Augustin Beauverger

1910 - 1972

Informations générales
  • Né le 9 mai 1910 à Chatelaudren (Côtes d'Armor - France)
  • Décédé le 14 septembre 1972 à Fougères (Ille-et-Vilaine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 8 février 1971 au 14 septembre 1972
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

BEAUVERGER (Auguste, Louis, Henri, dit Augustin)
Né le 10 mai 1910 à Chatelaudren (Côtes-du-Nord)
Décédé le 14 septembre 1972 à Fougères (Ille-et-Vilaine)

Député de l’Ille-et-Vilaine de 1971 à 1972

C’est en Bretagne, quelques années avant la première guerre mondiale, qu’Augustin Beauverger voit le jour. Le bourg de Chatelaudren se situe à la frontière des pays bretonnants et de la Haute-Bretagne, où le dialecte est d’origine romane. La famille d’Augustin Beauverger compte plusieurs médecins : après avoir obtenu son baccalauréat, le futur parlementaire décide de respecter cette tradition de dévouement et d’assistance. A l’issue d’études brillantes, il obtient son doctorat en médecine et entre aux Hôpitaux de Rennes comme interne.
Engagé volontaire après que la France et le Royaume-Uni ont déclaré la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, Augustin Beauverger n’accepte pas la défaite de mai-juin 1940. Démobilisé, il refuse de s’en tenir à une attitude attentiste et participe à l’action de la Résistance dans son département d’adoption. Son engagement lui vaut d’être décoré de la croix de guerre et de la Légion d’honneur après la Libération. La carrière médicale d’Augustin Beauverger le conduit à exercer à la fois comme chirurgien et comme médecin libéral à Fougères, à une cinquantaine de kilomètres de Rennes, pendant de nombreuses années. Il occupe en outre des fonctions de direction au sein de l’hôpital de la ville.
Quand le général de Gaulle crée une force d’opposition au régime de la IVème République en avril 1947, le médecin breton y adhère très rapidement. La charge de délégué du RPF pour les deux cantons de Fougères lui est confiée dès 1947. Le principal adversaire de la formation gaulliste est alors représenté par le MRP, qui réussit à faire élire l’ancien ministre Pierre-Henri Teitgen comme conseiller général de Fougères-Nord en octobre 1951. Augustin Beauverger siège au Conseil municipal de Fougères de 1953 et 1959 et est nommé délégué départemental du RPF le 27 avril 1955, alors que le mouvement est mis en sommeil sur décision du général de Gaulle. Le médecin de Fougères figure en dernière position sur la liste emmenée par le sortant Pierre de Bénouville en Ille-et-Vilaine lors des élections législatives du 2 janvier 1956. Les Républicains sociaux n’y rassemblent pas plus de 8,6% et n’ont aucun siège.
Augustin Beauverger accueille très favorablement le retour du général de Gaulle au pouvoir, le 1er juin 1958. Il s’engage au sein de l’Union pour la Nouvelle République au moment de sa fondation, à l’automne 1958. L’ancien conseiller municipal de Fougères accepte de devenir le suppléant d’Ernest Garel, candidat investi par l’UNR aux élections de novembre 1962, dans la 5ème circonscription d’Ille-et-Vilaine. Favorable à l’Algérie française, le sortant Pierre de Bénouville a en effet préféré ne pas solliciter le renouvellement de son mandat. Le duo Garel-Beauverger arrive en tête du premier tour dans les deux cantons de Fougères, mais est devancé par le conseiller général CNIP Jean-François Le Lan dans le reste de la circonscription. Ce dernier s’impose du reste le 25 novembre 1962 grâce au soutien de 46,7% des suffrages exprimés, dans le cadre d’une triangulaire provoquée par le main du candidat radical.
Augustin Beauverger n’abandonne pas le combat politique et demeure très impliqué au sein des instances locales de l’UNR dans les années 1960. Il est choisi comme suppléant par Michel Cointat, directeur général au ministère de l’agriculture et candidat de l’Union des démocrates pour la Vème République aux législatives de mars 1967 dans la 5ème circonscription d’Ille-et-Vilaine. L’association de ces deux personnalités vaut comme un résumé de l’histoire du gaullisme politique : Augustin Beauverger figure au nombre de ces cadres du RPF qui restèrent fidèles à de Gaulle après 1958 ; Michel Cointat représente cette génération de hauts fonctionnaires séduits par le discours modernisateur du gaullisme au pouvoir.
