Michel, Alfred Maurice-Bokanowski

1912 - 2005

Informations générales
  • Né le 6 novembre 1912 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 3 mai 2005 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine
Groupe
Rassemblement du peuple français
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine
Groupe
Républicains sociaux
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 8 février 1959
Département
Seine
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 6 janvier 1963
Département
Seine
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1968 au 1er janvier 1995

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 6 novembre 1912 à Paris
Décédé le 3 mai 2005 à Paris

Député de la Seine de 1951 à 1958

Né à Paris le 6 novembre 1912, Michel Maurice-Bokanowski est le fils de l'homme politique et ancien ministre de la IIIe République, mort accidentellement en 1928. Après des études au lycée Condorcet, il s'initie aux affaires dans l'entourage d'André Citroën (1932-1937) puis entre, comme chef de service, dans la société Philips France. Mobilisé en 1939, il est affecté, en raison de sa bonne connaissance de l'anglais, dans une école de formation d'agents de liaisons auprès de l'armée britannique. Embarqué à Dunkerque en juin 1940, il regagne la France à la fin de l'été. A l'instigation de son beau-frère, pilote de chasse, il gagne Alger fin 1942 et s'engage dans le Special Detachment, commando mixte franco-britannique rattaché à la 1re armée britannique. Il participe à la campagne de Tunisie et intègre la 1re division française libre. Affecté dans les fusiliers-marins puis dans l'armée blindée dont il commande un groupe de chars pendant la campagne d'Alsace, il termine la guerre avec le grade de lieutenant de vaisseau, la Croix de guerre et sept citations. Le général de Gaulle le nomme Compagnon de la Libération le 19 octobre 1945.

Rendu à la vie civile, il administre un certain nombre de sociétés et exerce également la profession d'ingénieur conseil. Il entre en 1947 au conseil municipal d'Asnières, ville dont il deviendra maire en 1959. Ses convictions gaullistes l'ont fait adhérer au Rassemblement du peuple français (RPF) dont il devient secrétaire général pour la région parisienne. Aux élections du 17 juin 1951 il se présente dans le 5e secteur du département de la Seine, en seconde position derrière Edmond Barrachin, député sortant élu PRL (Parti républicain de la liberté) en 1946 et rallié au RPF. Sa liste obtient 97 325 voix, soit 28,5 % des suffrages exprimés, et trois élus.

Membre de la Commission des affaires économiques puis de la Commission des finances de juillet 1953 à la fin de la législature, il dépose divers rapports et propositions à caractère économique et social concernant notamment la fiscalité des entreprises et la condition des travailleurs indépendants. Ses interventions en séance sont relativement nombreuses, attentives surtout à la politique économique des gouvernements successifs dont il déplore l'insuffisante volonté expansionniste et la faiblesse persistante des bas salaires. Il s'associe en 1953 à la proposition Soustelle-Vallon en faveur d'une participation des salariés aux bénéfices de l'entreprise (séance du 8 octobre). En qualité de rapporteur de la Commission des finances, il rapporte divers crédits du ministère des affaires étrangères des exercices budgétaires de 1954 et 1955. Il intervient également à plusieurs reprises pour dénoncer le désordre administratif et financier de la Radio Télévision Française et plaide en faveur d'un statut.

Ses votes obéissent dans l'ensemble, au moins jusqu'en 1953, à la discipline de son groupe. Après avoir voté les lois Marie et Barangé de soutien à l'enseignement privé, il s'abstient volontairement lors des votes d'investitures des gouvernements Faure et Pinay. Il vote l'investiture de Joseph Laniel le 26 juin 1953 mais se prononce contre sa politique indochinoise et lui refuse sa confiance le 12 juin 1954. Il soutient de ses votes l'ensemble de l'expérience Mendès France. Il vote l'investiture d'Edgar Faure le 31 mars 1955, ainsi que la loi d'urgence en Algérie, mais participe à sa chute le 29 novembre. Peu favorable à la construction européenne, il a voté contre la ratification de la CECA (Communauté européenne charbon acier) en 1951 et contre la CED (Communauté européenne de défense) en 1954.

Les élections du 2 janvier 1956 se présentent dans des conditions difficiles. En raison d'abord du très grand nombre de listes - pas moins de douze pour neuf sièges à pourvoir- qui peut inciter à la dispersion ; en raison surtout de la division des partenaires de 1951. Edmond Barrachin qui, avec 26 députés RPF, a apporté son suffrage à l'investiture d'Antoine Pinay le 6 mars 1952, a formé le groupe « scissionniste » de l'ARS. Comme tel, il se présente à la tête d'une liste nettement située à droite soutenue par le CNI (Centre national des indépendants). Michel Maurice-Bokanowski, à la tête d'une liste des Républicains sociaux, doit donc défendre les positions d'un gaullisme assez proche du mendésisme ce qui ne peut manquer de lui aliéner une partie de son électorat. De fait, avec 19 253 voix sur 422 225 suffrages exprimés, soit 4,6 %, il est élu d'extrême justesse.

Inscrit à la Commission de la production industrielle et de l'énergie, puis en 1957 aux commissions des pensions et des boissons, il est également représentant de la France à l'Assemblée unique des Communautés européennes le 13 mars 1958. Il dépose en son nom propre un certain nombre de propositions à caractère fiscal ou social. Toujours attentif au développement des entreprises (automobiles notamment), il incite le gouvernement à reprendre les échanges commerciaux entre la France et les pays de l'Est (5 décembre 1957). Ses interventions en séance revêtent un caractère essentiellement technique, hormis deux interpellations. Le 10 mars 1957, il critique vivement le gouvernement Mollet sur sa politique des prix, la diminution des réserves de change et de déficit chronique des entreprises nationalisées. Le 10 juillet 1957, il met en garde le gouvernement Bourgès-Maunoury contre toute création d'institution européenne coiffant le secteur de l'énergie atomique. Il refuse de ce fait la ratification des Traités de Rome. Pour le reste, ses votes ont été dans l'ensemble favorables au gouvernement Mollet, plus circonspects à l'égard de ses successeurs : il s'est abstenu lors de l'investiture de Maurice Bourgès-Maunoury et de Félix Gaillard et leur a refusé sa confiance le 30 septembre 1957 et le 15 avril 1958. Il refuse même sa confiance à Pierre Pflimlin le 13 mai et vote, à l'inverse, l'investiture du général de Gaulle, les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle les 1er et 2 juin.

La carrière parlementaire et politique de Michel Maurice-Bokanowski s'est poursuivie sous la Ve République. Elu député UNR de la 37e circonscription de la Seine (Asnières-Bois-Colombes) en novembre 1958 - et réélu en 1962, il devient sénateur en 1968. Il entre comme secrétaire d'Etat à l'intérieur dans le gouvernement Debré en janvier 1959 et a été plusieurs fois ministre par la suite.



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