Michel Jacquet

1907 - 1976

Informations générales
  • Né le 16 février 1907 à Saint-etienne-le-molard (Loire - France)
  • Décédé le 9 avril 1976 à Saint-etienne-le-molard (Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 mai 1952 au 1er décembre 1955
Département
Loire
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Loire
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Loire
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Loire
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Loire
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Loire
Groupe
Républicains indépendants
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 avril 1973 au 9 avril 1976
Département
Loire
Groupe
Républicains indépendants

Biographies


Né le 16 février 1907 à Saint-Étienne-le-Molard (Loire)

Décédé le 9 avril 1975 à Saint-Étienne-le-Molard

Député de la Loire de 1952 à 1958

Né le 16 février 1907 d'une famille d'agriculteurs implantée à Saint-Étienne-le-Molard depuis plus de trois siècles, Michel Jacquet, qui s'est toujours plu à évoquer cet enracinement local et terrien, éprouvait une seconde fierté quant à ses origines : depuis les débuts de la Troisième République, la famille Jacquet avait tenu la mairie, faisant d'elle une sorte d'aristocratie municipale légitimée périodiquement par le suffrage universel.

Le jeune Michel étudie à l'institution Victor de Laprade à Montbrison, puis s'engage à son tour dans la profession agricole (et plus tard, le commerce des vins) dans son village natal, où il épouse Jeanne Denis dont il aura trois enfants. Maire de Saint-Étienne-le-Molard de 1943 à sa mort, il s'oriente progressivement vers une action politique de plus grande envergure : élu en 1949 conseiller général du canton de Boën sur Lignon, (il exerce ce mandat jusqu'en 1970) il se présente, à l'occasion d'une élection législative partielle le 18 mai 1952, à la fonction de représentant du peuple français, avec le patronage d'Antoine Pinay, son voisin de département, alors ministre des finances et président du Conseil. Sa culture politique sera d'ailleurs très proche de celle d'Antoine Pinay, attaché à améliorer la condition des catégories les moins favorisées par la consolidation de la monnaie, la restauration de la confiance et la sécurité des biens.

C'est sous l'étiquette du Centre national des Indépendants, des paysans et d'action républicaine et sociale que Michel Jacquet se présente à l'élection partielle des 4 et 18 mai 1952 qui avait pour objet de remplacer Madame Bastide, députée communiste décédée. La liste menée par Michel Jacquet, avec 141 270 des 231 300 suffrages exprimés, recueille une confortable majorité des voix et devance largement sa rivale communiste qui n'obtient que 73 112 voix.

Michel Jacquet est nommé membre de cinq commissions : famille, population et santé publique ; intérieur ; territoires d'outre-mer ; travail et sécurité sociale ; il est enfin membre titulaire de la Commission des immunités parlementaires. Son travail législatif est réduit : il dépose, le 13 juillet 1955, une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à étudier avec bienveillance la situation au regard de l'allocation de salaire unique des travailleurs salariés exploitant des parcelles de terrain. Il intervient à cinq reprises, sur des questions rurales ou générales, par exemple le 31 décembre 1953, pour défendre une augmentation de 10% de l'allocation aux vieux travailleurs salariés. Mais le fait marquant de son mandat est qu'il est nommé secrétaire de l'Assemblée nationale peu avant la fin de la législature, le 4 octobre 1955.

Michel Jacquet vote l'investiture à Joseph Laniel le 26 juin 1953, et s'abstient volontairement lors de celle de Pierre Mendès France, le 17 juin 1954. Il tente en vain de sauver le projet de Communauté européenne de défense (CED) le 30 août 1954, en votant contre la question préalable opposée par Édouard Herriot et le général Aumeran à la discussion du projet de ratification du traité. Le 12 octobre 1954, il s'abstient volontairement lors du vote en faveur des accords de Londres qui mettent un terme à l'occupation de l'Allemagne, et fait de même lors du vote sur les accords de Paris le 29 décembre, qui permettent le réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN. Il accorde sa confiance à Edgar Faure en 23 février 1955, et le soutient encore lors de la chute de son cabinet, le 29 novembre 1955.

