Roger Morève

1897 - 1983

Informations générales
  • Né le 7 juin 1897 à Mézières-en-brenne (Indre - France)
  • Décédé le 27 septembre 1983 à Tours (Indre-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Indre
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Indre
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 28 avril 1959 au 1er octobre 1962
Sénateur
du 2 octobre 1962 au 1er octobre 1971

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 7 juin 1897 à Mézières-en-Brenne (Indre)
Décédé le 27 septembre 1983 à Tours (Indre-et-Loire)

Député de l'Indre de 1951 à 1958

Roger Morève est le fils d'Eugène Morève, agent général d'assurance, maire durant trente et une années de sa commune natale, Mézières-en-Brenne et conseiller d'arrondissement. Sa mère, Anathalie Segret était d'origine tourangelle et italienne. Il suit des études secondaires aux lycées de Châteauroux puis de Tours, jusqu'à sa mobilisation en 1916. A l'issue du conflit, il travaille comme agent général d'assurance puis comme commerçant, négociant en grains et farines. Il se marie, le 30 janvier 1928, avec Thérèse Moreau, avec laquelle il a deux enfants.

En 1939, à la suite du décès de son père, Roger Morève déjà conseiller municipal, lui succède à la mairie de Mézières-en-Brenne. Membre du parti radical et radical socialiste, le plus puissant du département durant l'entre-deux-guerres, il conserve la mairie jusqu'aux municipales de 1971, hormis la fin de la seconde guerre mondiale.

Durant l'Occupation, Roger Morève appartient à l'Armée secrète sous les pseudonymes de Verneuil et de Morin. Le 7 juin 1944, il est arrêté par la Gestapo. Interné à Limoges, il s'évade dans la confusion générale et prend le maquis. Après le conflit, il appartient au comité départemental de Libération. Reconduit aux fonctions de maire de sa commune en avril 1945, Morève est élu conseiller général du canton de Mézières-en-Brenne en septembre suivant. Il siège à l'Assemblée départementale jusqu'en 1973. Très actif sur le terrain local, il assume durant ce long mandat, les fonctions de président du syndicat d'électrification du Buzançais et du syndicat d'assainissement et de mise en valeur de la Brenne. Dans ses professions de foi, il se présente parfois comme agriculteur.

Roger Morève connaît trois échecs aux législatives. Pour l'élection à la première Assemblée constituante le 21 octobre 1945, il figure en deuxième position de la liste radicale-socialiste conduite par Edouard Ramonet. Handicapée par une liste dissidente conduite par le sénateur Paul Bénazet, ancien président de la fédération radicale, elle recueille 18 957 suffrages sur 171 331 inscrits et 124 209 exprimés. Ramonet est le dernier élu du département, à la plus forte moyenne : les autres sièges étant gagnés par les trois grands partis (PCF, SFIO, MRP). Morève figure à la même place pour les élections à la deuxième constituante, le 2 juin 1946, et pour la première législature de la IVe République, sous l'étiquette RGR. En l'absence de liste dissidente, en juin 1946, Ramonet est élu au quotient (avec 33 914 suffrages en moyenne). Mais ces progrès ne sont pas suffisants encore pour permettre à Morève d'entrer au Palais Bourbon. En novembre, les radicaux de l'Indre font campagne contre la nouvelle Constitution, contre le dirigisme économique et pour le scrutin d'arrondissement. Ils critiquent par ailleurs les nationalisations et la gabegie de la sécurité sociale. La liste radicale recule, avec 22 177 voix, du fait de la présence d'une « liste d'action républicain et d'Union gaulliste » conduite par le général François d'Astier de la Vigerie qui obtient 13 266 suffrages.

Le 17 juin 1951, la liste radicale et radicale socialiste (RGR), qui appelle à « réparer les erreurs commises depuis la démagogie de 1945 », s'apparente aux listes de la SFIO, du MRP, du rassemblement des groupes Républicains et indépendants français et à la liste d'Union des Indépendants, des Paysans et des Républicains nationaux. L'apparentement remporte la majorité des voix, permettant aux radicaux d'obtenir trois sièges sur quatre avec 25,7 % des voix, pour Ramonet, Morène et André Chabenat. Morève compte personnellement 31463 suffrages sur 159 425 inscrits et 121 194 exprimés. Il est nommé dans trois Commissions : les affaires économiques, où il reste trois années du 17 juillet 1951 à 1954 ; la Commission des pensions, où il siège du 28 août 1951 jusqu'à la fin de la législature ; la Commission des moyens de communication et du tourisme, du 20 juillet 1954 à la fin de la législature. Le nouveau député qui est entré à cinquante quatre ans au Palais-Bourbon pose pour la première fois à la tribune une question orale le 14 décembre 1951, à propos des prix du blé. Il intervient encore cinq fois, sur la loi de finances, les dépenses du ministère des travaux publics et sur les comptes spéciaux du Trésor.

