Olivier Harty de Pierrebourg

1908 - 1973

Informations générales
  • Né le 10 juillet 1908 à Vauxbuin (Aisne - France)
  • Décédé le 22 août 1973 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Creuse
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Creuse
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Creuse
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Creuse
Groupe
Rassemblement démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Creuse
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Creuse
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

PIERREBOURG (Raymond, Marie, Olivier, HARTY de)
Né le 10 juillet 1908 à Vauxbouin (Aisne)
Décédé le 22 août 1973 à Paris (Vème)

Député de la Creuse de 1951 à 1958

Lointain descendant du comte de Vergennes, ministre de Louis XVI, fils du baron Harty de Pierrebourg et d’Armande de la Maisonneuve, Olivier de Pierrebourg a effectué ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand et ses études supérieures à la Sorbonne. Muni d’une licence ès-lettres, il embrasse la carrière de journaliste et devient rédacteur au service étranger de l’Agence Havas. Mobilisé en septembre 1939 comme chef d’escadron de cavalerie, démobilisé l’année suivante, il participe à la Résistance en organisant des réseaux et des services de renseignements. Il est chargé d’assurer notamment la sécurité de personnes recherchées par l’ennemi comme René Massigli ou Pierre Brossolette. Recherché par les Allemands dès novembre 1942, il est arrêté en juillet 1943 par la Gestapo. Interné à la prison militaire de Toulouse, puis au camp de Compiègne, il parvient à s’évader au cours de son transfert en Allemagne. Cette brillante conduite lui vaut le titre de Compagnon de la Libération, décerné le 26 septembre 1945, la Croix de guerre et la médaille de la Résistance.
Refusant les diverses sollicitations qui s’offrent à lui, il entre au journal Libération, quotidien dirigé par Emmanuel d’Astier de la Vigerie, comme directeur de la publicité, et gère l’entreprise familiale qui lui appartient à Lyon. Il ne tarde pas pourtant à aborder une carrière politique par le biais des cabinets ministériels. Il dirige en effet le service parlementaire d’André Philip, ministre de l’économie nationale en 1946-1947, puis de Paul Béchard, secrétaire d’Etat à la guerre, de novembre 1947 à mars 1948.
Fixé à Guéret en 1949 et directeur politique de La Creuse républicaine, il sollicite un mandat de député aux élections du 17 juin 1951. A la tête d’une liste radicale RGR (Rassemblement des Gauches républicaines), apparentée à quatre autres listes, il obtient 12,5% des 90 570 suffrages exprimés. L’apparentement n’ayant pas obtenu la majorité absolue, les sièges sont répartis à la proportionnelle. Le parti communiste, qui détenait deux sièges, n’en conserve qu’un ; la SFIO conserve le sien. Olivier de Pierrebourg est élu en troisième position, grâce à la plus forte moyenne.
Inscrit au groupe radical, il est nommé à la commission de la défense nationale. Il y siège jusqu’à la fin de la législature. En revanche, il quitte la commission de la production industrielle en 1954, après en avoir assuré le secrétariat pendant quatre ans. De surcroît, le 16 juillet 1953, il est nommé membre de la commission chargée d’enquêter sur le trafic des piastres indochinoises. Il est également secrétaire général du comité parlementaire de l’élevage.
Pour autant, Olivier de Pierrebourg se montre un parlementaire moins actif et moins présent que ses collègues, si l’on tient compte de ses nombreuses absences et de ses demandes de congé. Il ne dépose que trois propositions de loi et une proposition de résolution. Il souhaite, notamment, dégrever les héritiers de tout bien foncier du paiement des droits de succession (29 novembre 1951). Le 26 décembre 1951, il dépose une proposition de loi tendant à compléter la législation instituant des bonifications d’ancienneté pour les personnes ayant pris une part active et continue à la Résistance. Les deux principales interventions sur les quatre que prononce le député de la Creuse concernent la politique agricole « trop partielle » du gouvernement Laniel (22 octobre 1953) et une critique nuancée des négociations de la conférence de Londres (7 octobre 1954).
