Hervé Loste

1926 - 1994

Informations générales
  • Né le 29 mai 1926 à Villenave-d'ornon (Gironde - France)
  • Décédé le 10 février 1994 à Nouméa (Nouvelle-calédonie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 25 mars 1962 au 9 octobre 1962
Département
Wallis-et-Futuna
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 2 décembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Wallis-et-Futuna
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie de la Ve République

LOSTE (Hervé, Marie, Antoine, Xavier)
Né le 29 mai 1926 à Villenave-d’Ornon (Gironde)
Décédé le 10 février 1994 à Nouméa (Nouvelle-Calédonie)

Député de Wallis et Futuna de 1962 à 1967

Hervé Loste se rattache par sa mère à la grande famille bordelaise des Ballande, qui commerce dans le Pacifique Sud depuis le XIXème siècle, exploitant notamment des mines de nickel. Sa carrière professionnelle le conduit à devenir l’un des directeurs des établissements Ballande établis à Nouméa en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna. Son parcours politique est également une affaire de famille : son grand-père André Ballande, mort en 1936, a été député de la Gironde ; son père Henry Loste est ancien conseiller de l’Union française et sera le premier sénateur de Wallis et Futuna, élu quelques mois après son fils, en septembre 1962.
En effet, pour la première fois le 25 mars 1962, les habitants de Wallis-et-Futuna sont appelés à voter pour élire leur député au siège créé par la loi organique du 29 juillet 1961, qui fait des îles Wallis, Futuna, Alofi et des îlots qui en dépendent un territoire d’outre-mer. Trois candidats s’affrontent : Hervé Loste recueille dès le premier tour 57,6% des 3 291 suffrages exprimés, contre 42,1% à Victor-Emmanuel Brial, candidat de l’Union pour la nouvelle République (UNR), fils aîné de l’ex-reine Aloisia et agent de police à Nouméa, et seulement 11 voix au candidat de l’Union wallisienne et futunienne, Soane Venika Tiki. A l’issue du scrutin, une requête est déposée par le candidat gaulliste malheureux auprès du Conseil Constitutionnel, dénonçant notamment des cadeaux faits aux électeurs : les Sages considèrent néanmoins qu’il n’y a pas lieu d’annuler l’élection (12 juillet 1962).
A son arrivée à l’Assemblée dans le courant d’avril 1962, Hervé Loste s’inscrit au groupe des indépendants et paysans d’action sociale (IPAS) et est nommé membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. S’il n’intervient pas dans les débats parlementaires et s’abstient volontairement lors du scrutin levant l’immunité de Georges Bidault (5 juillet 1962), il ne vote pas la motion de censure du 4 octobre 1962 déposée contre le gouvernement Pompidou.
Après la dissolution consécutive à la censure du gouvernement, le député élu depuis moins d’un an se représente devant les électeurs le 2 décembre 1962. Il est opposé au seul gaulliste Victor-Emmanuel Brial : ce dernier est à nouveau battu, ne recueillant que 42, 5% des voix contre 57,5% au député sortant, dans une élection dont le taux de participation est très élevé (92%).
De retour au Palais-Bourbon, il s’inscrit au groupe des Républicains indépendants, constitué autour de Valéry Giscard d’Estaing par les membres du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) opposés à la censure du gouvernement Pompidou. Hervé Loste retrouve la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, dont il est nommé membre à partir de mai 1963 et jusqu’à la fin de la législature. Son activité parlementaire reste discrète durant ses cinq années de mandat. Il prend la parole à quatre reprises dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances, toujours à l’occasion du débat sur les crédits des territoires d’outre-mer. Il se fait alors défenseur des intérêts des îles Wallis et Futuna. Le 9 novembre 1963, il intervient sur le problème de l’eau potable et des équipements sanitaires, celui de l’enseignement, des transports et de la lutte contre les insectes. Il évoque également à cette occasion l’association de l’Assemblée territoriale et des élus locaux à l’exécution du plan quinquennal. L’année suivante, il évoque les réalisations en cours (liaison maritime par vedette entre Wallis et Futuna ; construction de routes ; travaux hydrauliques d’exploitation de la nappe phréatique) avant de reprendre ses considérations sur le sous-équipement de cette « petite parcelle de terre française perdue dans le Pacifique », notamment dans le domaine de la scolarisation (22 octobre 1964). Déçu de ne pas avoir obtenu une subvention d’équilibre plus importante en 1965, le député insiste dans la discussion du budget de 1966 (15 octobre 1965) pour obtenir le financement nécessaire à l’éducation de ses administrés, tout en saluant « le dénuement et le dévouement du personnel enseignant. » Il évoque également la volonté des Wallisiens et Futuniens de conserver le mode d’élection coutumier des chefs de village, et remercie la « mère-patrie » pour l’aide accordée à Wallis et Futuna durement frappées par des cyclones. La même année, à l’occasion de la discussion de la rubrique « Travaux publics et transports – aviation civile », il reprend la parole, le 22 octobre 1965, pour dénoncer l’insuffisance des liaisons aériennes entre Wallis et le reste du monde, et réclamer une liaison aérienne mensuelle avec Nouméa – ce qui lui vaut les applaudissements de ses collègues.
Par ailleurs, Hervé Loste vote la ratification du traité de l’Elysée, le 13 juin 1963, et la révision de la Constitution en Congrès, le 20 décembre 1963, relative aux dates d’ouverture et de clôture de la seconde session du Parlement. Il s’abstient volontairement sur la loi d’élection des conseillers municipaux, le 17 juin 1964, et sur la loi visant à encadrer les grèves dans les services publics, le 26 juillet 1963. Enfin, il invoque un cas de force majeure le jour du vote de la réforme du service militaire, le 26 mai 1965.
En 1967, le député sortant sollicite un nouveau mandat auprès des Wallisiens et Futuniens. Opposé au jeune frère de Victor-Emmanuel Brial, Benjamin, le député sortant est battu par plus de deux cents voix (46,2% contre 53,8% des suffrages exprimés). Hervé Loste retente sa chance en 1968, mais est à nouveau battu par Benjamin Brial, candidat UDR, qui l’emporte un peu plus nettement, par 55,3% des voix contre 44,7%. Hervé Loste décède à Nouméa le 10 février 1994, âgé de 67 ans.


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