Morève, membre du groupe radical ne suit pas toujours dans ses choix politiques la majorité des membres de son groupe. Il vote contre les allocations scolaires pour les usagers de l'enseignement privé (loi Barangé) le 28 septembre 1951. Il approuve les grandes initiatives de construction de l'Europe dans un premier temps - vote pour le pool charbon-acier, le 13 décembre 1951 et pour l'armée européenne en 1952 -, mais, après avoir contribué finalement au rejet de la CED en votant la question préalable opposée par le général Aumeran le 30 août 1954, il s'oppose à la ratification des Accords de Londres en décembre suivant. Il approuve l'investiture des gouvernements Edgar Faure, Pinay, Laniel. Mais, avec Edouard Daladier, il contribue à la chute du cabinet Faure en février 1952. Le 27 octobre 1953, puis le 9 mars 1954, il est du petit groupe d'élus radicaux qui se prononcent contre la politique indochinoise du gouvernement Laniel et pour le cessez le feu et lui refusent ensuite la confiance après Dien Bien Phu, contribuant enfin à sa chute le 12 juin. Il vote ensuite l'investiture de Pierre Mendès France, approuve les accords de Genève et le soutien jusqu'à sa chute le 4 février 1955. Puis, il accorde l'investiture à son successeur Edgar Faure, accepte de voter l'état d'urgence en Algérie le mois suivant et, lors du scrutin de confiance, qui entraîne la chute d'Edgar Faure le 29 novembre 1955, il ne prend pas part au vote.

Le 2 janvier 1956, toujours second de Ramonet, Roger Morève, mène campagne pour la réforme de la Constitution et pour le maintien de la présence française en Afrique du Nord. Les électeurs berrichons le réélisent comme député de l'Indre, avec 31 303 suffrages sur 127 787 exprimés, grâce à l'apparentement conclu avec la SFIO et les Républicains sociaux. Ramonet est désigné secrétaire de l'Assemblée nationale le 10 février suivant, après avoir été nommé membre de la Commission de l'agriculture le 31 janvier. L'année suivante, il est reconduit à cette Commission, où il est nommé secrétaire, et pénètre aussi à la Commission des affaires économiques. Il dépose une proposition de loi relative aux pensions des veuves bénéficiaires du régime de l'assurance vieillesse et dépose plusieurs rapports pour la Commission de l'agriculture. Ses interventions à la tribune portent essentiellement sur les questions agricoles et sur l'électrification du monde rural. Le 27 février 1958, il obtient un congé de l'Assemblée.

Roger Morève contribue à l'investiture du gouvernement Mollet et le 31 janvier 1956, lui accorde les pouvoirs spéciaux le 12 mars, le soutient sur sa politique à Suez et vote pour lui dans le scrutin qui entraîne sa chute le 21 mai 1957. Il vote ensuite pour le gouvernement Bourgès-Maunoury et Gaillard, approuve les accords sur la Communauté économique européenne, renouvelle les pouvoirs spéciaux sur l'Algérie. Mais lors du vote sur les « Bons offices », il contribue à la chute du cabinet Gaillard le 15 avril 1958. Après avoir voté l'investiture de Pierre Pflimlin le 13 mai 1958, il approuve l'état d'urgence. Le 1er juin 1958, il vote la confiance au gouvernement du général de Gaulle, lui accorde les pleins pouvoirs le lendemain et approuve la révision constitutionnelle.

Battu aux législatives de novembre 1958, dans la troisième circonscription de l'Indre, Roger Morève est élu sénateur l'année suivante et poursuit ainsi sa carrière parlementaire sous la Ve République. Décoré comme combattant volontaire de la Résistance, il a été fait chevalier de la Légion l'honneur en 1948.



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