Radical modéré, assez proche des positions d’Edouard Herriot, il vote en faveur des gouvernements successifs, celui de Pierre Mendès France compris. Appartenant à la fraction « anticédiste » du parti radical, il vote la motion Aumeran qui, le 30 août 1954, enterre la Communauté européenne de défense (CED). Mais il donne sa voix à la ratification des accords de Londres comme il avait voté, en 1951, pour la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA). Le 5 février 1955, il refuse sa confiance au gouvernement Mendès France pour l’accorder ensuite, de bout en bout, à celui d’Edgar Faure.
En vue des élections du 2 janvier 1956, Olivier de Pierrebourg place sa candidature sous le patronage de Mendès France, malgré son vote du 5 février 1955, tout en concluant un apparentement « à droite » avec les Indépendants et les Républicains sociaux. Ce qui peut apparaître comme un double langage n’est pas sanctionné par les électeurs creusois qui accordent à sa liste 19 200 suffrages (21,3 % des 90 109 suffrages exprimés), soit près de 8 000 voix de plus qu’en 1951. Les deux autres sièges reviennent aux communistes. Il est par ailleurs élu conseiller général du canton de Jarnages en août 1957.
Il retrouve la commission de la défense nationale et y est nommé secrétaire, en 1956 seulement. Comme membre de ce premier aréopage, il est désigné pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et de contrôler de façon permanente, l’emploi des crédits affectés à la défense nationale. Il siège également à la commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement, durant la première année de la législature. Il rejoint la commission de la presse en 1957. Son activité demeure peu soutenue ; elle reste assortie d’absences et de congés. Il dépose deux propositions de loi et deux propositions de résolution relatives aux questions de défense, d’agriculture et de logement. Au sujet du premier thème précité, il invite le gouvernement, le 22 mars 1956, à établir les programmes de construction de logements et les organes administratifs d’exécution. Il revient sur les premier et troisième thèmes en séance, lors des quatre interventions qu’il développe : souhait de favoriser la construction de logements et d’équipements collectifs (19 novembre 1956) ; proposition de la création nécessaire d’une force nucléaire stratégique et d’une importante force aérienne de transports (6 décembre 1956).
Ses votes sont inégalement favorables aux gouvernements de la troisième législature. S’il soutient dans l’ensemble le gouvernement Mollet, il participe à la chute des gouvernements Bourgès-Maunoury et Gaillard, après avoir voté leur investiture. Ses convictions eurosceptiques se vérifient par un vote négatif à la ratification des traités de Rome, le 9 juillet 1957. Après avoir refusé l’investiture de Pierre Pflimlin, le 13 mai 1958, il se rallie à celle du général de Gaulle (1er juin), ainsi qu’à la dévolution des pleins pouvoirs des 1er et 2 juin 1958.
La carrière d’Olivier de Pierrebourg s’est poursuivie sous la Cinquième République. Il est régulièrement réélu, de 1958 à 1968, député de la première circonscription de la Creuse. Son évolution politique l’a conduit du radicalisme conservateur, dans le sillage d’André Morice, aux franges du Centre démocrate, puis à celles du gaullisme.
Il est battu aux élections de mars 1973 par le socialiste Guy Beck. Il disparaît cinq mois plus tard.


