Albert Bedouce

1869 - 1947

Informations générales
  • Né le 8 janvier 1869 à Toulouse (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 4 août 1947 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 20 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialistes unifiés
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Haute-Garonne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Haute-Garonne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Haute-Garonne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Haute-Garonne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Haute-Garonne
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 26 avril 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Haute-Garonne
Groupe
Socialiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 8 janvier 1869, à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 4 août 1947, à Paris.

Député de la Haute-Garonne de 1906 à 1919, puis de 1924 à 1942.

Ministre des Travaux publics de 1936 à 1937.

Employé de commerce, Albert Bedouce fut très tôt un militant socialiste. En 1897, il publia une brochure, Le pain cher, où il attaquait vivement la politique protectionniste de Méline (on se souvient que selon Jaurès, dans son grand discours de 1894 sur la protection douanière du blé le socialisme n'est, au point de vue économique, ni protectionniste ni libéral, il est « au-delà» de ces deux tendances opposées).

Conseiller municipal, puis maire de Toulouse, il se présenta aux élections générales des 6 et 20 mai 1906, dans la première circonscription de Toulouse. Il fut élu, au second tour de scrutin, avec 9.175 voix (6.609 au premier tour) sur 16.372 votants.

Il devint membre de diverses Commissions, notamment de celle des octrois et de celle de la législation fiscale.

Dès ses débuts au Palais-Bourbon, il déploya une grande activité, montrant son intérêt pour les sujets les plus divers. Une de ses interventions les plus remarquables concernait les abus commis dans les trésoreries générales au détriment du personnel et au profit des trésoriers-payeurs généraux (1907). De même, il prit part aux divers débats qui s'engagèrent sur le projet et les propositions de loi concernant l'impôt sur le revenu (il avait pris une part active aux travaux préparatoires), principalement en ce qui concerne le mode de calcul des bénéfices commerciaux (1908). Il participa régulièrement aux débats sur les projets de budget. En 1908, notamment il dénonça l'insuffisance de la protection des travailleurs dans les colonies; il montra, en particulier, que les lois sociales votées par le Parlement n'étaient pas appliquées outre-mer, alors que leur mise en œuvre aurait été « le meilleur moyen de nous attacher les indigènes par des liens de reconnaissance ».

Bien qu'il ait, dans l'intervalle, perdu la mairie de Toulouse, il se représenta avec succès aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910 : il obtint au second tour de scrutin, 7.685 voix (6.820 au premier tour) sur 18.320 votants. Il devint membre de la Commission des crédits, de la Commission des Travaux publics et des chemins de fer, de la Commission du budget et de la Commission des octrois.

Il présenta plusieurs rapports au nom de la Commission des travaux publics sur les chemins de fer. Il prit part à la discussion de nombreux textes, notamment sur les habitations à bon marché (1912); l'assistance aux femmes en couches et l'aide aux familles nombreuses (1912, 1913, 1914); l'application de la loi sur les retraites ouvrières (1914) ; la contribution foncière et l'impôt sur le revenu des valeurs mobilières (1914); l'impôt complémentaire sur l'ensemble du revenu (1914). Il se préoccupa, à de nombreuses reprises, d'améliorer les traitements du petit personnel de l'administration.

Aux élections générales des 26 avril et 10 mai 1914, il fut de nouveau élu au deuxième tour de scrutin, avec 8.588 voix (7.737 au premier tour) sur 17.280 votants.

Membre de la Commission des crédits, de la Commission des travaux publics, des chemins de fer et des voies de communication, de la Commission de la réorganisation économique et de la Commission chargée d'examiner les traités de paix, il ne présenta pas moins d'une douzaine de rapports techniques sur les chemins de fer.

Il prit part à la discussion du projet de budget pour l'exercice 1914 et des divers textes portant ouverture de crédits provisoires pendant la guerre. Durant cette période, il participa à de très nombreux débats, concernant notamment le ravitaillement de la population (1915, 1916, 1917) ; la création de dispensaires d'hygiène sociale et de préservation anti-tuberculeuse (1916) ; la rééducation professionnelle des blessés et des mutilés de guerre (1916) ; les productions de guerre (1917). Dans la discussion des interpellations sur l'affaire Bolo Pacha, il dénonça « ceux qui armaient le bras de l'assassin (de Jaurès) à l'heure où les socialistes déposaient les armes politiques pour prendre celles contre l'ennemi » (1917). Le 25 septembre 1919, au cours de la discussion du projet portant approbation du traité de Versailles, il prononça un important discours concernant les censéquences économiques et financières du traité, qui, selon lui, était, en ces matières, « mauvais et désastreux pour notre pays » : l'Allemagne ne pourra pas payer les réparations, les Alliés doivent aider la France, il faut aider la naissance de la démocratie en Allemagne, les peuples ne doivent pas continuer à se haïr, tels étaient les thèmes principaux qu'il développa.

