Joseph Klock

1908 - 1967

Informations générales
  • Né le 4 février 1908 à Brouderdorff (Moselle - France)
  • Décédé le 18 avril 1967 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Bas-Rhin
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Bas-Rhin
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 4 février 1908 à Brouderdorff (Moselle)

Décédé le 18 avril 1967 à Strasbourg (Bas-Rhin)

Député du Bas-Rhin de 1951 à 1958

Joseph Klock est né le 4 février 1908 dans un petit village de Moselle, Brouderdorff. Issu d'une famille d'ouvriers et de paysans, il fait de brillantes études secondaires à Metz, puis entame en 1926 des études universitaires de lettres et d'économie à Strasbourg puis à Göttingen. Âgé d'à peine vingt-et-un ans, il se lance, en 1929, dans les luttes syndicales : il organise l'action des ouvriers de l'industrie du verre de la région de Sarrebourg, Lutzelbourg, Vallérystal et Trois-Fontaines, et devient, sur les instances de Camille Bilger, Henri Meck et Ernest Thiele, secrétaire des Syndicats chrétiens. Avec la grève des ouvriers de Vallérystal, qui dure quatorze semaines, Joseph Klock devient l'avocat du monde ouvrier de la Moselle. Il s'installe la même année à Metz et devient l'un des militants les plus actifs de l'Action catholique lorraine.

Joseph Klock fonde en 1932 la cristallerie de Hartzwiller, coopérative ouvrière de production qui est inaugurée en présence de Jules Zirnheld, président de la CFTC. Il suit aussi les cours de l'Ecole normale ouvrière de Bierville, près de Paris, et prend contact avec Marc Sangnier, l'animateur du Sillon.

Joseph Klock devient en 1935 secrétaire général de l'union régionale des syndicats chrétiens d'Alsace et de Lorraine ; il collabore, avec Ernest Thiele et le chanoine Billing, aux travaux de secrétariat social et aux conférences de l'Institut Léon XIII. Il est élu membre du Conseil supérieur du travail en 1936 et devient, la même année, délégué confédéral de la CFTC pour la région de l'Est.

Ernest Thiele décède brutalement en 1938 ; Joseph Klock prend alors sa succession à la Conférence internationale du travail à Genève et au secrétariat administratif de la Fédération internationale des syndicats chrétiens d'employés. Pendant ces années, Joseph Klock sillonne constamment la région de l'Est, à la fois comme orateur et militant de l'Action catholique et comme militant du syndicalisme chrétien ; cette connaissance profonde de la vie associative et ouvrière locale lui sera un atout de tout premier ordre lorsqu'il choisira l'engagement politique. Mais pour l'heure c'est la guerre qui menace : mobilisé le 23 août 1939 comme lieutenant au 226e régiment d'infanterie (régiment de Strasbourg), Joseph Klock reste aux bords du Rhin jusqu'au 13 juin 1940, puis suit l'ordre de repli général vers la vallée de la Bluche. Il est fait prisonnier le 22 juin 1940 sur les flancs du Schneeberg, après avoir contribué, avec les restes de sa compagnie, à la couverture du repli de la 5e armée.

De retour à Strasbourg, en septembre 1940, Joseph Klock refuse de poursuivre ses activités politiques sous l'autorité allemande ; après un chômage prolongé, il choisit de travailler pour la Chambre de commerce, ce qui lui permet à la fois de compléter ses études et d'intervenir pour épargner à plusieurs dizaines de commerçants l'incorporation de force.

Le lundi de Pentecôte 1944, Joseph Klock évacue sa famille de Strasbourg et la place à l'abri dans les forêts des Vosges. Il prend le 5 septembre 1944 le commandement du groupe FFI « Charlemagne », conformément à un ordre de mission du 2 septembre 1944 du capitaine Tribout, chef du secteur militaire de la Moselle. C'est revêtu d'un uniforme de lieutenant français que Joseph Klock reçoit, le 20 novembre 1944 l'avant-garde de la 2e DB à Walscheid ; il est ensuite présenté au général Leclerc.

Joseph Klock rentre à Strasbourg le 25 novembre 1944 et reprend immédiatement ses activités d'avant-guerre, au service à la fois du syndicalisme chrétien, de la presse catholique, et du parti chrétien social qui se réforme sous le nom de MRP. Il s'engage aussi dans la vie politique locale : élu au premier tour conseiller général du canton de Marmoutier le 23 septembre 1945, il devient conseiller municipal de Strasbourg le 30 octobre 1947, puis maire-adjoint le 5 mars 1951. Il conservera ces fonctions jusqu'à sa mort.

Candidat aux élections législatives du 17 juin 1951, Joseph Klock figure en cinquième position sur la liste du MRP dans le Bas-Rhin derrière Pierre Pflimlin, Henri Meck, Albert Schmitt et Jean-Pierre Bapst. Cette liste ne bénéficie pas de l'apparentement qu'elle a conclu avec celle de l'Union des indépendants, des paysans et des républicains nationaux. Avec 128 122 voix sur 305 890 suffrages exprimés, la liste du MRP emporte néanmoins cinq des neuf sièges à pourvoir. Trois députés de la liste RPF conduite par Pierre Koenig et un député communiste sont aussi élus.