HARTY de PIERREBOURG (Raymond, Marie, Olivier)
Né le 10 juillet 1908 à Vauxbuin (Aisne)
Décédé le 22 août 1973 à Paris-6e

Député de la Creuse de 1958 à 1973

Issu de la fraction la plus conservatrice du Parti radical, Olivier de Pierrebourg a accepté le principe d’une révision constitutionnelle sous l’égide du général de Gaulle en juin 1958. Il figure au nombre des fondateurs de l’Union civique pour le référendum à l’été 1958 et appelle à voter « oui » à la Ve République le 28 septembre 1958.
Le retour au scrutin d’arrondissement satisfait l’ancien résistant et Compagnon de la Libération. Il se porte candidat aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958 dans la première circonscription de la Creuse, qui comprend la ville-préfecture de Guéret. C’est avec l’investiture de la Fédération radicale-socialiste de la Creuse (radicaux tendance André Morice), du Rassemblement des gauches républicaines et du Centre national des indépendants qu’il se présente aux électeurs. Le Compagnon de la Libération bénéficie également du soutien implicite des gaullistes, puisque l’UNR ne présente pas de candidat dans sa circonscription. Son principal adversaire au premier tour est le député sortant Pierre Ferrand, neveu d’un ancien sénateur radical-socialiste. Elu en 1956 sur une liste soutenue par le Parti communiste, Pierre Ferrand obtient en 1958 le soutien de Pierre Mendès France et se réclame d’une gauche modérée, mais hostile au retour au pouvoir du général de Gaulle. 15.800 voix se portent sur Olivier de Pierrebourg dès le 23 novembre 1958 : avec 43,5% des suffrages exprimés, il devance le communiste Raymond Labrousse (20,2%) et Pierre Ferrand (19,7%). Olivier de Pierrebourg obtient son meilleur résultat (58,7%) dans le petit canton de Jarnages, qu’il représente à l’Assemblée départementale depuis le 20 avril 1957. Il est réélu député de la Creuse avec 56,5% des voix le 30 novembre 1958, dans le cadre d’une triangulaire. L’analyse du scrutin fait apparaître qu’une majorité des électeurs socialistes du premier tour a choisi de reporter ses suffrages sur le Compagnon de la Libération plutôt que sur Pierre Ferrand ou Raymond Labrousse.
A l’Assemblée nationale, Olivier de Pierrebourg siège d’abord parmi les non-inscrits avant de prendre place au groupe de l’Entente démocratique en octobre 1959. Cette formation parlementaire rassemble presque tous les élus radicaux, ainsi qu’un certain nombre de députés issus de l’UDSR. Membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées sous la première législature de la Ve République, le député de la Creuse en assure la Vice-présidence de 1959 à 1962. Olivier de Pierrebourg ne se révèle pas un parlementaire plus actif sous le nouveau régime qu’à l’époque de la IVe République. Il doit en effet concilier les responsabilités politiques avec ses activités dans le monde des affaires : directeur et gérant des Etablissements Olivier de Pierrebourg et Cie (commerce de tissus), il est Administrateur de l’Unité hermétique de 1960 à 1969, puis président de la Société Air-Atlantique de 1962 à 1964. Le 26 avril 1960, il dépose une proposition de loi tendant à modifier un article du Code minier relatif aux indemnités dues aux propriétaires du sol. Le député de la Creuse ne prend la parole qu’à une occasion dans l’hémicycle, pour défendre un amendement au projet de loi complémentaire à la loi d’orientation agricole, le 19 juillet 1962.
Les votes du député de la Creuse dessinent le portrait d’un député d’opposition, fidèle à ses propres convictions et rétif aux disciplines de parti. Il accorde au gouvernement les pouvoirs spéciaux pour ramener l’ordre en Algérie (2 février 1960), peu après la semaine des barricades, mais vote la motion de censure qui renverse le gouvernement de Georges Pompidou le 4 octobre 1962.
Les élections législatives des 18 et 25 novembre 1962 ont lieu après que les Français ont approuvé l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct, le 28 octobre 1962. Dans la Creuse, 33,4% des électeurs inscrits ont accepté cette modification de la Constitution, quand 30% la rejetaient : l’abstention s’y est élevée à 35,2%, soit le taux le plus élevé de métropole.
