René, Alfred Pagès

1911 - 2001

Informations générales
  • Né le 18 mai 1911 à Puimisson (Hérault - France)
  • Décédé le 9 septembre 2001 à Bédarieux (Hérault - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Hérault
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie de la IVe République

PAGÈS (Alfred, René)
Né le 18 mai 1911 à Puimisson (Hérault)
Décédé le 9 septembre 2001 à Bédarieux (Hérault)

Député de l’Hérault de 1956 à 1958

Fils d’un maître bottier originaire du Tarn et installé dans l’Hérault, René Pagès est détenteur d’un certificat d’études primaires. Il commence à travailler à l’âge de dix-sept ans à la future SNCF, créée en 1937, et adhère au Parti communiste et à la CGT.
Appelé sous les drapeaux en 1939, il est démobilisé après l’armistice et retrouve son emploi à la SNCF. Il reprend ses activités militantes à la Libération sans solliciter pour autant le moindre mandat électif. Il conduit à Genève, à la conférence asiatique de juin 1954, une délégation de la SNCF de Bédarieux.
Il se présente pour la première fois à une élection en novembre 1955 à la faveur d’une cantonale partielle à Bédarieux. Il y est élu. Fort de ce succès, Pagès est choisi comme candidat aux élections législatives de janvier 1956. Il figure en deuxième position sur la liste communiste derrière Raoul Calas, ancien député et homme fort du parti dans l’Hérault.
Pourtant puissamment implanté dans le département, le PCF n’obtient aucun élu aux élections de 1951 en raison d’un large apparentement conclu entre les socialistes, les démocrates chrétiens, les radicaux socialistes et les indépendants et paysans qui leur assure la totalité des six sièges à pourvoir.
La situation de janvier 1956 est sensiblement différente. Trois apparentements sont conclus ; le premier entre la SFIO et l’UDSR, le second entre le RGR, le MRP et le CNI et le dernier entre l’UFF de Pierre Poujade et la liste d’intérêts agricoles. Aucun apparentement n’obtient la majorité absolue. Le Parti communiste arrive de nouveau en tête avec 70 559 des 230 240 suffrages exprimés, soit 30,7% des voix. Il obtient deux élus, les quatre autres sièges se répartissant entre la SFIO, le MRP, le RGR et l’UFF.
René Pagès fait ainsi son entrée à l’Assemblée nationale. Son élection est validée le 20 janvier 1956. Il est nommé membre des commissions des boissons et de la marine marchande et des pêches. Il ne se signale guère par ses interventions dans l’hémicycle et consacre d’abord l’essentiel de son activité parlementaire à la défense des intérêts agricoles. Il veille à l’indemnisation des viticulteurs victimes du gel dans son département (3 décembre 1956). Par ailleurs, il s’intéresse de près aux questions industrielles héraultaises. Il rédige ainsi une proposition de loi tendant à l’assainissement des conditions d’exploitation des entreprises gazières non nationalisées. Il propose de transférer ces dernières à Gaz de France, dans le cas où elles ne peuvent continuer leur exploitation. Le cas de la fermeture de l’usine à gaz d’Agde est avancé, à partir du rapport des experts de la fédération CGT de l’éclairage (19 février et 12 mars 1957). Enfin, il soutient certains secteurs économiques en difficulté dans l’Hérault. Ainsi, intervient-il dans la discussion, en deuxième lecture, du projet de loi tendant au rétablissement de l’équilibre financier des établissements Fouga à Béziers, ainsi que dans la réparation du matériel roulant de la SNCF (3 décembre 1957). Il épouse scrupuleusement les consignes de vote du groupe communiste dans les scrutins auxquels il participe. S’il approuve l’investiture de Guy Mollet le 31 janvier 1956, il vote sa chute le 21 mai 1957 et refuse sa confiance à Maurice Bourgès-Maunoury et à Félix Gaillard (12 juin et 5 novembre 1957). Il vote pour l’octroi des pouvoirs spéciaux en Algérie le 12 mars 1956 mais s’oppose, le 25 octobre, à la politique générale que Guy Mollet y mène. Il combat également les traités instituant la CEE et l’Euratom le 9 juillet 1957 et le projet de loi sur les institutions en Algérie le 2 février 1958. Il s’abstient lors de l’investiture de Pierre Pflimlin le 13 mai 1958, soutient le principe d’une révision constitutionnelle le 27 mai, mais s’oppose à l’investiture du général de Gaulle le 1er juin. Le lendemain, il en fait de même avec l’octroi des pleins pouvoirs, comme avec la nouvelle révision de la Constitution que celui-ci propose.
Pagès est candidat aux élections législatives de novembre 1958 dans la quatrième circonscription de l’Hérault. S’il arrive en tête au premier tour avec 29,6% des voix devant les candidats gaulliste et socialiste qui se maintiennent l’un et l’autre, il ne progresse pas au second tour. Il est même distancé par le candidat gaulliste qui rassemble 46,2% des suffrages. Il perd en outre son siège de conseiller général le 27 avril 1958, mais le reconquiert en 1964 et le conserve en 1970. Il gagne la mairie de Bédarieux en 1959 et y est réélu en 1965 et 1971. Candidat malheureux au Sénat en 1962 et 1971, il devient, en revanche, le suppléant du député Paul Balmigère, aux élections législatives de 1962 et de 1967 ; de nouveau candidats en 1968, le candidat et son suppléant sont battus. Cet échec met fin à la carrière parlementaire de René Pagès. Son engagement politique se poursuit au plan local, avec son dernier mandat de maire de Bédarieux (1971-1977). René Pagès décède dans cette commune le 9 septembre 2001.

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