Louis Pasteur-Vallery-Radot

1886 - 1970

Informations générales
  • Né le 13 mai 1886 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 9 octobre 1970 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 20 mai 1952
Département
Seine
Groupe
Rassemblement du peuple français

Biographies

Biographie de la IVe République

PASTEUR VALLERY-RADOT (Louis, Joseph)
Né le 13 mai 1886 à Paris
Décédé le 9 octobre 1970 à Paris

Député de la Seine de 1951 à 1952

Le professeur Louis Pasteur Vallery-Radot est issu de ce qu'on peut nommer la bourgeoisie intellectuelle. Sa mère est Marie-Louise Pasteur, fille de l'illustre savant. Homme de lettres, son père René Vallery-Radot (1853-1933), petit-neveu d’Eugène Sue, a notamment écrit Journal d'un volontaire d'un an (1874) et une Vie de Pasteur (1900). Louis Pasteur Vallery-Radot étudie à Paris, au lycée Louis-le-Grand, puis à la faculté de médecine. Médecin des hôpitaux en 1920, il est reçu à l'agrégation de Médecine en 1927. Il se marie en 1937 avec Jacqueline Gohierre de Longchamps. De 1939 à 1959, il est professeur à la faculté de médecine de Paris. Président du conseil médical de la Résistance, recherché à ce titre par la Gestapo, il prend possession, à la libération de Paris, du ministère de la santé publique, avec le titre de secrétaire général. Il obtient d’ailleurs la médaille de la Résistance avec rosette. Membre de l’Académie de Médecine depuis 1936, il est élu à l'Académie française le 9 octobre 1944.
Avant la guerre, Louis Pasteur Vallery-Radot était réputé homme du centre droit. Il n'était pas sans lien avec Georges Mandel. La Résistance l'a rendu gaulliste. Il fait partie des fondateurs du RPF. Il est un des sept signataires des statuts du Rassemblement, lesquels sont déposés le 29 mai 1947. Il appartient au conseil exécutif du parti, puis au conseil de direction qui le remplace. Les 16 et 17 avril 1948, il est à la tribune aux côtés du Général pour les premières assises du RPF qui se tiennent à Marseille. Au sein du Rassemblement, il remplit un rôle plus honorifique qu’exécutif. Louis Terrenoire déclare, à ce propos : «Ce grand médecin qui fut un grand résistant donne l'impression qu'il tient la place d'un ornement de circonstance.» Il hésite à se présenter aux législatives de juin 1951. Finalement, il accepte de diriger la liste RPF dans la deuxième circonscription de la Seine (1er, 2e, 8e, 9e, 16e, 17e et 18e arrondissements de Paris). Mais il ne mène guère campagne. Il en laisse le soin au troisième de sa liste, l'avocat et conseiller municipal René Moatti. Treize listes sont en présence. Outre celles qui représentent les grands tendances politiques, il faut signaler la liste Bourdet (gauches indépendantes), la liste de l'ancien ministre Bastid, une liste d'extrême droite conduite par Me Isorni et quatre listes marginales. Avec 100 985 voix, la liste RPF arrive nettement en tête devant la liste communiste dirigée par Marcel Cachin, en obtenant 24,2 % des suffrages exprimés et trois des onze sièges de la circonscription. Le professeur Pasteur Vallery-Radot est nommé membre de la commission de l'éducation nationale (1951) et membre de la commission de la famille, de la population et de la santé publique (1951). Il vote les lois Marie et Barangé, s'oppose à la CECA. Il s'abstient lors de l'investiture d'Edgar Faure (20 janvier 1952), comme lors de celle d'Antoine Pinay (6 mars 1952). Ses votes ne se distinguent donc pas de ceux des autres députés RPF.
Du fait de ses occupations professionnelles, son activité parlementaire est des plus réduites. Il néglige les travaux du groupe parlementaire gaulliste. Il ne rédige aucun rapport, ne dépose aucun texte et n'intervient qu'une fois en séance : le 4 décembre 1951, il souligne l'efficacité du BCG, à l’occasion de la discussion du projet de loi relatif au développement des crédits de fonctionnement des services civils en 1952 (Santé publique et population). Manifestement, il préfère ses activités professionnelles à la vie parlementaire. Absent dès le début de l’année 1952, il donne sa démission de député le 20 mai 1952, soit moins d’un an après avoir été élu au Palais-Bourbon. Dans une lettre du 28 mai 1952, le général de Gaulle lui écrit : «Personne peut-être ne comprend mieux que moi les raisons qui vous détournent de la politique active. Vous l'avez traversée. Mais c'était à ma demande.» Les instances locales du parti sont beaucoup plus critiques. Une partielle est organisée. Edmond Michelet tente de conserver le siège au RPF. Il échoue dès le premier tour, ne recueillant que 13,8 % des suffrages exprimés. Ce net recul, qui survient en même temps que la dissidence d'une fraction du groupe, annonce la fin prochaine du RPF.
Louis Pasteur Vallery-Radot retrouve cependant un poste de premier plan quelques années plus tard. Il figure parmi les premiers membres du Conseil constitutionnel. Nommé par le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chaban-Delmas, il prête serment le 6 mars 1959. Le 2 octobre 1962, il fait partie de la majorité du Conseil qui, consulté pour avis, se prononce contre l'utilisation de l'article 11 pour faire adopter le projet d'élection du président de la République au suffrage universel direct. Membre du tribunal devant juger les généraux insurgés d’Algérie, il connaît des désaccords avec le général de Gaulle. Après avoir achevé son mandat de six ans, Louis Pasteur Vallery-Radot est nommé président du Conseil d'administration de l'Institut Pasteur.
Ce passionné de Claude Debussy a écrit ouvrages et articles médicaux dans les secteurs concernés par ses recherches : l'anaphylaxie, les maladies allergiques, les affections du rein. Il a corrigé, d'autre part, la correspondance de Louis Pasteur et donné une édition annotée de ses œuvres. Il est, en outre, l'auteur d'ouvrages divers comme Les Mémoires d'un anticonformiste. Ce grand notable a appartenu au conseil de l'ordre national de la Légion d'honneur. Il était titulaire de nombreuses décorations : croix de guerre 1914-1918, croix de guerre 1939-1945, Grand-croix de la Légion d'honneur, commandeur des Palmes académiques, des Arts et des Lettres, de l’Instruction publique et de la Santé publique. Connu à l'étranger pour ses travaux, il était docteur honoris causa de diverses universités.
Il meurt le 9 octobre 1970 à Paris.

Retour haut de page