Olivier de Pierrebourg prend acte dans sa profession de foi du résultat de cette consultation populaire, quoiqu’il ait appelé à voter « non ». Le député sortant se sent tenu d’expliciter sa vision des institutions : récusant toute nostalgie pour la IVe République, il se dit favorable à un gouvernement de législature et ajoute que, Compagnon de la Libération, il n’a pas pour objectif premier de combattre le pouvoir gaulliste. Il réaffirme cependant son opposition à la force de frappe, qu’il juge « inutile et ruineuse ». Reconnaissant qu’il a pu donner à certains électeurs le sentiment d’un député absent, Olivier de Pierrebourg met cette impression sur le compte d’ennuis de santé éprouvés à deux reprises entre 1958 et 1962. Ayant reçu l’investiture des radicaux-socialistes, le député de la Creuse a notamment pour adversaire l’ancien député communiste Auguste Tourtaud, candidat dans la seconde circonscription de la Creuse en 1958. Concurrencé par un candidat proche des gaullistes sur sa droite et par trois autres candidats de gauche, Olivier de Pierrebourg ne réunit que 9812 voix le 18 novembre 1962, contre 15800 quatre ans plus tôt. Il arrive cependant en tête des suffrages exprimés (32%), devant Auguste Tourtaud (28,4%) et un candidat socialiste indépendant (17,5%). Confronté au seul candidat communiste au second tour de scrutin, Olivier de Pierrebourg bénéficie d’un sursaut de la participation ainsi que d’un excellent report des voix de droite sur son nom : il est réélu le 25 novembre 1962 par 53,8% des électeurs de la 1ere circonscription de la Creuse.
Inscrit au groupe du Rassemblement démocratique, Olivier de Pierrebourg y retrouve ses collègues radicaux-socialistes de l’Assemblée nationale. Il est nommé membre de la Commission de la production et des échanges en 1962 et 1963. Olivier de Pierrebourg ne prend pas la parole sous la deuxième législature. Il s’associe en revanche à Pierre de Montesquiou, aristocrate et ancien résistant comme lui, pour déposer une proposition de loi autorisant les grands invalides et mutilés de guerre ayant cessé leur activité avant le 21 avril 1934 à exploiter des entreprises de transport. Le député de la Creuse se situe dans l’opposition au gouvernement de Georges Pompidou sous la 2e législature. Ayant combattu les forces d’Occupation dans l’action clandestine, ses souvenirs lui défendent d’approuver ou de rejeter le traité de l’Elysée, qui consacre la réconciliation franco-allemande : c’est pourquoi il fait le choix de l’abstention volontaire en juin 1963. Olivier de Pierrebourg s’oppose à la loi encadrant les modalités de la grève dans les services publics juillet 1963 comme à la réforme du mode de scrutin pour les élections municipales (juin 1964). A l’instar de Maurice Faure ou de Robert Fabre, il rejette la réforme du service national le 26 mai 1965.
Olivier de Pierrebourg refuse d’adhérer à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste car il redoute que celle-ci ouvre la voie à une alliance avec les communistes. C’est en candidat « radical » mais sans étiquette qu’il sollicite le renouvellement de son mandat les 5 et 12 mars 1967. Le député sortant explique son positionnement politique dans sa profession de foi électorale : « Jusqu’ici mon appartenance m’a amené à voter le plus souvent avec mon groupe. Mais je n’ai jamais aliéné ma liberté de jugement et de vote (...). Je n’ai voulu d’aucune investiture qui m’enchaînerait. Je n’oublie rien du respect qui est dû à la haute personnalité du Président de la République, mais je me refuse à une obéissance inconditionnelle. Je n’ai pas davantage l’intention de me tenir systématiquement dans une opposition stérile ». Tout en reconnaissant qu’il n’est pas aussi présent que souhaité dans son département, Olivier de Pierrebourg affirme son souci de dépasser les clivages partisans pour mieux servir la Creuse, et son souhait de continuer à mettre ses relations parisiennes au service des Creusois. Ce discours est dénoncé comme opportuniste par les anciens députés Auguste Tourtaud pour le Parti communiste, et Pierre Ferrand pour le PSU. Ces deux derniers siègent au Conseil général comme Olivier de Pierrebourg. Le 5 mars 1967, le candidat communiste devance le député sortant de 1393 voix (28,4% contre 24,7% des suffrages exprimés). Pierre Ferrand s’étant retiré en faveur d’Auguste Tourtaud, Olivier de Pierrebourg bénéficie au second tour du soutien de Claude Binet, candidat de la droite et des modérés. Il est réélu député de la Creuse le 12 mars 1967 par 52,1% des électeurs : le mauvais report des voix socialistes sur Auguste Tourtaud et une légère hausse de la participation ont autorisé ce succès.