La réélection de Michel Jacquet, second sur la liste du CNI le 2 janvier 1956, est facilitée par le prestige d'Antoine Pinay qui en prend la tête, et par un apparentement avec les listes UDSR et MRP, apparentement qui, avec 103 006 des 328 899 suffrages exprimés, remporte trois sièges (le troisième allant à Georges Bidault). Les cinq autres se répartissent entre les communistes (deux sièges), les socialistes (deux sièges) et les poujadistes.

A l'Assemblée nationale, Michel Jacquet va retrouver son poste de secrétaire au bout de quelque temps, le 2 octobre 1957. Entre-temps, il est nommé membre de la Commission de l'agriculture, de la Commission du travail et de la sécurité sociale, de celle des pensions, de celle des moyens de communication et du tourisme, enfin de celle de la famille, de la population et de la santé publique. Son activité reste modérée et éclectique : agriculture ; réglementation des tracts, affiches et brochures ; réglementation de l'utilisation de certains produits capillaires ; etc.

Il dépose également deux propositions de résolution dont l'impact va être plus important : le 19 décembre 1957, il invite le gouvernement à rétablir l'exemption de service en Tunisie et au Maroc en faveur des militaires du contingent dont un proche parent est mort pour la France ou dont un frère ou un demi-frère est appelé au service en Algérie ; et le 7 février 1958, il l'invite à exonérer de l'impôt sur le revenu les soldes des militaires opérant en Afrique du Nord.

Son combat pour toute mesure permettant d'améliorer les conditions de vie des militaires français en Afrique du Nord fait l'objet de ses deux interventions à la tribune ; visant le décret du 7 mai 1957 enlevant aux militaires appelés et maintenus en Afrique du Nord le bénéfice de l'indemnité exceptionnelle de service, il déclare le 4 février 1958 : « L'impôt du sang se suffit à lui seul. Mais qu'on ne vienne pas y ajouter, sous le fallacieux prétexte d'économie, une aggravation de la situation de ceux qui, là-bas, accomplissent tout leur devoir, parfois même beaucoup plus. » Il s'en prend, un peu plus tard, aux effets néfastes des « innombrables sursis pris pour les besoins de la cause dans les différentes facultés, au conservatoire des arts et musique, où de pseudo étudiants ne recueillent que les lauriers d'un absentéisme permanent facilement vérifiable. »

Michel Jacquet s'abstient volontairement lors du vote de confiance au gouvernement Guy Mollet (25 octobre 1956), mais soutient le programme de M. Bourgès-Maunoury (12 juin 1957). Il vote pour la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique (9 juillet 1957) ; il accorde au gouvernement les pouvoirs spéciaux en Algérie le 12 novembre 1957. Lors de la crise qui emporte la Quatrième République, il s'oppose en vain à l'investiture de Pierre Pflimlin (13 mai 1958), vote pour la révision de la Constitution (27 mai 1958) et soutient l'investiture du général de Gaulle (1erjuin 1958), de même qu'il accorde, le 2 juin 1958, les pleins pouvoirs au gouvernement.

Sous la Ve République, Michel Jacquet sera constamment réélu par la 7e circonscription de la Loire et sera notamment questeur de l'Assemblée nationale de 1958 à 1962, puis de 1966 jusqu'à son décès, en exercice, qui survient le 9 avril 1975 des suites d'une longue maladie.



