Roger Pinoteau

1910 - 1986

Informations générales
  • Né le 2 avril 1910 à Reuilly (Indre - France)
  • Décédé le 13 octobre 1986 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Seine
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Biographies

Biographie de la Ve République

PINOTEAU (Roger, Fernand, Louis, Wagner)
Né le 2 avril 1910 à Reuilly (Indre)
Décédé le 13 octobre 1986 à Paris (Seine)

Député de la Seine de 1958 à 1962

Issu d’une famille dont les origines se situent dans l’Aveyron et dans le Berry, Roger Pinoteau naît le 2 avril 1910 dans le nord du département de l’Indre, à Reuilly, de parents négociants. Après des études au collège de Châteauroux puis au collège Saint-Joseph à Poitiers, il s’inscrit aux Facultés de médecine et de droit à Paris. Une fois docteur en médecine, il entre en 1935 comme médecin à l’Assistance publique de Paris où il effectue toute sa carrière.
Mobilisé en 1939, il sert comme médecin capitaine dans l’armée française. Après sa démobilisation, il reprend ses activités médicales à Paris. Il se marie le 9 septembre 1946 à Chantal de Rendinger dont il a un fils. Il est nommé la même année membre du comité consultatif des hôpitaux de Paris et ce jusqu’en 1956. Il devient en 1949, secrétaire général des médecins de l’Assistance publique (AP) et, l’année suivante, médecin chef de l’administration générale de l’AP. Il est alors rattaché à l’hospice de Belleville. Il est en 1961, l’un des principaux artisans du rapprochement de l’Assistance publique et des autres hôpitaux publics de Paris. En 1968, il est élevé au rang de médecin-en-chef de l’administration générale de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
Proche du Centre national des indépendants (CNI), Roger Pinoteau entre en politique en 1953. Il est en effet élu conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine et le demeure jusqu’en 1965. Il est, entre 1953 et 1959, vice-président de la commission des finances de la ville de Paris et de la commission de la jeunesse et des sports, et, entre 1953 et 1965, vice-président de la commission du travail de l’Hôtel de Ville. Il est, en outre, vice-président du Conseil municipal de Paris entre 1959 et 1960.
Les élections législatives des 23 et 30 novembre 1958 sont pour lui l’occasion de défendre les couleurs du CNI dans la 30e circonscription de la Seine qui rassemble alors les quartiers de Belleville et de Saint-Fargeau. Avec 11 994 des 39 982 suffrages exprimés, soit 30% des voix, il devance de peu la députée communiste sortante Madeleine Marzin (29,5%) et plus nettement les candidats UNR (21,5%) et SFIO (12,9%). Au second tour, avec 17 138 des 39 281 suffrages exprimés, soit 43,6% des voix, Roger Pinoteau l’emporte face à la communiste (33,2%) et à un gaulliste (23,2%) qui avait choisi de se maintenir.
Il est nommé peu après membre de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale. Il est également élu membre du Sénat de la Communauté le 8 juillet 1959. Il le demeure une année.
S’il ne dépose que deux propositions de loi relatives à l’homologation des propositions de citations des soldats de la campagne 1939-1940 et à la promotion dans l’honorariat des officiers de réserve qui n’ont pu l’être du fait des événements de la guerre de 1939 à 1945, il se montre un parlementaire particulièrement actif si l’on veut bien tenir compte d’une petite trentaine d’interventions qu’il fait en séance durant la législature. Les sujets qu’il aborde, bien qu’assez hétéroclites en apparence, témoignent d’une certaine cohérence de ses préoccupations. Le médecin qu’il est ne manque pas de prendre la parole au sujet des conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique, du remboursement de plus en plus différencié des assurés des secteurs public ou privé et du risque de créer un accès à la médecine à deux vitesses, de l’utilisation thérapeutique du sang humain, de la situation sanitaire des populations des territoires français extra-métropolitains, de l’insuffisance des crédits du Service de santé de l’armée française d’Algérie, du déficit de formation des Français en matière de secourisme ou encore de l’insuffisante prise en compte des problèmes sanitaires et sociaux par le IVe Plan. Il est également intervenu sur des problèmes aussi divers que la situation algérienne en juin 1959. Il déplore à cette occasion « le danger » que représente la propagande antinationale menée par le parti communiste et salue le rétablissement de la confiance dans la France qu’il croit percevoir chez certains musulmans. Il manifeste enfin publiquement son souci de parvenir au vote d’une loi-cadre sur la protection générale du monde animal en juillet 1961, d’aboutir à une reconstitution harmonieuse et progressive des droits sociaux et salariaux des fonctionnaires et des salariés des entreprises nationalisées, ou encore de voir émerger une politique ambitieuse de bourses accordées aux étudiants européens ou proche-orientaux.
Durant cette première législature de la Ve République, il vote pour le programme du gouvernement Debré, rejette la plupart des amendements relatifs à la modification du règlement définitif de l’Assemblée nationale hormis celui du député Souchal mais vote la mouture finale du texte. Il se prononce en faveur du projet de loi sur les rapports entre l’Etat et les établissements d’enseignement privé mais s’abstient lors du vote des pouvoirs spéciaux et s’oppose à la révision du titre XII de la Constitution sur l’indépendance des Etats de la Communauté. Il s’abstient de nouveau lors du vote d’investiture du gouvernement Pompidou et vote la motion de censure le 4 octobre 1962 qui conduit à la dissolution de l’Assemblée nationale.
Candidat à sa propre succession aux élections législatives anticipées des 18 et 25 novembre 1962, Roger Pinoteau doit faire face aux candidatures de l’UNR Marc Saintout, de la communiste Madeleine Marzin et du SFIO Pierre Astier. Au soir du premier tour, il ne rassemble sur son nom que 7 668 des 31 763 suffrages exprimés, soit 24,2%, il arrive en troisième position, derrière la communiste (34%) et le gaulliste (32,8%). Il décide alors de retirer sa candidature et de se désister en faveur de Marc Saintout. Ce dernier l’emporte finalement avec 53,5% des suffrages exprimés.
Cet échec électoral clôt la carrière parlementaire de Roger Pinoteau qui, quoique brève, n’en fut pas moins nourrie. Il a été ainsi président du groupe d’amitié franco-libanais de l’Assemblée nationale de 1958 à 1962, président-adjoint de la Commission parlementaire de la presse, de la radio et du cinéma dans la même période, vice-président de la Commission de la santé du département de la Seine de 1959 à 1965, vice-président du Comité extra-municipal du commerce parisien à partir de 1959, puis vice-président depuis 1976 du Comité directeur du CNI. En outre, il a été vice-président du groupe des anciens députés en 1979 et président de la Commission des affaires sociales des anciens députés à l’Assemblée nationale en 1980.
Roger Pinoteau a par ailleurs été président d’honneur de 1981 à sa mort de la Fédération internationale du tourisme, président général de la Société Arts, Sciences, Lettres depuis 1962, vice-président de la Ligue française contre le bruit depuis 1971 et président d’honneur de diverses Sociétés parisiennes d’originaires du Berry et du Massif central.
Décédé le 13 octobre 1986, Roger Pinoteau était médaillé de l’Académie nationale de médecine, titulaire de la médaille militaire 1939-1945 avec citations, de la médaille d’or de l’American Legion, et de la grande médaille de vermeil de la Ville de Paris, de la médaille de la Santé publique, officier de la Légion d’honneur, titulaire des palmes académiques. Il était également commandeur et officier de nombreux ordres étrangers.

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