Le 16 novembre 1919, il fut victime du nouveau mode de scrutin - seul M. Vincent Auriol fut élu sur la liste socialiste.

Le 11 mai 1924, la liste socialiste obtint quatre sièges: 43.796 voix se portèrent sur A. Bedouce, sur 111.018 votants et il retrouva son siège de Député. Membre de la Commission des finances, dont il devint vice-président puis, en 1928, président, et de la Commission des travaux publics et des moyens de communications, il fut plusieurs fois rapporteur de ces deux Commissions. Il participa aux discussions sur les divers projets de budget annuels et sur de nombreux textes financiers.

Le 24 janvier 1928, il développa son interpellation sur la politique financière du Gouvernement Poincaré : les socialistes souscrivent à la stabilisation de la monnaie mais demandent que l'équilibre soit assuré dans le domaine économique et non pas seulement dans le secteur financier : la production doit augmenter, il faut élever les salaires, créer les assurances sociales, associer les ouvriers à la gestion des entreprises.

Aux élections générales des 22 et 29 avril 1928 (retour au scrutin uninominal) il fut réélu député de la première circonscription de Toulouse au deuxième tour de scrutin, avec 10.047 voix sur 21.008 votants. Membre des mêmes Commissions que pendant la législature précédente, il en fut de nombreuses fois le rapporteur. Ses interventions montrent la diversité de ses préoccupations ; elles portent, par exemple, sur les habitations à bon marché (1928); l'électrification des campagnes (1928); les travaux publics (1928, 1929, 1930, 1931, 1932); le perfectionnement de l'outillage national (1930); les soins aux tuberculeux (1930), etc.

Réélu encore une fois, au deuxième tour de scrutin, aux élections des 1er et 8 mai 1932, avec 13.103 voix sur 20.397 votants, il est nommé membre de la Commission des finances, de la Commission des régions libérées et de la Commission de l'aéronautique. Outre ses rapports habituels sur les travaux publics, il en présenta plusieurs autres sur le régime de retraite des ouvriers mineurs (1934, 1935). En 1932, il entra au conseil d'administration de l'office national des combustibles liquides. Le 3 novembre 1933, il se prononça contre la politique économique et financière du Gouvernement Albert Sarrault, refusant de soutenir un Gouvernement « infidèle aux promesses faites devant les électeurs ». Il intervint notamment en ce qui concerne la fraude fiscale (1933), la lutte contre le chômage au moyen de grands travaux (1934).

Le 26 avril 1936, 12.495 électeurs - sur 24.224 votants - le réélisent député, au premier tour de scrutin. Il est nommé membre de la Commission des finances. Le 4 juin, il devient Ministre des Travaux publics dans le Cabinet Léon Blum et le restera jusqu'au 21 juin 1937. Il défend le budget de son département pour 1937 et présente divers projets de loi (1936). En 1938, il devint membre de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations. Au cours de l'année 1940, il déposa diverses propositions de loi relatives aux carburants destinés à remplacer l'essence. Son mandat fut prolongé jusqu'en 1942, en raison des événements.

Il ne reprit pas d'activité politique après la guerre.

Il est mort le 4 août 1947, à Paris.




Né le 8 janvier 1869 à Toulouse (Haute-Garonne)

Décédé le 4 août 1947 à Paris

Député de la Haute-Garonne de 1906 à 1919 et de 1924 à 1942

Ministre des Travaux publics du 4 juin 1936 au 21 juin 1937

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 517, 518)

Après la Libération, le Jury d'honneur décide, le 12 décembre 1945, de maintenir l'inéligibilité qui frappait Albert Bedouce à la suite de son vote du 10 juillet 1940 en faveur du projet de loi constitutionnelle.

L'ancien député de la Haute-Garonne s'éteint à Paris peu après.


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