Ernest Granger

1844 - 1914

Informations générales
  • Né le 20 avril 1844 à Mortagne (Orne - France)
  • Décédé le 21 mai 1914 à Macé (Orne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Seine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 20 avril 1844 à Mortagne (Orne), mort le 21 mai 1914.

Député de la Seine de 1889 à 1893.

De souche mi-paysanne mi-bourgeoise, il fit ses études au lycée de Versailles. Il commença l'étude du droit puis l'abandonna pour se lancer dans la politique ; ceci lui valut parfois quelques ennuis ; ainsi en 1866 il fut condamné à quatre mois de prison pour cris séditieux. Avec ses amis Eudes et Tridon il prit, sous la direction de Blanqui, une part très active à l'organisation et au recrutement d'une société secrète ayant pour objet le renversement de l'Empire. Il fut le 14 août 1870, avec Blanqui et Eudes, l'un des instigateurs de l'attaque tentée contre la caserne de la Villette dans le but de s'emparer des armes qu'elle contenait. Resté à Paris, après cette affaire, il prit part avec son ami Pilhes, ancien représentant du peuple à la dernière manifestation contre l'Empire, le 3 septembre, boulevard des Capucines. Le 4 septembre, il fut au nombre des envahisseurs de la salle des séances du Corps législatif. Il fut alors l'un des rédacteurs de La Patrie en danger, journal fondé par Blanqui. Elu chef du 159e bataillon de la garde nationale, il prit part, le 31 octobre, avec son bataillon et les quatre autres bataillons blanquistes, à l'envahissement de l'Hôtel de ville. Il fut révoqué avec tous les chefs de bataillon qui avaient participé à cette insurrection. Réélu par le 159e, il ne fut jamais reconnu par la Place. Le 18 mars, il reprit le commandement du 159e bataillon et fit déposer les armes à deux bataillons d'infanterie à Belleville. Pendant la Commune, il accepta la mission de rechercher Blanqui dont le gouvernement tenait caché le lieu de détention et de préparer son évasion éventuellement ; cette mission fut interrompue par la chute de la Commune et le transfert de Blanqui à Morlaix. Ernest Granger se réfugia alors à Londres. De retour à Paris, il fut l'un des principaux rédacteurs du journal Ni Dieu, Ni Maître, fondé par Blanqui. Disciple et admirateur de Blanqui, il lui offrit l'hospitalité lors de sa sortie de Clairvaux ; c'est chez lui d'ailleurs que ce dernier devait mourir.

Ernest Granger fut l'un des fondateurs du comité révolutionnaire central. Rédacteur à L'Homme libre, il devint, après la mort d'Eudes, rédacteur en chef du Cri du peuple. Il rompit avec Vaillant et Chauvière quand ceux-ci prirent la résolution de maintenir contre Henri Rochefort la candidature de Susini. Il se rallia avec Ernest Roche au programme du général Boulanger : révision, constituante, référendum. Il sera alors en opposition avec le comité révolutionnaire central, dont il s'était séparé, le comité central socialiste révolutionnaire auquel se rallièrent plusieurs comités blanquistes.

Ernest Granger se présenta aux élections de 1889, à Paris, dans le XIXe arrondissement (2e circonscription). Il fut élu au deuxième tour de scrutin par 4.827 voix sur 6.535 inscrits ; son adversaire, Cattiaux, n'obtint que 2.272 voix. A la Chambre, il s'occupa essentiellement du problème de l'amnistie et de questions sociales.

Il ne se représenta pas aux élections de 1893 et mourut le 21 mai 1914.


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