Guérin, Jean, Michel du Boscq de Beaumont

1896 - 1955

Informations générales
  • Né le 29 août 1896 à Airel (Manche - France)
  • Décédé le 13 octobre 1955 à Nice (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 13 octobre 1955
Département
Manche
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 29 août 1896 à Airel (Manche) Décédé le 13 octobre 1955 à Nice (Alpes-maritimes)

Député de la Manche de 1951 à 1955 Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères du 19 juin au 3 septembre 1954 Ministre de la Justice du 3 septembre 1954 au 20 janvier 1955

Ministre d'Etat du 20 janvier au 23 février 1955

Jean Guérin Du Boscq de Beaumont est né en 1896 à Airel, au manoir du Mesnil-Vitey, propriété appartenant à sa famille depuis le XVIIIe siècle. Il est le petit-fils d'un ingénieur des Ponts-et-Chaussées de Saint-Lô qui refusa de prêter serment à l'avènement du second Empire. Son père a présidé, de nombreuses années, la Société d'Archéologie de la Manche.

Il poursuit des études secondaires et supérieures à Paris : il obtient une licence ès lettres (Histoire), puis une licence de droit.

Mobilisé le 4 septembre 1917, il sert dans la marine de guerre en Méditerranée et en mer Noire. Libéré le 1e août 1919, il est attaché à la Haute Commission des territoires rhénans.

C'est néanmoins une carrière d'avocat qu'il embrasse en 1924, en s'inscrivant au Barreau de Paris. Il est secrétaire de la conférence du Stage en 1925.

Toutes ces années, il conserve des liens étroits avec la Normandie. En 1932, il se présente, sur les conseils d'André Tardieu, aux élections législatives dans l'arrondissement de Saint-Lô. Quoique modéré, Guérin de Beaumont fait figure de candidat de centre gauche - il est soutenu par les milieux radicalisant et le journal local Le Messager - face au député sortant Bernard de la Groudière qui est facilement réélu au premier tour. Cet échec ne lui interdit pas d'entrer au conseil municipal d'Airel en 1935.

Mobilisé à nouveau le 26 août 1939, il sert comme commissaire de la Marine. Refusant la défaite, il donne une nouvelle orientation à sa vie en gagnant Londres en 1941. Le général de Gaulle l'envoie aux Etats-Unis pour organiser avec André Tixier la délégation de la France Combattante à Washington. De 1943 à 1946, il dirige le Consulat général de New-York. Comme conseiller technique, il participe à la conférence de San-Francisco en 1945.

Mêlé aux affaires internationales depuis 1942, il entre dans la carrière et devient ministre plénipotentiaire en 1946. Comme membre des délégations françaises, il participe à de nombreuses conférences internationales.

Son attitude pendant la guerre lui vaut d'être nommé Chevalier de la Légion d'Honneur, Grand officier d'Orange-Nassau, Medal of Freedom des Etats-Unis d'Amérique. Il est en outre titulaire de la Médaille de la Résistance et de la Croix de Guerre.

De retour en France, il est élu conseiller municipal d'Airel. Il a toujours refusé le fauteuil de maire en raison des fonctions qu'il occupe à Paris.

En décembre 1946, le président Léon Blum l'appelle à ses côtés comme directeur-adjoint de son cabinet. En 1948, il est le chef de cabinet d'André Marie à Matignon. Dans ces deux postes, il est chargé des affaires étrangères.

Parallèlement, il poursuit sa carrière au Quai d'Orsay. Chef des services de Presse et d'Information en 1949, président du conseil général et du comité exécutif de l'Office international des réfugiés d'avril à octobre 1949, il prend ensuite la direction des Affaires d'Amérique en 1950.

Aux élections de 1951, il se présente aux suffrages de ses concitoyens de la Manche à la tête de la liste de « l'Union des Indépendants, des Paysans et des Républicains nationaux ». Il apparaît alors comme le successeur de Bernard de la Groudière, qui invite d'ailleurs les électeurs à voter pour son rival de 1932. Guérin de Beaumont peut compter, en outre, sur le soutien du journal local Le Réveil et sur la bienveillance de La Manche libre. Il est élu à la représentation proportionnelle, seul de sa liste, avec 40 183 voix sur 199 487 suffrages exprimés.

Inscrit au groupe des Républicains Indépendants, c'est tout naturellement qu'il est choisi comme membre de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, puis membre de la Commission des immunités parlementaires. Son activité parlementaire se distingue par son indéfectible attachement à la cause européenne. Il intervient particulièrement en 1952 et en 1953 dans les débats au sujet du projet de la Communauté européenne de défense (C.E.D.) qu'il soutient de toute sa conviction. Il fait valoir la nécessité de la participation de l'Allemagne à la défense de l'Europe, mais surtout il présente ce projet comme une des premières pierres - avec la Communauté européenne du charbon et de l'acier (C.E.C.A.) - de la construction d'une Europe supranationale. Néanmoins, il n'oublie pas les problèmes agricoles et ceux de la reconstruction de son département.

Le 19 juin 1954, Pierre Mendès-France, qui l'avait rencontré en 1942, nomme Guérin de Beaumont Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères. Il participe à l'élaboration des propositions d'aménagement du projet de la C.E.D. que le président du Conseil présente aux Alliés du 19 au 22 août 1954 à Bruxelles. Le 30 août, lors du vote qui entraîne le rejet du projet, comme l'ensemble du gouvernement, il ne participe pas au vote. Mais, à la différence de trois de ses collègues, il ne démissionne pas et accepte le 3 septembre le poste de Garde des Sceaux. Son maintien au gouvernement est interprété par la presse comme la confirmation de la volonté de Pierre Mendès-France de réconcilier ceux que la C.E.D. a divisés pour parvenir à un accord sur le réarmement de l'Allemagne.

Comme ministre de la justice, il présente différents projets de loi visant à lutter contre l'alcoolisme. La même année, il préside la Délégation française à la conférence de l'O.N.U.

Alors que Guérin de Beaumont est atteint par les premiers signes de la maladie qui devait l'emporter, Pierre Mendès-France le nomme ministre d'Etat, le 20 janvier 1955, poste qu'il occupe jusqu'à la constitution du gouvernement Edgar Faure.

Il meurt le 13 octobre 1955, à Nice.


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