JACQUET (Michel, Claudius)
Né le 16 février 1907 à Saint-Etienne-le-Molard (Loire)
Décédé le 9 avril 1975 à Saint-Etienne-le-Molard

Député de la Loire de 1952 à 1976

Quand Michel Jacquet fut réélu député en novembre 1958, il était depuis plusieurs années déjà, avec Max Fléchet, le plus fidèle lieutenant d’Antoine Pinay dans la Loire, représentant le plus en vue des cantons ruraux du département, les deux autres hommes étant, quant à eux, élus de petites villes industrielles.
Né dans le village de Saint-Etienne-le-Molard, marié le 31 mai 1930 avec Jeanne Denis, il était père de trois enfants : Marguerite, née en 1931 ; Antoine-Jean, né en 1936 ; Anne-Marie, née en 1938. Il avait pris la succession de l’exploitation agricole familiale – avant de devenir un petit négociant en vins, employant cinq salariés – puis celle de la mairie à laquelle s’étaient succédés, sans discontinuité depuis les débuts de la IIIe République, son arrière-grand-père, son grand-père et son père, Joannès. Le 5 août 1943, il fut élu maire. Le même jour, un arrêté préfectoral suspendit le conseil municipal et confia la gestion de la commune à une délégation spéciale sous la direction du maire à peine élu. Il fut maintenu en place à la Libération et fut élu conseiller municipal le 29 avril 1945 puis maire le 18 mai. Régulièrement reconduit dans ses fonctions en 1947, 1953, 1959, 1965 et 1971, il ne cessa jusqu’à sa mort de s’occuper de sa commune, patronnant encore en 1972 la création d’un club de football (« L’Étoile sportive ») et, en 1975, celle d’un club de jeunes (« Mille-club Le Céladon »).
En octobre 1949, il avait été élu conseiller général du canton de Boën-sur-Lignon, avec l’investiture de l’Union des républicains indépendants de la Loire, l’organisation partisane mise en place dans le département en 1946 par Antoine Pinay pour soutenir son retour au Parlement après la levée de son inéligibilité. Bien qu’intégrée officiellement dans le Centre national des indépendants et paysans en 1956 seulement, l’URI n’en était pas moins le représentant du CNIP dans le département depuis le début des années cinquante, son président, le député-maire de Saint-Chamond, étant même depuis janvier 1953 le « président d’honneur » du Centre national. Michel Jacquet avait été vite remarqué par celui-ci et il fut placé en septième position de la liste d’union CNIP-MRP-UDSR formée en vue des élections législatives du 17 juin 1951. Le décès de Denise Bastide, députée communiste de la Loire, au début de l’année 1952 fut l’occasion pour les indépendants de promouvoir un représentant des zones rurales du département. L’élection partielle des 4 et 18 mai 1952 fut remportée assez triomphalement par le maire de Saint-Étienne-le-Molard, élu au second tour avec deux tiers des suffrages face au candidat du PCF. Responsable de l’URI pour les arrondissements de Roanne et de Montbrison, il installa sa permanence dans les locaux de l’hebdomadaire Le Courrier républicain de Roanne (10 000 exemplaires). Intervenant peu au Palais-Bourbon, il n’en était pas moins un fidèle relais du secrétariat général du CNIP. En mars 1957, dans le cadre des rapprochements politiques négociés par Roger Duchet au nom de la lutte contre le Front de libération nationale en Algérie, il entra au bureau du Comité français pour une alliance France-Israël, initié l’année précédente par Jacques Soustelle. À l’été 1957, il participa, avec Henri Thébault, député-maire d’Angoulême, à la création du Centre d’études et de documentation parlementaires, satellite du Centre national.
