Jacques, Gustave Piou

1838 - 1932

Informations générales
  • Né le 6 août 1838 à Angers (Maine-et-Loire - France)
  • Décédé le 12 mai 1932 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Haute-Garonne
Groupe
Extrême-droite
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Haute-Garonne
Groupe
Extrême-droite
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Haute-Garonne
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Lozère
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Lozère
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Lozère
Groupe
Action libérale

Biographies

Député de 1885 à 1889, né à Angers (Maine-et-Loire) le 6 août 1838, fils de Jean-Baptiste Constance Piou (1800-1890), représentant en 1871, Jacques Piou étudia le droit et se fit recevoir avocat. Après avoir plaidé avec talent au barreau de Toulouse, il commanda (1870) les mobilisés de la Haute-Garonne.

En 1878, il quitta le barreau, fut élu conseiller général d'un des cantons de la ville de Toulouse, et ne cessa de manifester des opinions monarchistes qui le firent porter (4 octobre 1885) sur la liste conservatrice de la Haute-Garonne : M. Piou fut élu, le 2e sur 7, par 54 496 voix (108 936 votants, 138 226 inscrits). Il prit place à droite, et fit preuve d'un réel talent de tribune, lorsqu'il protesta (juin 1886) contre l'expulsion des princes au nom de la liberté, parla (octobre) contre la loi sur l'enseignement primaire, et demanda (novembre 1887), au nom de la droite, si une information judiciaire était ouverte sur les faits révélés au procès Caffarel-Limouzin (affaire Wilson) ; il se montra disposé à organiser dans le parlement et dans le pays un parti de droite républicaine, et vota le plus souvent avec la minorité, notamment dans la dernière session :

- contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- contre les poursuites contre le général Boulanger.


Né le 6 août 1838 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 12 mai 1932 à Paris.
Député de la Haute-Garonne de 1885 à 1893. et de 1898 à 1902.

Député de la Lozère de 1906 à 1919.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. IV, p. 638.)

En 1889, il est de nouveau candidat dans la Haute-Garonne ; il choisit l'arrondissement de Saint-Gaudens, où il est élu au second tour de scrutin par 7.228 voix contre 6.229 à M. Cruppi, avocat général à la Cour de cassation. Dès la rentrée des Chambres, il commence à définir une nouvelle politique d'adhésion à la République qui deviendra le « ralliement ». Il constitue un nouveau groupe parlementaire, la « droite indépendante » ou « républicaine », appelé aussi souvent « droite constitutionnelle ».

Cette attitude provoque, à son origine, de nombreuses et vives polémiques. Jacques Piou exposera lui-même à la tribune de la Chambre les grandes lignes de cette nouvelle politique, lors d'une interpellation sur la politique générale du gouvernement Ribot en 1891.

En dehors de cette action d'une grande importance et qui le confirme comme un des grands leaders de la droite, il participe à l'activité législative. Il est chargé de nombreux rapports. Il intervient dans toutes les discussions importantes. Son discours du 20 janvier 1893 en faveur du maintien intégral du budget des cultes, très applaudi, rallie la majorité de la Chambre.

En 1893, il se représente devant ses électeurs de Saint-Gaudens. Il est battu dès le premier tour de scrutin par M. Bepmale, maire de Saint-Gaudens, candidat radical-socialiste.

Il se retire alors dans ses vastes domaines de Gironde et se consacre aux questions agricoles. Il fait de nombreuses conférences et fonde le syndicat des propriétaires de la Gironde, dont il est président.

En 1898, il se représente à Saint-Gaudens. Il prend alors sa revanche sur M. Bepmale, qu'il bat dès le premier tour par 7.319 voix contre 6.495.

Il redevient alors l'un des principaux orateurs de la droite et de la Chambre tout entière. Il prononce des discours célèbres à l'époque sur l'affaire Dreyfus, les affaires de Chine, le contrat d'association ou encore la déchéance de Paul Déroulède.

Il fonde, en 1901, l' « Action libérale populaire », dont le but est de défendre ou conquérir toutes les libertés légitimes et, en premier lieu, la liberté religieuse. Il préside le groupe de ce parti à la Chambre, qui compte trente-trois membres.

En 1902, il est de nouveau battu par Bepmale, avec 5.973 voix contre 7.803. Il n'en continue pas moins son action politique. Il prononce des discours dans toutes les grandes villes de France et mène une vaste campagne de propagande en faveur de l'A.L.P. qui, en 1906, compte 260.000 cotisants.

Il publie alors plusieurs ouvrages : Le réveil du Pays et Les responsabilités de Waldeck-Rousseau (en collaboration avec Albert de Mun, 1902), Les femmes chrétiennes et La lutte pour la liberté (en collaboration avec A. Mouly, 1903), Comment se défendre ?, Un programme social et Le rôle du patron (1904), Le rôle des catholiques à l'heure actuelle (1905).

Aux élections de 1906, il quitte la Haute-Garonne pour se présenter en Lozère. Il est élu à Mende dès le premier tour, avec 7.193 voix contre 4.269 à Faves, candidat des gauches.

En 1910, il est réélu à Mende dès le premier tour, avec 6.442 voix contre 5.150 à Paraf. En dehors de son action politique générale qu'il poursuit, il s'intéresse à divers travaux de la Chambre, et tout spécialement aux budgets. Il publie également différents ouvrages : Discours parlementaires (1909), Questions religieuses et sociales (1910), Le budget de 1911 (1911). Réélu en 1914, il devient vice-président de la commission du budget en même temps que membre de la commission des affaires étrangères, où il succède à Albert de Mun. Pendant la guerre, il est délégué du Parlement aux armées.

Au lendemain de l'armistice, il joue un grand rôle dans la formation du bloc national en suggérant la laïcité qui, seule, pouvait permettre de faire l'union. Agé de 81 ans, il ne fait pas acte de candidature aux élections de 1919. Il se retire en Gironde et se consacre à sa propriété de vignobles ainsi qu'à l'administration de la petite commune de Sadirac.

À la fin de sa vie, Jacques Piou écrit plusieurs ouvrages dont l'intérêt historique est indéniable : La vie publique du comte Albert de Mun, Le Ralliement et son histoire, et, enfin, D'une guerre à l'autre, qui venait de paraître lorsqu'il mourut, le 12 mai 1932, âgé de 94 ans.

Outre les divers ouvrages cités ci-dessus, Jacques Piou a laissé une œuvre considérable de publiciste avec un nombre incalculable d'articles écrits dans les plus grands quotidiens et périodiques, parmi lesquels on peut citer l'Observateur, la Revue des deux mondes, le Figaro.



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