L’ancien résistant refuse de rejoindre le groupe de la FGDS à l’Assemblée nationale et siège parmi les non-inscrits sous la 3e législature. Il est nommé membre de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales en 1968. Olivier de Pierrebourg consent à accorder les pouvoirs spéciaux au gouvernement Pompidou pour prendre certaines mesures d’ordre économique et social en 1967 : il refuse en effet de voter la motion de censure déposée à cet égard par l’opposition, en première comme en seconde lecture (20 mai et 9 juin 1967). Cette attitude témoigne de l’évolution du député de la Creuse vers la majorité.
Après que le général de Gaulle a dissout l’Assemblée nationale le 30 mai 1968, Olivier de Pierrebourg se présente aux électeurs de la 1ere circonscription de la Creuse comme un « radical indépendant ». Il a obtenu le soutien des gaullistes de l’UDR mais ne se réclame pas explicitement de la majorité pendant la campagne électorale. Ayant choisi « l’ordre, la légalité, la liberté », il appelle les Creusois à écarter « la violence et l’anarchie » en sanctionnant les candidats du Parti communiste et de la FGDS. 17021 électeurs, soit 45,2% des suffrages exprimés, se portent sur le député sortant dès le premier tour. Le 30 juin 1968, Olivier de Pierrebourg retrouve son siège avec près de 57,4% face au communiste Auguste Tourtaud.
Le député de la Creuse, proche du Centre démocrate, s’apparente cependant au groupe de l’Union des démocrates pour la République sous la 4e législature. Il siège à la Commission des finances, de l’économie générale et du Plan de juillet 1968 à avril 1972, puis retrouve la Commission de la Défense nationale et des forces armées de 1969 à 1973. Olivier de Pierrebourg ne prend pas la parole à l’Assemblée nationale, ni ne dépose de proposition de loi entre 1968 et 1973. Il se situe désormais dans la majorité : il soutient la loi Faure sur l’enseignement supérieur (octobre 1968) comme la loi dite « anti-casseurs » (juin 1970) et la création des régions (avril 1972). Le Compagnon de la Libération vote en faveur de la réforme du service national (juin 1970), et approuve les déclarations de politique générale de Jacques Chaban-Delmas en octobre 1970 et avril 1972.
Conseiller général de Jarnages jusqu’en 1970, Olivier de Pierrebourg est devenu maire de Guéret à l’occasion des élections municipales des 14 et 21 mars 1971. Il dispose à première vue d’une réelle implantation locale et rassemble plus de 40% des suffrages exprimés à l’issue du premier tour des législatives de mars 1973. L’ancien résistant a reçu l’investiture gaulliste, et bénéficie pour le second tour du soutien du candidat CNIP. Mais les élections de 1973 diffèrent sensiblement des scrutins précédents, car le candidat socialiste Guy Beck y devance au premier tour le communiste Bernard Triclot. La ressource de l’anticommunisme ne joue donc plus en faveur d’Olivier de Pierrebourg, qui se trouve rejeté un peu plus sur la droite entre les deux tours. Le 11 mars 1973, l’ancien sous-préfet Guy Beck l’emporte sur le Compagnon de la Libération pour 473 voix dans la première circonscription de la Creuse.
Très affecté par cette défaite électorale, Olivier de Pierrebourg disparaît quelques mois plus tard à l’âge de 65 ans. Sa qualité de membre de l’ordre de la Libération aurait pu lui valoir des funérailles en l’église Saint-Louis des Invalides. Conformément aux dernières volontés du défunt, ses obsèques sont toutefois célébrées dans la plus stricte intimité en l’église Saint-Sulpice, à Paris. Olivier de Pierrebourg est inhumé au cimetière du Montparnasse.

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