Le 23 novembre 1958, investi par le CNIP, Michel Jacquet se présenta dans la 7e circonscription de la Loire, qui couvrait à peu près l’arrondissement de Montbrison. Il dut affronter non seulement deux candidats de gauche (Christophe Alexandre, PCF, 5 062 voix, et Armand Bazin, SFIO, 5 270 voix), mais aussi un candidat gaulliste (Pierre Desgranges, député du RPF de 1951 à 1956, 9 704 voix) et deux candidats modérés : Jean Pupat (7 132 voix), député « paysan » de 1951 à 1956, proche de Paul Antier, l’ancien président du Parti paysan d’union sociale (formation adhérente au CNIP depuis 1951) désavoué pour avoir rallié Pierre Poujade en 1957, et Marius Vicard (6 960 voix), conseiller général de Montbrison, ancien membre de l’URI en rupture de ban par refus de la politique économique résolument modernisatrice impulsée dans la Loire par Antoine Pinay. Michel Jacquet, avec 12 104 suffrages, gagnait un millier de voix par rapport à 1956 dans les neuf cantons formant la 7e circonscription. Resté seul en lice face au candidat socialiste, il l’emporta aisément le 30 novembre (29 436 voix contre 13 415), bénéficiant d’un bon report des voix des électeurs qui s’étaient portées sur les deux candidats modérés. Il ne rassembla en revanche que la moitié des électeurs gaullistes du premier tour.
Il se réinscrivit au groupe indépendant et paysan d’action sociale (IPAS), présidé par Henry Bergasse, et fut désigné questeur de l’Assemblée. Élu membre de la commission des Lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, il ne fit aucune intervention à la tribune tout au long de la législature. Il resta jusqu’au bout un partisan de l’Algérie française, sans toutefois jamais s’engager ouvertement au Palais-Bourbon aux côtés de ses collègues les plus ultras du groupe IPAS, emmenés par François Valentin, Henry Trémolet de Villers et Jean-Marie Le Pen. Mais Le Courrier républicain de Roanne n’approuvait pas la politique algérienne du chef de l’État et, quand celui-ci fut ouvertement menacé lors du « putsch des généraux » en avril 1961, le maire de Saint-Étienne-le-Molard se garda bien de faire adopter par le conseil municipal un vœu en faveur de Charles de Gaulle. Il manoeuvra en revanche contre le maire de Montbrison, André Mascle (CNIP), qui avait publiquement condamné le putsch et celui-ci fut bientôt remplacé à la mairie du chef-lieu d’arrondissement par Louis Croizier, premier adjoint hostile à l’indépendance de l’Algérie. Michel Jacquet, toujours très proche d’Antoine Pinay, avait bien conscience de l’impossibilité, vu le rapport des forces du moment, de s’opposer frontalement au président de la République. Il s’abstint le 27 avril 1962 lors du vote d’approbation de la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre, Georges Pompidou.
À l’automne, le « Cartel des non » s’étant constitué, il sortit de sa réserve. Le 4 octobre, il vota la motion de censure qui mit le gouvernement en minorité et entraîna la dissolution de l’Assemblée nationale, puis il appela à voter « non » au référendum du 28. Il se présenta aux élections législatives anticipées avec l’investiture du CNIP. Le 18 novembre, il affronta ses deux adversaires de gauche déjà en lice quatre ans plus tôt (PCF : 5 035 voix ; SFIO : 8 627 voix) ainsi que Claude Brouillet, candidat de l’UNR, qui obtint 10 085 suffrages. Le député sortant, assisté du même candidat suppléant qu’en 1958, Louis Croizier, avec 16 614 suffrages, démontra qu’il avait encore consolidé sa position. Le 25 novembre, il l’emporta assez aisément (18 825 voix, 43,6%) face à Armand Bazin (13 246 voix) et au candidat gaulliste qui s’était maintenu (11 089 voix). Mais, à l’échelle du pays, avec 29 élus contre 123 sortants, la déroute électorale du CNIP était complète. Michel Jacquet prouva alors une fois de plus son absolue fidélité à Antoine Pinay. Celui-ci, revenu dans le jeu politique national depuis une année environ, misait désormais sur un regroupement des antigaullistes européistes. Comme Camille Laurens, devenu un an plus tôt secrétaire général du Centre national, il appela les élus indépendants à rejoindre le groupe du MRP, rebaptisé « groupe du Centre démocratique » pour manifester cette volonté partagée de voir les opposants de droite et du centre au chef de l’État se réorganiser. Mais seuls sept députés IPAS, dont le député-maire de Saint-Étienne-le-Molard, suivirent la consigne.
