Georges Laguerre

1858 - 1912

Informations générales
  • Né le 24 juin 1858 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 17 juin 1912 à Gournay-sur-marne (Seine-St-Denis - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 30 septembre 1883 au 14 octobre 1885
Département
Vaucluse
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Vaucluse
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Seine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 17 juin 1912
Département
Vaucluse
Groupe
Républicain socialiste

Biographies

Député de 1883 à 1889, né à Paris le 24 juin 1858, fils d'un maître clerc de Me Dufour notaire à Paris et ancien député, parent, par sa mère, née Amic, de M. Thiers (Voy. ce nom), il fit ses classes au lycée Condorcet à Paris, et se destina d'abord à l'Ecole militaire de Saint-Cyr ; puis il se tourna vers l'étude du droit, avec l'idée arrêtée d'entrer de bonne heure dans la politique militante, et, reçu avocat, s'inscrivit au barreau de Paris en 1879.

La même année, il fut un des organisateurs du service du bout de l'an célébré en grande pompe à Notre-Dame le jour anniversaire de la mort de l'ancien président de la République. Il fit partie de la conférence Molé, dont il devint le président, manifesta bientôt des opinions radicales en désaccord avec celles de sa famille, et fut présenté à M. Clemenceau qui lui confia la rédaction de la chronique judiciaire à la Justice. En même temps, M. Georges Laguerre acquérait une célébrité précoce en se faisant avec talent le défenseur ordinaire des accusés dans divers procès socialistes ou anarchistes, notamment dans ceux de Lyon, de Saint-Etienne et de Montceau-les-Mines (octobre 1882). Il plaida également, en juin 1883, pour Mlle Louise Michel, dans l'affaire de la manifestation des ouvriers sans travail, et plus tard, contre l'abbé Roussel. Sa notoriété croissante lui fit confier aussi plusieurs causes criminelles célèbres, celles de Campi, de Pel l'horloger de Montreuil, etc.

Il venait de plaider récemment pour quelques accusés grévistes de Montceau-les-Mines, quand la nomination de M. Alfred Naquet comme sénateur de Vaucluse lui permit de se présenter pour le remplacer comme député dans l'arrondissement d'Apt; il fut élu, le 30 septembre 1883, sur un programme radical, par 4,735 voix (8,337 votants, 16,622 inscrits), contre 3,502 au candidat opportuniste, M. Delpech, soutenu par M. Naquet. Il s'assit à la Chambre sur les bancs de l'extrême gauche, suivit d'abord les inspirations de M. Clemenceau, collabora, quelque temps au Matin, et prit une part active aux débats parlementaires ; en juillet 1884, il interpella le gouvernement sur la mort d'un journaliste d'Ajaccio, mort attribuée aux violences exercées par les ordres du préfet de la Corse; réclama, sans succès, la révision, au Congrès qui allait s'ouvrir à Versailles, de l'art. 8 de la Constitution; demanda au Congrès (août) la suppression du Sénat (repoussée à la majorité de 479 voix) ; interpella le gouvernement (novembre) sur la nomination d'un inspecteur général des services administratifs, et se fit le champion de l'amnistie générale de l'impôt sur le revenu, etc.

Inscrit, le 4 octobre 1885, sur la liste républicaine radicale de Vaucluse, il fut réélu député, le 4e et dernier, par 33,202 voix (62,052 votants, 77,730 inscrits); il reprit sa place à extrême gauche, et lorsque M. Clemenceau décida (15 janvier 1886) que l'extrême gauche formerait un groupe ouvert, il se rangea, avec MM. Rochefort et Michelin, du côté de l'intransigeance.

Il vota contre l'expulsion des princes, et. dévoué, à partir de 1887, à la politique du général Boulanger, signa l'interpellation du 11 juillet 1887, sur les « menées cléricales et ultramontaines », interpellation destinée à ébranler le cabinet Rouvier, déjà embarrassé des manifestations boulangistes, et notamment de celle qui avait eu lieu, trois jours auparavant, à la gare de Lyon. Dès le mois précédent, M. Laguerre avait pris la direction du journal la Presse, organe quasi officiel du « Comité national ». Il apporta au parti qui se formait sa verve incisive, une activité toujours en éveil, et un réel talent de parole, appuya (20 mars 1888) l'interpellation de M. Paul de Cassagnac sur la mise en non-activité du général par retrait d'emploi, et représenta ce dernier comme une victime des persécutions des opportunistes; demanda (30 mars) la mise à l'ordre du jour d'une proposition de révision de M. Michelin, et, lors de la candidature du général Boulanger dans le Nord (avril), mena dans ce département la plus active campagne en sa faveur. Membre du comité directeur de la Ligue des patriotes, il se plaignit à la tribune (2 mars 1889), au garde des sceaux, de n'être pas poursuivi avec le président et le secrétaire de la Ligue, et se défendit avec éclat (11 mars) lors de la demande en autorisation de poursuites déposée (11 mars) contre MM. Laisant, Laguerre et Turquet comme membres de la Ligue, et votée (le 14), sur le rapport de M. Arène, par 354 voix contre 227. Le tribunal correctionnel le condamna, comme ses collègues, à 100 francs d'amende.

