Joseph, Anne, Jean, Timothée, de Goislard de Monsabert

1887 - 1981

Informations générales
  • Né le 30 septembre 1887 à Libourne (Gironde - France)
  • Décédé le 13 juin 1981 à Dax (Landes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Basses-Pyrénées
Groupe
Rassemblement du peuple français

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 30 septembre 1887 à Libourne (Gironde)
Décédé le 13 juin 1981 à Dax (Landes)

Député des Basses-Pyrénées de 1951 à 1956

Fils d'officier, Joseph de Monsabert appartient à une famille qui compta plusieurs conseillers au Parlement de Paris. Il suit l'enseignement des Jésuites et réussit au concours de Saint-Cyr. Sorti de l'Ecole spéciale militaire en 1909, il participe de 1912 à 1914 à la conquête du Maroc. Il combat durant tout le conflit mondial sur le front français, lieutenant en 1914, commandant en 1918. Il se marie en 1919 à Alger avec Marie Leconte (âgée alors de 34 ans). Aucun enfant ne va naître de cette union. Il est reçu à l'Ecole de guerre. A sa sortie, il est de nouveau nommé au Maroc. Il enseigne ensuite à l'Ecole de guerre, puis est nommé à l'Etat-major de l'armée comme chef de la section d'outre-mer. Le colonel de Monsabert part pour la Tunisie : il est à la tête d'un régiment de tirailleurs. Au début de la guerre, il est nommé commandant de l'infanterie de la 81e division. De retour en Algérie après l'Armistice, il est fait général de brigade.

En novembre 1942, il facilite le débarquement allié en Afrique du Nord. Après quoi il reprend le combat. Il participe à la reconquête de la Tunisie. Nommé à la tête de la 3e division d'infanterie algérienne, il s'illustre dans la campagne d'Italie sous les ordres du général Juin. En août 1944 il prend part au débarquement de Provence, libérant Toulon puis Marseille. Il dirige le 2e corps d'armée qui au sein de l'armée de Lattre livre l'assaut final contre le Reich hitlérien. Il participe à la libération de Lyon, de Dijon et de l'Alsace, s'empare de Stuttgart et termine la guerre sur le Danube. Sa carrière militaire s'achève avec le grade de général d'armée et le commandement supérieur des troupes d'occupation en Allemagne.

Resté dans l'armée d'Afrique jusqu'en novembre 1942, Monsabert n'est pas un gaulliste historique. Cela ne l'a pas empêché d'être fait Compagnon de la Libération en 1944 et d'adhérer ensuite au Rassemblement du peuple français (RPF) que fonde le général de Gaulle en 1947. Au sein du parti gaulliste, le général de Monsabert préside la 6e commission, celle qui est spécialisée dans les questions de défense.

De tradition conservatrice, le département des Basses-Pyrénées manque de cadres gaullistes. Les sympathies des milieux catholiques y vont soit aux chrétiens démocrates du MRP, soit à la droite classique. Héros de la seconde guerre mondiale, Monsabert y est « parachuté » pour y diriger la liste RPF aux législatives de juin 1951. Il est affronté à cinq listes. Pour le RPF, la concurrence vient surtout des deux autres listes de droite, dirigées aussi par d'anciens Saint-Cyriens, liste MRP « modérés » conduite par Pierre de Chevigné, liste dite d'union des Français indépendants sous la houlette de Georges Loustaunau-Lacau. Ces deux listes sont apparentées bien que la première soit animée par des hommes du « système » et pas la seconde. Dans sa campagne Monsabert attaque vivement le pouvoir et ses hommes. Il affirme avoir souhaité participer à un vaste apparentement sous le signe de l'anticommunisme et rejette la responsabilité de l'échec sur Loustaunau-Lacau et Chevigné. Monsabert s'adresse personnellement aux anciens combattants des deux guerres : « A vous dont le Père Clemenceau disait en les opposant aux hommes politiques : Ils ont des droits sur nous ! Des droits que les politiciens vous ont toujours empêché d'exercer et dont le plus sacré était justement, depuis 1918, de veiller sur l'impossibilité de revoir cela. » Le 17 juin la liste Chevigné arrive nettement en tête (31,6 % des suffrages exprimés). La liste RPF est en seconde position (14,2 %), mais presque à égalité avec celles du parti communiste, du RGR ou la liste Loustaunau-Lacau. Le général de Monsabert devient un des six députés des Basses-Pyrénées.

Durant la législature, Joseph de Monsabert siège à la Commission de la défense nationale et accessoirement à celle des pensions. Il est porté à la vice-présidence du groupe d'amitié France-Espagne du Parlement. Il dépose cinq propositions de résolution. Deux ont trait à des problèmes de son département. Les autres, comme ses rapports au nom de la Commission de la défense, sont d'ordre commémoratif (dixième anniversaire de la libération de la Tunisie, centième anniversaire de la naissance du maréchal Franchet d'Esperey). Il intervient assez souvent en séance pour déplorer certaines faiblesses militaires, mais aussi pour s'inquiéter de la situation en Afrique du Nord. Il s'engage vigoureusement dans la campagne contre la CED, que ce soit à l'Assemblée ou hors des enceintes parlementaires. Lors de la grande crise ministérielle de mai-juin 1953 il vote contre l'investiture de Pierre Mendès France, mais en faveur de Joseph Laniel. Le 12 juin 1954, il contribue à la chute de ce dernier en lui refusant la confiance. A cette occasion, il attaque de nouveau le ministre de la défense, René Pleven, estimant qu'il n'est « plus porté ni même plus supporté par l'armée ». Le 17 juin 1954, il vote l'm-vestiture de Pierre Mendès France. Intervenant le 7 aout sur la question tunisienne, il se félicite du discours prononcé à Carthage par le chef du gouvernement, mais énonce une série de limites aux concessions françaises. Dans son intervention du 10 août il reprend ce thème des « moles inébranlables ». Il va de soi que, le 30 août 1954, il fait partie de la majorité qui enterre le projet d'armée européenne. En février 1955, il est de la minorité gaulliste qui vote la défiance au cabinet Mendès France. Il n'investit pas le nouveau gouvernement, celui d'Edgar Faure. Il s'inquiète de la politique marocaine du président du Conseil : le 25 novembre, il dépose une demande d'interpellation portant « sur l'abdication de la politique et l'effacement du prestige de la France en Afrique du Nord ». Le 29 novembre, Joseph de Monsabert fait partie de la majorité qui renverse le cabinet Edgar Faure.

Aux législatives anticipées du 2 janvier 1956, neuf listes se présentent dans les Basses-Pyrénées dont trois d'extrême droite (deux listes poujadistes et une liste Tixier-Vignancourt). Aucun apparentement n'est conclu sinon entre les listes poujadistes. Le général de Monsabert dirige de nouveau la liste gaulliste (dite des républicains sociaux). S'il fait beaucoup mieux que ses colistiers, le député sortant qui ne s'est pas soucié d'attache locale - n'en subit pas moins un cuisant échec. Sa liste ne recueille que 2,9 % des suffrages exprimés. A partir de ce fiasco il ne participe plus à la politique active. Partisan de l'Algérie française, le général n'apprécie pas l'évolution de l'action gaullienne et condamne les accords d'Evian. Par la suite il s'intéresse au sort des rapatriés et milite pour l'amnistie.

Auteur de nombreux articles, le général de Monsabert avait publié En relisant Bugeaud et Lyautey (en 1935) et Il faut refaire l'arméefrançaise (en 1950). Titulaire de nombreuses décorations étrangères, il était aussi grand croix de la Légion d'honneur.



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