Michel Jacquet adhéra donc au groupe du CD. Il mit du temps à trouver sa nouvelle place au Palais-Bourbon. Membre de la commission de la Production et des Échanges en 1962-1963, de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales en 1964-1965, de la commission de la Défense nationale et des Forces armées en 1966-1967, il fut dès 1962 élu membre suppléant de la délégation de l’Assemblée nationale dans les Assemblées consultatives du Conseil de l’Europe et de l’Union de l’Europe occidentale. Le 28 juin 1966, il retrouva sa fonction de questeur qu’il conserva jusqu’à sa mort, œuvrant dès lors avec constance à l’amélioration de la gestion et du fonctionnement quotidiens de l’Assemblée. Il intervint douze fois à la tribune au cours de la législature, essentiellement sur les questions touchant au monde rural, aux zones d’économie de montagne et au problème de l’adduction d’eau dans les petites communes. Le 5 mars 1967, il se représenta dans la 7e circonscription de la Loire, avec cette fois-ci la double investiture du CNIP et du Centre démocrate. Il affronta encore trois adversaires : Jean Anglard (PCF, 5862 voix), Armand Bazin (FGDS, 10 691 voix) et André Mascle (14 307 voix) qui, passé à l’UNR en 1962, avait récupéré la mairie de Montbrison en 1965. Avec 17 527 suffrages, il améliorait son score de 1962. Il l’emporta le 12 mars avec 19 381 voix contre 14 109 au candidat gaulliste et 16 092 au candidat de la FGDS soutenu par le PCF.
Membre depuis sa création en 1966 et vice-président depuis mars 1967 du groupe parlementaire Progrès et démocratie moderne, présidé par Jacques Duhamel, il retrouva la questure et fut élu membre de la commission des Affaires étrangères. Il présenta deux propositions de loi au cours de cette brève législature : l’une pour rétablir le mérite social (n° 154, 27 avril 1967) ; l’autre pour modifier le calendrier, toujours régi par une loi de 1871, des sessions ordinaires des conseils généraux (n° 788, 10 mai 1968). Il n’intervint à la tribune qu’une seule fois, dénonçant l’insuffisance des crédits alloués aux travaux d’adduction d’eau et d’assainissement dans les communes rurales (8 novembre 1967). Comme l’immense majorité des parlementaires, les événements du printemps 1968 le surprirent et marquèrent une étape importante dans sa carrière politique. Alors qu’il avait été jusque-là un antigaulliste convaincu, il se rapprocha soudain du régime et choisit de soutenir le gouvernement menacé par « l’anarchie », pour reprendre une expression de sa profession de foi électorale rédigée au mois de juin. Il fut ainsi l’un des huit députés du groupe PDM qui ne votèrent pas le 22 mai la motion de censure déposée par les gauches. Le 23 juin, il fut à nouveau candidat aux élections législatives anticipées, mais dans une configuration politique assez nouvelle. Face aux deux candidats des gauches, déjà présents l’année précédente (PCF : 5 385 voix ; FGDS : 9 750 voix), Michel Jacquet n’eut, pour la première fois, pas d’adversaire gaulliste. En revanche, outre un candidat sans étiquette, Jean Chaland (4 423 voix), il affronta un candidat présenté par le Centre démocrate qu’il venait de quitter : Henry Lambey, minotier, maire de Cuzieu et candidat suppléant du député sortant en 1967. Avec 23 773 suffrages, il obtint le meilleur score de toute sa carrière de député, manquant de peu d’être élu dès le premier tour. Seul face à Armand Bazin le 30 juin, il rassembla 29 207 voix, soit autant, à quelques unités près, que dix ans plus tôt.