A la fin de la session, M. Laguerre s'est prononcé :

- contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- contre les poursuites contre le général Boulanger.

Né le 24 juin 1858 à Paris, mort le 17 juin 1912 à Gournay-sur-Marne (Seine-et-Oise).

Député du Vaucluse de 1883 à 1889 et de 1910 à 1912. Député de la Seine de 1889 à 1893. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. III, p. 535.)

Devenu depuis 1887 ardent partisan du général Boulanger, il est l'un des principaux chefs de file du parti boulangiste lors de la campagne pour les élections générales de 1889 qui marquent le retour au scrutin uninominal.

Il ne se représente pas en Vaucluse où un Comité antiboulangiste mène une vigoureuse campagne contre les élus républicains du département devenus boulangistes, considérés comme « traîtres à la République et à leur mandat», Il préfère, comme ses collègues du Vaucluse - Naquet et Saint-Martin, passés également au boulangisme, se présenter à Paris où ses chances d'être élu comme chef du parti boulangiste sont plus grandes que dans son département d'origine où l'influence des nationalistes n'est pas très profonde.

Il est élu dès le premier tour dans la 2e circonscription du XVe arrondissement, par 4.209 voix, contre deux adversaires - Humbert, radical, et Chauvière, blanquiste - qui obtiennent respectivement 1.616 voix et 1.138 voix.

Il participe activement aux travaux de cette nouvelle législature comme membre de divers bureaux et commissions. Il dépose de nombreux rapports et propositions de loi sur des sujets aussi divers que le statut des militaires, les établissements incommodes et insalubres, le tarif général des douanes. En dehors de cette activité juridique à laquelle sa profession d'avocat l'incline à s'intéresser, il est l'un des porte-parole autorisés du boulangisme dans la nouvelle Chambre. Il proteste violemment avec Déroulède au cours du débat sur l'élection de Joffrin, qui est validé en ayant obtenu, dans la 2e circonscription du XVIIIe arrondissement de Paris, 5.500 voix contre 8.000 au général Boulanger déclaré inéligible.

Georges Laguerre sera d'ailleurs exclu temporairement de la Chambre le 20 janvier 1890, en même temps que Déroulède et Millevoye, pour avoir tenté d'empêcher Joffrin - qu'il ne considérait pas comme député - de prendre la parole.

Il ne s'obstina cependant pas à soutenir jusqu'au bout le général Boulanger dans sa défaite. Plusieurs mois avant le suicide de celui-ci à Ixelles (30 septembre 1891), il demande à ne plus être classé comme boulangiste mais comme membre de la majorité républicaine (10 mai 1891).

Aux élections générales de 1893, il revient devant ses électeurs du XVe arrondissement de Paris. Il est battu au second tour par son concurrent malheureux de 1889, Chauvière, candidat blanquiste.

Il quitte alors la vie politique et se consacre à ses activités d'avocat. En 1898, il décide de se représenter dans l'arrondissement d'Apt qui l'avait élu en 1883 et 1885 comme candidat radical. Il n'arrive qu'en quatrième position au premier tour et se retire de la compétition avant le scrutin de ballottage.

En 1902, il est de nouveau sur les rangs dans l'arrondissement d'Apt, comme candidat « radical antiministériel ». Il arrive en deuxième position au premier tour et est battu au second avec 5.591 voix contre 6.027 à Abel Bernard, député radical-socialiste sortant soutenu par la fédération du Vaucluse. En 1906, il tente de nouveau sa chance mais est battu nettement dès le premier tour par Abel Bernard qui obtint 5.830 voix contre 3.180.

En 1910, il est encore candidat « radical » à Apt, en dépit de ses échecs répétés dans cette circonscription. Malgré la disparition d'Abel Bernard, décédé, ses chances ne paraissent pas avoir augmenté depuis 1906 car la fédération radicale-socialiste du Vaucluse, qui ne lui a jamais pardonné son passage au boulangisme, lui oppose un candidat « orthodoxe », Tissier, professeur de faculté. Au premier tour, il est distancé de peu par Tissier qui obtint 3.447 voix contre 3.408. Au second tour, Georges Laguerre, bénéficiant de considérations locales, l'emporte pourtant par 5.724 voix contre 5.370 à Tissier.

Dans cette nouvelle Chambre, il est inscrit comme « républicain socialiste ». Il est élu président du 7e bureau et membre de diverses commissions, dont celle chargée de la réforme judiciaire. Il s'intéresse de très près à l'activité législative de la Chambre et dépose des propositions de loi tendant à modifier le Code civil et la législation sur les effets de commerce.

La mort le surprend brutalement à l'âge de 54 ans, le 17 juin 1912 à Gournay-sur-Marne.


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