Jean Le Lann, député sortant de la 5ème circonscription d’Ille-et-Vilaine, fait partie de ces Indépendants qui ont rejoint le Centre démocrate à sa création en février 1966. L’affrontement entre le centriste d’opposition et le gaulliste Michel Cointat est troublé au premier tour par la candidature de l’ancien député Pierre de Bénouville. Arrivé en tête au premier tour grâce au soutien des deux cantons de Fougères, Michel Cointat est élu député de l’Ille-et-Vilaine par 50,8% des suffrages exprimés le 12 mars 1967.
Il est assez vite considéré comme « ministrable » au regard de ses compétences en matière agricole. Michel Cointat conserve sa confiance à son suppléant Augustin Beauverger pour les législatives de juin 1968 et est réélu dès le premier tour de scrutin. Le député d’Ille-et-Vilaine est appelé au Gouvernement au début de l’année 1971, pour remplacer au ministère de l’agriculture Jacques Duhamel, qui, malade, a souhaité qu’on lui attribue un portefeuille moins technique. L’article 23 de la Constitution de la Vème République dispose que les fonctions de député et de membre du gouvernement sont incompatibles : Augustin Beauverger siège donc à l’Assemblée nationale à compter du 9 février 1971.
Il s’inscrit au groupe de l’Union pour la défense de la République (UDR) et travaille au sein de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Il intervient à trois reprises dans l’hémicycle entre 1971 et 1972 et aborde notamment les problèmes du droit de la famille et de régime des retraites. Le 27 octobre 1971, il prend part à la discussion du budget du travail, de l’emploi et de population. Il regrette à cette occasion que la possibilité pour les femmes de partir en retraite dès l’âge de 60 ans en bénéficiant de 40 à 50% de leur pension n’ait pas été retenue par le gouvernement. Au début des années 1970, beaucoup de femmes de condition modeste se font reconnaître comme inaptes au travail ou s’inscrivent au chômage pour s’occuper de leurs maris malades ou préserver leur propre santé. Augustin Beauverger juge que ces situations sont « désagréables et assez humiliantes ». Il se dit frappé, d’autre part, par « la misère physiologique des femmes salariées de plus de soixante ans obligées de continuer de travailler en usine pour compléter les salaires insuffisants du mari ou pour assurer la sécurité d’emploi du ménage ».
Les votes du député d’Ille-et-Vilaine ne se distinguent pas de ceux des autres élus gaullistes en 1971-1972. Il s’exprime en faveur de la création des régions (27 avril 1972) et approuve la déclaration de politique générale prononcée par le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, quelques semaines avant son départ de Matignon (24 mai 1972).
Lors de la formation du gouvernement de Pierre Messmer, Jacques Chirac est choisi pour remplacer Michel Cointat au ministère de l’agriculture. Ce dernier ne pourrait redevenir député qu’en cas de démission d’Augustin Beauverger et d’organisation d’une élection partielle. Aucun scrutin législatif ne peut cependant avoir lieu moins d’un an avant la date « normale » des élections, prévues pour mars 1973. Augustin Beauverger conserve donc son mandat parlementaire après que Michel Cointat a quitté le gouvernement. C’est dans sa ville de Fougères que l’ancien délégué départemental du RPF décède, âgé de 62 ans. Son éloge funèbre est prononcé dans l’hémicycle par le président de l’Assemblée nationale Achille Peretti, le 3 octobre 1972.
Le siège de la 6ème circonscription d’Ille-et-Vilaine reste vacant de septembre 1972 à mars 1973, date à laquelle Michel Cointat est réélu au second tour par 62,7% des suffrages exprimés.

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