Gabriel Péri

1902 - 1941

Mort pour la France

Informations générales
  • Né le 9 février 1902 à Toulon (Var - France)
  • Décédé le 15 décembre 1941 à Mont-valérien (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 9 février 1902 à Toulon (Var).

Député de la Seine-et-Oise de 1932 à 1940.

Originaire de Toulon où il naquit le 9 février 1902, Péri est encore étudiant et n'a que 17 ans quand il adhère au parti socialiste : l'année suivante, après le congrès de Tours, il rejoint les rangs communistes.

C'est au secrétariat des jeunesses communistes qu'il fera connaissance de Maurice Thorez et se liera avec lui d'une amitié fidèle, mais si l'un était issu de la classe ouvrière, l'autre appartenait à la classe des intellectuels bourgeois dont Marx prétendait que leur impuissance à trouver une idéologie valable les contraignait à venir à la révolution. Ce brillant élève du lycée de Marseille devant qui s'ouvraient les portes d'un avenir aisé avait suivi la voie qu'il avait choisie parce qu'écrit-il « éveillé à la vie pensante dans un monde encore en guerre, je cherchais une explication à la guerre, considérée non point seulement comme un bouleversement mais un aboutissement dont je voulais découvrir le sens, l'origine ; les explications classiques ne me suffisaient pas ». C'est ainsi qu'il découvrit l'explication scientifique donnée par Marx, En-gels, Lénine, la révolution russe. Le grand idéal humain qu'il a découvert lui a paru réalisable. Il décida alors de consacrer toutes ses forces à la cause de la classe ouvrière et de l'émancipation des hommes.

Secrétaire donc des jeunesses socialistes à Marseille, puis secrétaire de la fédération, Gabriel Péri, propagandiste du parti, devenait en 1924 chef de la rubrique internationale de l'Humanité. Mais, entre-temps, le jeune militant avait connu les poursuites et les coups. A 19 ans, il était emprisonné pour propagande antimilitariste. En 1921, il comparaît à nouveau devant le tribunal correctionnel pour la même raison.

Il participe avec Doriot aux réunions de l'internationale communiste et mène activement campagne contre l'occupation de la Ruhr, ce qui lui fait rejoindre à la Santé plusieurs membres du comité central. Six ans plus tard, en 1929, il est à nouveau condamné à l'emprisonnement avec Maurice Thorez et Vaillant-Couturier, cette fois pour avoir dénoncé la dictature du fascisme italien.

Farouche et déterminé dans son action de militant, il est apparemment tout autre en privé et même dans les controverses politiques les plus rudes où il manifeste une politesse appliquée, volontairement exagérée dira Aragon qui estimait cette politesse « sa meilleure défense contre les gens ».

Aux élections législatives de 1932, Gabriel Péri, membre du comité central et candidat du parti, battait dans la 1re circonscription de Versailles (Argenteuil) le candidat de Tardieu : de Fels, par 12.222 voix contre 11.277. Il sera réélu en 1936, battant cette fois un radical-socialiste, Mauranges, par 18.259 voix contre 11.110 (au premier tour 15.033 contre 10.604).

Par sa plume à l'Humanité aussi bien qu'à la tribune à la Chambre il défend vigoureusement l'Union soviétique, dénonce le nazisme montant, s'élève contre la « néfaste » non-intervention en Espagne, combat violemment en 1938 les accords de Munich « une capitulation qui risque d'être le départ d'un grand effondrement, la première étape du glissement ».

Munich, c'est la fin du Front populaire. C'est le prélude du pacte germano-soviétique qui entraînera en France la dissolution du parti communiste.

Péri espère encore en une alliance franco-anglo-soviétique à laquelle les communistes souscriraient sans réticence, mais tel n'est pas le plan de Moscou et, malgré son drame de conscience, Péri demeurera dans la discipline. Déchu de son mandat le 21 janvier 1940, il est, ensuite, condamné par contumace avec ses collègues du parti à cinq ans de prison pour reconstitution d'un parti interdit. Il poursuivra dans la clandestinité son activité de militant et de journaliste..

Fin et cultivé, Gabriel Péri n'apparaissait pas à ceux qui le connaissaient bien comme jouant un rôle avec un masque de courtoisie. Il était, naturellement, foncièrement courtois et n'avait pas cru devoir dépouiller le comportement inculqué et correspondant à sa nature pour mener le combat avec des camarades dissemblables, ce qui eût été jouer un rôle.

Il avait appris sa conviction et l'exprimait à sa manière, la force de cette expression était garante de sa sincérité Plus que d'une conviction il s'agissait, en ce qui le concerne, d'une foi, d'une foi dans les lendemains heureux, ne le reconnaît-il pas lui-même ? : « J'ai tenu ma profession comme une manière de religion dont la rédaction de mon article quotidien était chaque nuit le sacerdoce. »

Il avait le sens de l'humour avec des goûts et des passions, c'était un homme de finesse, d'une élégance qui n'était pas que de l'esprit, capable aussi de se tromper et de le reconnaître et dont l'amitié n'avait pas de prix.