Investi par la Fédération nationale des républicains indépendants de Valéry Giscard d’Estaing, le député de Montbrison quitta le groupe PDM pour s’inscrire au groupe des RI que présidait Raymond Mondon, retrouvant, après six ans de séparation, bon nombre de ceux de ses anciens collègues du groupe IPAS qui étaient passés au « giscardisme » dès 1962. Il siégea bientôt au comité directeur de la FNRI. À nouveau questeur de l’Assemblée, il fut élu membre de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales. Il déposa deux propositions de loi : l’une à nouveau relative aux dates des sessions ordinaires des conseils généraux (n° 143, 19 juillet 1968) ; l’autre en vue de modifier le Code pénal sur la question de l’abandon de famille (n° 2517, 30 juin 1972). Il intervint trois fois en séance : sur la garde des enfants en cas de divorce des parents (5 novembre 1969 et 9 avril 1970) et, sujet qui lui était cher, sur l’agriculture (amendement – concernant le reboisement – au projet de loi sur la mise en valeur des régions d’économie de montagne, 18 novembre 1971). Il posa une question orale à propos des dispenses de service militaire – un thème qu’il avait déjà eu l’occasion d’aborder plusieurs fois à l’époque de la guerre d’Algérie (24 juillet 1970) – et une question d’actualité au Premier ministre sur la crise de l’emploi dans le bassin industriel de Montbrison (17 novembre 1972).
Candidat investi par la FNRI et soutenu par l’UDR aux élections législatives de 1973, il subit une sensible érosion de son influence électorale. Il avait déjà subi un échec en mars 1970, ne retrouvant pas son siège de conseiller général de Boën-sur-Lignon. Probable résultat de son passage dans la majorité au pouvoir au moment où celle-ci affrontait les gauches unies autour du « Programme commun ». Le 4 mars, il recueillit 14 771 suffrages, face à sept candidats : Jean Anglard (PCF ; 6 626 voix) ; Maurice Plasse (PSU ; 3 115 voix) ; Claudius Granger (PS ; 8 237 voix), René Bonnefoux (CD-Mouvement des réformateurs ; 4 577 voix), Jean Chaland (sans étiquette ; 4 221 voix) ; Maurice André (CNIP ; 7 035 voix) ; Annie Berginiat (Front national ; 1 102 voix). Mais la bipolarisation grandissante de la vie politique le servit au second tour. Seul face au candidat socialiste (22 472 voix), il remporta 28 142 voix (55,5%) et retrouva son siège.
À nouveau questeur, membre du groupe RI et membre de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales, il n’intervint plus en séance au Palais-Bourbon. Il déposa toutefois une ultime proposition de loi en vue de modifier le Code de la Santé publique sur les règlements de la profession des auxiliaires médicaux (n° 551, 28 juin 1973). Il décéda d’un cancer le 9 avril 1976. Son éloge funèbre fut prononcé le 20 avril et Michel Poniatowski, ministre d’État, s’y associa officiellement au nom du gouvernement. Lui succéda son suppléant, Henri Bayard, chef de service dans une verrerie, maire de Veauche et conseiller général de Saint-Galmier depuis 1972 – il avait d’ailleurs été choisi précisément pour compenser l’influence déclinante de Camille Passot, candidat suppléant en 1968, pharmacien et maire de Saint-Galmier qui avait perdu la mairie en 1971.
Michel Jacquet, grand amateur de musique classique et chanteur liturgique à ses heures, aimait aussi écrire des poèmes, sans avoir toutefois jamais voulu les publier. Ancien élève de l’institution secondaire Victor Richard de Laprade (écrivain catholique montbrisonnais du XIXe sicle) à Montbrison, il n’eut pas le temps de réaliser son projet d’ouvrage sur Honoré d’Urfé, écrivain du XVIe siècle dont le château se situait sur le territoire de Saint-Étienne-le-Molard. Il était membre du groupe d’amitié France-Tchécoslovaquie.

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