Joseph Klock est nommé à la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre et à la Commission des affaires économiques. Son activité parlementaire est importante et variée ; elle concerne les questions administratives (proposition de loi du 6 novembre 1951 qui vise à aligner la rémunération des agents des collectivités locales sur celle des fonctionnaires de l'Etat), fiscales (proposition de loi du 19 décembre 1951 tendant à supprimer les droits de mutation en matière de succession en ligne directe et entre époux) et commerciales (proposition de loi du 28 mars 1952 tendant à réprimer la concurrence déloyale). Le 7 octobre 1952, il montre son souci de ressouder la communauté nationale déchirée par la guerre par le dépôt d'une proposition de loi qui vise à lever les sanctions prises au titre de l'épuration administrative.

Opposé à l'échelle mobile des salaires (20 septembre 1951), Joseph Klock se prononce en revanche, le lendemain, pour la proposition relative au compte spécial scolaire, et vote, le 13 décembre, pour le pool charbon-acier. Favorable à Antoine Pinay (5 mars 1952) et à Joseph Laniel (26 juin 1953), il se prononce pour un cessez-le-feu en Indochine (9 mars 1954), soutient le gouvernement après Dien-Bien-Phû (13 mai) puis vote la confiance à Joseph Laniel (12 juin 1954 : chute du gouvernement), avant de s'abstenir volontairement lors de l'investiture de Pierre Mendès France (17 juin). De même, Joseph Klock s'abstient volontairement lors du vote de ratification des accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine.

Européen convaincu, Joseph Klock se prononce contre la question préalable opposée par le général Aumeran et Edouard Herriot à la mise en discussion du projet de Communauté européenne de défense (30 août 1954). Les développements de la question algérienne tendent alors à dominer de plus en plus la vie politique française : il refuse la confiance lors du vote sur la situation en Afrique du Nord (10 décembre 1954), et la refuse à nouveau le 4 février 1955 (chute du gouvernement de Pierre Mendès France). Enfin, après avoir voté l'investiture d'Edgar Faure (23 février), il approuve l'état d'urgence en Algérie (31 mars) et accorde sa confiance à Edgar Faure lors du vote sur le mode de scrutin et la date des élections (29 novembre) : chute du gouvernement). Le 2 décembre 1955, l'Assemblée nationale est dissoute et des élections législatives anticipées doivent donc être organisées.

Candidat au renouvellement de son mandat aux élections législatives de janvier 1956, Joseph Klock est de nouveau en cinquième position sur la liste du MRP, derrière Pierre Pflimlin, Henri Meck, Etienne Lux et Albert Schmitt. Sa liste conclut un apparentement avec celle des Républicains sociaux de Pierre Koenig et celle des Indépendants et paysans de Georges Ritter. Grâce à cette entente électorale, le MRP, qui recueille 147 821 voix sur 344 405 suffrages exprimés, s'adjuge sept des neuf sièges à pourvoir, les deux autres sièges revenant à Georges Ritter et Pierre Koenig.

Nommé à la Commission des affaires économiques, Joseph Klock présente notamment une proposition de résolution, le 10 février 1956, tendant à inviter le gouvernement à limiter l'extension des « magasins à succursales multiples » : « La conjoncture économique actuelle n'étant pas favorable au petit commerce, il apparaît urgent de secourir cette fraction importante de la population qui est aujourd'hui menacée d'asphyxie ». Il déplore le « développement trop rapide » des supermarchés, qui « faussent la concurrence », et suggère par conséquent que celui-ci soit endigué.

Le 25 mai 1956, Joseph Klock dépose, avec quelques collègues, une proposition de résolution visant au déblocage de crédits suffisants pour entretenir les routes nationales : « l'augmentation constante du parc automobile français exige impérieusement une modernisation accélérée de nos routes et un minimum de travaux d'entretien nécessaire à leur conservation, travaux que la pauvreté des dotations budgétaires ne permettent pas de mener à bien. »

Joseph Klock dépose encore, le 5 décembre 1956, une proposition de loi dans l'exposé des motifs duquel, soulignant le caractère « sacré » du drapeau et de l'hymne français, il décrit comme une « profanation » l'exploitation de ceux-ci à des fins commerciales. L'incitation à acheter des produits nationaux, au nom du slogan « Achetez Français » ne justifie pas de tels détournements : « Il est d'autres moyens d'attirer l'attention de la clientèle sur nos produits nationaux et de les identifier comme tels. »

Favorable à l'investiture de Guy Mollet (31 janvier 1956), Joseph Klock ne prend pourtant pas part au vote sur les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars). Il s'abstient volontairement lors de l'investiture de Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957), approuve la ratification des traités sur la CEE et l'Euratom (9 juillet), vote le 13 mai 1958 l'investiture de Pierre Pflimlin, et approuve la loi sur l'état d'urgence le 16 mai. Il vote le projet de révision constitutionnelle (27 mai), accorde le 1er juin 1958 sa confiance au général de Gaulle, puis, le lendemain, approuve les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle.

Joseph Klock se présente le 23 novembre 1958 aux premières élections législatives de la Ve République dans la 2e circonscription du Bas-Rhin. Devancé de six cents voix à peine au soir du premier tour par André Bord, candidat UNR, il est en revanche franchement battu par ce dernier au scrutin de ballottage du 30 novembre.

Il abandonne alors toute ambition nationale et se consacre à ses activités à la mairie de Strasbourg, notamment à la direction des transports urbains et à l'office d'HLM de la ville.

Père de six enfants, Joseph Klock décède prématurément le 18 avril 1967.