Louis Henrique-Duluc

1846 - 1906

Informations générales
  • Né le 31 juillet 1846 à Vico (Corse-du-Sud - France)
  • Décédé le 5 juin 1906 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Etablissements français de l’Inde
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Etablissements français de l’Inde
Groupe
Union démocratique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 31 juillet 1846 à Vico (Corse), mort le 5 juin 1906 à Paris (7e).

Député de l'Inde de 1898 à 1906.

Louis Duluc est né à Vico (Corse) où son père était receveur de l'enregistrement et des douanes. Engagé volontaire en 1870, il se distingua au siège de Belfort et embrassa un temps la carrière militaire. Il fut officier d'infanterie avant de devenir, de 1880 à 1881, secrétaire général de la préfecture de l'Aube. Il s'orienta ensuite vers le journalisme et se spécialisa dans les questions coloniales. Il fonda en 1882 L'avenir des colonies, organe qui prit bientôt une certaine importance. Il fut choisi en 1883 comme délégué de Saint-Pierre-et-Miquelon au Conseil supérieur des colonies et créa cette même année la Société française de colonisation dont il assura le secrétariat général.

Il fut nommé en 1889 commissaire de la section des colonies françaises à l'Exposition internationale de Paris et en 1893 organisa la section des colonies françaises à l'Exposition internationale de Chicago. Il publia, à cette occasion, un ouvrage en six volumes Les colonies françaises illustrées ainsi qu'un rapport remarqué sur l'Algérie, la Tunisie et les autres colonies françaises à l'exposition de Chicago. La même année, il prit la direction du journal La politique coloniale qui, sous son impulsion, est devenu l'une des principales publications françaises du genre. Il devait devenir bientôt président du syndicat de la presse coloniale.

Aux élections législatives du 8 mai 1898, il fut élu député de l'Inde française par 31.975 voix contre 17.485 à Paul Bluysen, libéral, et 9 voix à Pierre Alype, député sortant, contre lequel il avait porté de violentes attaques personnelles. Il fut réélu au renouvellement du 27 avril 1902 par 30.545 voix contre 1.991 à Yves Guyot, ancien député, et 166 à Bluysen. Il fut battu aux élections du 6 mai 1906 par Lemaire, ancien gouverneur des colonies, qui obtint 17.011 voix, alors qu'il n'en obtenait lui-même que 14.260.

Pendant sa carrière parlementaire, il adhéra à la gauche radicale et à l'union démocratique de la Chambre et fut membre d'importantes commissions comme celle de l'armée, de la presse, et de la commission des affaires extérieures, des protectorats et des colonies.

Radical de gouvernement, il soutint les ministères Waldeck-Rousseau et Combes de ses votes et de son influence. Il prit également une part active aux travaux parlementaires et défendit les intérêts de la colonie qu'il représentait. Il a été ainsi à l'origine de l'article 33 de la loi de finances pour 1901 qui a accordé aux colonies l'autonomie financière et a fait voter un amendement réduisant les taxes postales sur les journaux expédiés des ou aux colonies.

Il essaya aussi d'obtenir du gouvernement la réorganisation du corps des cipayes de l'Inde française afin d'améliorer la défense de la colonie.

Adversaire de l'ingérence religieuse dans l'enseignement, Henrique-Duluc a obtenu la laïcisation du collège de Pondichéry. Cette mesure, qui portait atteinte au prestige de la mission catholique dans l'Inde lui valut de violentes attaques personnelles et fut sans doute à l'origine de l'action judiciaire intentée contre l'un de ses partisans les plus dévoués, M. Chanemongan, conseiller général, qui fut accusé de concussion. Parallèlement à ses activités politiques, Henrique-Duluc poursuivit ses travaux de journaliste et ses publications. Il devint, en 1900, directeur politique du journal Le Voltaire et publia un ouvrage en trois volumes intitulé Nos contemporains.

Il est décédé le 5 juin 1906, moins d'un mois après son échec aux élections générales, à l'âge de 60 ans. Il était officier de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique, grand-officier des Ordres de l'Annam, du Cambodge, du Nichan et Grand croix de l'Etoile noire.



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