Lucien Midol

1883 - 1979

Informations générales
  • Né le 24 septembre 1883 à Château-chalon (Jura - France)
  • Décédé le 26 décembre 1979 à Vouzeron (Cher - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 24 septembre 1883 à Château-Chalon (Jura). Député de Seine-et-Oise de 1932 à 1940.

Fils d'ouvriers dans un pays de vignerons, amoureux et patients éleveurs d'un vin de paille exigeant des soins jaloux, Lucien Midol eut une enfance austère. Boursier à l'école primaire supérieure, puis à l'Ecole des arts et métiers de Chalon-sur-Saône, il entra dans la grande famille cheminote sans quitter sa région d'origine, puisqu'il fit sa carrière à Besançon puis à Dijon.

Il aborda la vie publique par la vie syndicale. Syndiqué dès 1906, secrétaire du syndicat en 1914, artisan de la création de la fédération des cheminots en 1917, il dirige les grèves de 1919 et de 1920. Poursuivi et exilé, il reprend sa place en 1924 à la tête de la fédération des cheminots.

Parallèlement, le militant syndicaliste devient militant politique. Il adhère au parti socialiste en 1913 puis participe à la création , du parti communiste après le congrès de Tours de 1920 et devient membre d'abord du comité central en 1924 puis du bureau politique en 1926. Plusieurs fois condamné à la prison, Lucien Midol entre dans la vie politique représentative d'abord comme conseiller municipal de Paris puis comme conseiller général de la Seine.

Aux élections législatives de 1932, il se présente dans la 2e circonscription de Corbeil (Seine-et-Oise). Au premier tour, il arrive en seconde position derrière un partisan du président Tardieu. Sur 49.659 inscrits et 42.999 votants, il obtient 10.758 voix contre Mottu, 15.667, Leduc 10.192, Bivert 5.591 et Damasse 258. Au second tour, il bat de justesse son concurrent : sur 40.570 votants, il obtient 20.257 suffrages contre Mottu : 20,222. Aux élections de 1936, dans la même circonscription, il est à nouveau en ballottage au premier tour : il recueille 10.202 voix sur 27.854 inscrits, 24.619 votants, contre Marçonnet 7.138, Carel 3.049 et Ducatel 2.081. Au second tour il devance nettement ses concurrents puisque sur 27.845 inscrits et 24.373 votants, il obtient 14.410 suffrages contre Marçonnet 9.552, Bourquin 48 et 16 divers ou nuls.

A la Chambre, Midol fait partie des commissions des travaux publics, des P.T.T., de la marine marchande.

Toutes ses propositions de loi ou de résolution, ou ses rapports au nom d'une commission, concernent les cheminots et les transports : cheminots d'Alsace-Lorraine, cheminots anciens combattants, sécurité dans les chemins de fer, délégués cheminots à la sécurité, statut du personnel des transports routiers, affrètement dans la navigation intérieure.

Dans ses interventions en séance publique, il marque le même souci très nettement défini mais s'élève parfois vers des problèmes plus généraux : sanctions, retraites, sécurité, lois sociales, accidents des cheminots, mais aussi électrification, réseaux divers, coordination des transports, statut du personnel des P.T.T., déficit des chemins de fer, budget des P.T.T., recrutement des fonctionnaires, taxes sur l'essence, salaires des employés communaux, traitements des fonctionnaires, budgets des Travaux publics, lotissements des environs de Paris, catastrophes de chemins de fer, emploi des ouvriers la nuit dans les boulangeries, sinistres maritimes, amnistie, décrets-lois et fonctionnaires. Le 20 février 1940, Lucien Midol est déchu de son mandat parlementaire avec ses collègues du groupe communiste.




Né le 24 septembre 1883 à Château Chalon (Jura)
Décédé le 26 décembre 1979 à Vouzeron (Cher)

Député de la Seine-et-Oise de 1932 à 1940
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Seine-et-Oise)
Député de Seine-et-Oise de 1946 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, Tome VII, p. 2459)

Déchu de son mandat parlementaire, Lucien Midol est condamné à cinq années de prison en mars 1940. Il est incarcéré au Puy, puis à Maison-Carrée (Algérie). Il fait partie des parlementaires communistes internés qui, par lettre au maréchal Pétain, demandent de comparaître comme témoin à charge au procès de Riom. Après avoir failli être fusillés au lendemain du débarquement allié en Afrique du Nord, les députés communistes emprisonnés à Maison-Carrée réclament leur libération aux nouvelles autorités. François Billoux et Lucien Midol sont reçus par le général Giraud le 27 janvier 1943 et libérés le 5 février ainsi que les autres parlementaires communistes incarcérés en Algérie. En octobre 1943, éliminant Giraud, de Gaulle devient le seul président du CFLN (Comité français de libération nationale). Il est désormais question de l'entrée des communistes dans ce qui fait figure de véritable gouvernement. En novembre, la direction algérienne du PC propose que Lucien Midol soit nommé commissaire à la production. En fait, les conversations entre de Gaulle et les représentants du parti ne vont aboutir qu'en avril 1944 et ce sont alors François Billoux et Francis Grenier qui vont entrer au CFLN. En Algérie, Lucien Midol se consacre à la reconstruction syndicale. Au début de 1944, il est envoyé aux Etats-Unis pour participer au congrès du BIT à Philadelphie.

