1951 à 1954

Edouard Goubert est né le 29 juillet 1894 à Pondichéry, territoire fondé par les Français en 1674 et capitale historique des Etablissements français de l'Inde. C'est dans l'administration de Pondichéry qu'Edouard Goubert choisit de faire carrière : il occupe les fonctions de greffier en chef au Tribunal de première instance de Pondichéry lorsqu'il se présente à la députation dans la circonscription de l'Inde française, à la faveur d'un « concours de circonstances » - ainsi qu'il l'affirme dans ses engagements électoraux. Ceux-ci sont par ailleurs d'une extrême concision ; il s'y engage, notamment à « donner à nos territoires un peu de verdure » et à « assurer, dans la mesure du possible, une vie heureuse et paisible à tout citoyen, même à l'adversaire raisonnable et conscient ».

Candidat à l'unique siège à pourvoir, sous l'étiquette « apparenté UDSR », Edouard Goubert, qui jouit d'une très forte popularité, remporte l'élection à une écrasante majorité, recueillant 90 053 voix sur 90 656 suffrages exprimés.

Membre de la Commission de la marine marchande et des pêches, Edouard Goubert est élu le 28 août 1951 juge titulaire de la Haute cour de justice ; il n'est l'auteur que d'une seule proposition de résolution, déposée le 31 juillet 1951, tendant à inviter le gouvernement à accorder un secours aux populations des Etablissements français de l'Inde en raison d'une sécheresse exceptionnelle qui, depuis quatre ans, prive les populations des ressources céréalières indispensables.

Edouard Goubert vote pour les lois Barangé et Marie (21 septembre 1951) en faveur de l'enseignement privé, pour la ratification du traité instituant la Communauté européenne du charbon et l'acier (13 décembre 1951), pour l'investiture d'Antoine Pinay (6 mars 1952), puis de Joseph Laniel (26 juin 1953).

La question des Etablissements français de l'Inde se pose avec une nouvelle acuité au début de 1954. Les revendications indiennes se font plus pressantes. Il semble que l'Inde ne veuille plus s'en tenir à l'accord franco-indien de 1948 stipulant que la population des Comptoirs français déciderait par référendum de son avenir, accord qui avait pourtant été appliqué à son profit quand Chandernagor, le 19 juin 1949, avait opté massivement pour le rattachement à l'Union indienne.

L'activité parlementaire d'Edouard Goubert connaît son terme en 1954. D'origine indienne, il prend une part active et parfois violente dans la lutte pour le rattachement de Pondichéry à l'Union indienne. Il fait, en effet, l'objet le 29 juin, d'une levée d'immunité parlementaire ; les faits, qui sont rappelés par Lucien Coudert, rapporteur de la Commission des immunités parlementaires appelée à statuer sur une demande en autorisation de poursuites, portent la marque des tensions extrêmes du contexte de décolonisation : il est reproché à Edouard Goubert d'avoir, au mépris des articles 80-1 et 83-3 du Code pénal, entrepris de soustraire à l'autorité de la France un territoire sur lequel s'exerce cette autorité et d'avoir ainsi porté atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat.

Plus précisément, Edouard Goubert est poursuivi pour avoir demandé le rattachement sans référendum des territoires français de l'Inde à l'Union indienne : durant le mois de mars 1954, Edouard Goubert parcourt le territoire de Pondichéry, multipliant des conférences qui sont autant d'appels à la rébellion, accompagné notamment du consul général de l'Inde à Pondichéry ; le 30 mars et le 3 avril, il est à la tête de deux coups de force qui soustraient de facto deux communes, Nettapacom et Caréambattour, à l'autorité française.

Dans une longue lettre qu'il adresse, le 26 mai 1954, au président de l'Assemblée nationale, Edouard Goubert se livre à un violent procès de l'administration française, et justifie sa conduite : « c'est dans [d]es circonstances (...) à la fois humiliantes et révoltantes, que force me fut donc de quitter la ville de Pondichéry à la date du 25 mars 1954, afin de pouvoir au moins, du dehors, et des régions libérées du despotisme français, lutter comme il le convenait, en de pareilles occasions, contre les usurpateurs du pouvoir, contre les excès et abus des fonctionnaires sans conscience ». Il poursuit : « ...autant j'aime le peuple français qui n'est pas sorti de la France, autant je me vois bien contraint de détester les Français qui se trouvent en fonction dans les territoires d'outre-mer, à part, bien entendu, quelques rares exceptions ». La conclusion de la lettre qu'il adresse au président de l'Assemblée nationale est radicale : « ...en conséquence, je tiens à souligner ici que ma résolution est fermement prise à cet égard, et que mon grand désir est de voir les Français quitter le sol indien, comme l'ont fait à temps, si correctement et si justement, les Anglais ».

La proposition de résolution tendant à lever l'immunité parlementaire d'Edouard Goubert est adoptée, et seul le groupe communiste, par la voix de Henri Thamier, refuse d'y joindre ses voix. Le combat d'Edouard Goubert est cependant couronné de succès : l'année 1954 voit le rattachement de facto des territoires de Karikal, Mahé et Pondichéry à l'Union indienne ; Edouard Goubert cesse naturellement à cette date de prendre part à aucun vote, et interrompt toute activité parlementaire nationale.

Il décède à Asho, dans le district de Bangalore, le 14 août 1979.



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