En septembre 1944, Lucien Midol rentre en France. Il y retrouve sa femme qui a été emprisonnée et ses deux fils qui ont fait partie de la Résistance. Il reprend ses fonctions à la direction du syndicat des cheminots (il va rester secrétaire de cette fédération CGT jusqu'en 1949), ainsi qu'au sein du comité central et du bureau politique du PC. Il devient maire d'Athis-Mons. Les élections municipales du printemps 1945 le confirment à ce poste.

Pour les élections du 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale constituante, Lucien Midol prend la tête de la liste communiste de la seconde circonscription de Seine-et-Oise (laquelle comprend le sud du département). Sur les six listes en compétition, trois n'obtiennent aucun député. Les huit sièges se répartissent entre la SFIO (Section française de l'internationale ouvrière ; parti socialiste), le MRP (Mouvement républicain populaire ; démocrates-chrétiens) et les communistes qui, arrivés en tête, obtiennent 118 109 voix sur 359 798 suffrages exprimés et font élire Lucien Midol, Charles Benoist et Jean Duclos.

Aux élections de juin 1946 pour la seconde assemblée constituante, la liste communiste connaît un très léger tassement. Mais les trois députés sortants sont réélus. Durant les deux Constituantes Lucien Midol siège à la Commission des moyens de communication et des PTT. Il prend part au débat sur le budget des travaux publics et des transports ainsi qu'aux discussions concernant les dommages de guerre.

Aux législatives de novembre 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante, Lucien Midol dirige de nouveau la liste communiste dans la seconde circonscription de Seine-et-Oise, laquelle circonscription élit désormais neuf députés. Le PC - qui depuis octobre 1945 n'a cessé de creuser l'écart avec la SFIO - obtient 124 715 voix et quatre députés : aux trois sortants s'ajoute Eugénie Duvemois. Lucien Midol s'inscrit à la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre ainsi qu'à celle des moyens de communication. Il est élu président de cette dernière. En septembre 1947, il est nommé membre du conseil supérieur des transports. Durant la législature, Lucien Midol dépose cinq propositions de loi, six propositions de résolution, neuf rapports au nom de la commission des moyens de communication. Il intervient à maintes reprises en séance, essentiellement sur la question des transports. Car telle est sa spécialité parlementaire. Il s'intéresse plus particulièrement aux problèmes relevant de la SNCF. A la fin de la législature, il dépose des demandes d'interpellation sur la fermeture des lignes secondaires et sur le refus du gouvernement d'accorder satisfaction aux revendications des cheminots. Depuis 1947, Lucien Midol n'est plus maire d'Athis-Mons. Dernier président communiste d'une commission, Lucien Midol a démissionné de cette charge en 1949 pour protester contre l'ostracisme dont ses camarades de parti étaient victimes.

Aux législatives de 1951, Lucien Midol reprend la tête de la liste communiste dans le seconde circonscription de Seine-et-Oise. Dans sa propagande, le parti attaque vivement les sept listes concurrentes, y compris la liste dite neutraliste que dirige le conseiller général Henri Marty. Les quatre sortants communistes se représentent, mais par rapport au scrutin de novembre 1946 l'ordre est modifié : Eugénie Duvemois est désormais deuxième de la liste. Cette permutation n'évite pas un léger recul des voix communistes. Ce tassement fait perdre un siège au parti : Jean Duclos n'est pas réélu. Lucien Midol retrouve ses commissions attitrées : reconstruction et dommages de guerre d'une part, moyens de communication et tourisme d'autre part. En mars 1955, cette dernière commission désigne Lucien Midol pour faire partie de la Commission de coordination de l'énergie atomique et des recherches nucléaires. Aussi actif dans cette législature que dans la précédente, Lucien Midol se donne comme le défenseur des transports publics et des intérêts de leurs agents. Au cours de la législature, il dépose dix rapports au nom des deux commissions auxquelles il appartient, quatre propositions de loi et six propositions de résolution.

Aux législatives du 2 janvier 1956, la liste Midol obtient 142 193 voix contre 117 161 voix en 1951. Mais le nombre des suffrages exprimés étant sensiblement supérieur, ce gain se traduit par un léger recul en pourcentage. Les trois sortants sont réélus. Lucien Midol est de nouveau membre de la Commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement et de la commission des moyens de communication et du tourisme. Il est désigné par cette dernière pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des sociétés industrielles et des sociétés d'économie mixte. Les trois propositions de résolution qu'il dépose visent à satisfaire certaines revendications des cheminots. En 1958, Lucien Midol participe à la lutte menée par le parti contre le retour au pouvoir du général de Gaulle.

Aux législatives de novembre 1958, il se présente dans la 15e circonscription de la Seine-et-Oise (Longjumeau). Il est battu.

Lucien Midol a 76 ans quand commence la Ve République. Après une longue vie de militantisme, il estime que le temps est venu de se mettre en retrait. Il quitte le bureau politique et le comité central du PCF où il a été élu sans discontinuité depuis 1945. Resté fidèle au parti, il préside jusqu'à sa mort l'amicale des vétérans du PC. En 1973, il fait paraître aux Editions sociales une autobiographie La Voie que j'ai suivie. Il meurt à Vouzeron dans la maison de repos Ambroise-Croizat où il s'est retiré.



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