Lucien, Joseph, François Rose

1916 - 2004

Informations générales
  • Né le 23 juin 1916 à Goncelin (Isère - France)
  • Décédé le 22 juillet 2004 à Betton (Ille-et-Vilaine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Savoie
Groupe
Résistance démocratique et socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

ROSE (Lucien, Joseph, François)
Né le 2 juin 1916 à Goncelin (Isère)
Décédé le 22 juillet 2004 à Betton (Ille-et-Vilaine)

Député de Savoie de 1945 à 1946

Né le 2 juin 1916 à Goncelin, en Isère, au hasard d'une affectation de son père, gendarme, Lucien Rose est d'ascendance totalement rurale et savoyarde, enracinée dans le canton de Montmélian.
Elève du Collège Saint Jean-Baptiste de la Salle de La Motte-Servolex puis de l'Ecole professionnelle primaire supérieure de Chambéry, il obtient le brevet d'enseignement élémentaire. A 17 ans il commence à travailler dans le service administratif des Papeteries de France, à Saint-Alban-Leysse, dans la banlieue de Chambéry, puis dans le service commercial de l'Etoile des Alpes, une chaîne d'épiceries, avant d'être embauché au service du personnel de la toute nouvelle SNCF, le 1er juin 1937.
Fortement influencé par le studium dominicain de Saint-Alban-Leysse (RP Gerlaud), Lucien Rose milite, dès 1935, à la Jeune République, résurgence du Sillon. La dynamique syndicale de 1936 gonfle les effectifs de la CFTC, soutenue par Mgr Durieux, évêque de Chambéry, et implique le choix et la formation rapides de cadres sûrs. Lucien Rose est de ceux-là: il devient, en 1938, secrétaire adjoint du syndicat des cheminots CFTC. En même temps il s'engage dans le mouvement chrétien anti-nazi et anti-munichois des "Nouvelles Equipes françaises" de Georges Bidault, Francisque Gay et Louis Terrenoire. Il en devient le responsable départemental pour la Savoie. Avec Léon Morandat, permanent CFTC de Maurienne et Tarentaise, Lucien Rose veut faire du syndicalisme chrétien un rempart contre les totalitarismes. Leur journal, Le Syndicaliste savoyard, se démarque de plus en plus de La Croix de Savoie, pro-mussolinienne, devenue pro-franquiste.
Mobilisé en 1939 comme sous-officier de Chasseurs alpins, Lucien Rose est engagé dans des opérations sur la frontière italienne, puis en Alsace, sur la Somme et, enfin, en Norvège. Démobilisé en juin 1940 comme lieutenant de réserve, il rentre à Chambéry. Contrairement à d'autres syndicalistes, chrétiens (F.Rossillon, G.Roulet) ou marxistes (M.Mergier,L. Bertin), Lucien Rose ne se laisse guère séduire par les sirènes pétainistes et devient un des premiers résistants savoyards.
Pour faire pièce à la Charte du travail il crée, dès septembre 1940, le Collège syndical de formation ouvrière, avec, pour la CFTC, Jules Zirnheld, Gaston Tessier, Maurice Bouladoux et, pour la CGT, Louis Saillant, Robert Lacoste, Albert Gazier. D'abord chargé de diffuser la presse clandestine venue de Lyon (Les Petites Ailes, Vérités), Lucien Rose reçoit de Léon Morandat, délégué du général de Gaulle en France, mission d'organiser les mouvements Libération et Franc-Tireur dans les Alpes. En qualité de chef "civil", il partage avec l'architecte chambérien Edwin Stephens, chef militaire, la direction de la région "Lamartine" et il sait canaliser vers la Résistance les opposants à "la relève" et les réfractaires au STO, associant les communistes clandestins et les militants de la CGTU aux grèves qu'il organise en 1942 (au dépôt SNCF, à l'usine Aluminium français…). Ayant réussi à échapper à la Gestapo au printemps 1943, il crée, en octobre, un original comité d'unité d'action CFTC-CGT qui s'impose comme seul interlocuteur crédible du patronat savoyard. Mais, en sa qualité de sous-chef régional des MUR pour les Alpes du Nord (Isère, Savoie, Haute-Savoie),il ajoute à son action syndicale l'unification des forces de l'Armée secrète et des FTP pour constituer, au printemps 1944, les FFI dont l'action sera capitale dans la libération des deux départements savoyards. Président du Comité départemental de Libération de Savoie, Lucien Rose est chargé, pour quelques semaines, de l'administration départementale (août-septembre 1944).
Ces activités se prolongent par l'action politique. Il est élu conseiller général (canton de Chambéry-Nord) puis député de Savoie à la première Assemblée nationale constituante, sous l'étiquette Jeune République, avec 19,49 % des suffrages exprimés au scrutin du 21 octobre 1945.
Inscrit au groupe Résistance démocratique et sociale, il est membre de la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale, de la Commission du travail et de la sécurité sociale, de la Commission de la justice et de législation générale, de la Commission supérieure des jeux. Il est élu secrétaire de l'Assemblée et nommé juré à la Haute cour de justice.
Secrétaire général du mouvement Jeune République (1945-1949), il reste également à la tête de la CFTC de Savoie, sur une ligne favorable à la fusion avec la CGT, ligne minoritaire au niveau national et dénoncée par le congrès de la Confédération internationale des syndicats chrétiens, à Amsterdam en 1946.
Ce positionnement d'une part et, d'autre part, la structuration du MRP savoyard par Joseph Fontanet, laminent l'électorat de Lucien Rose ; avec 8,2% des voix, il perd son siège de député aux élections du 2 juin 1946. Boudé par les Savoyards, Lucien Rose change de territoire : pour les élections législatives du 10 novembre 1946, il prend, sans succès, la tête d'une liste UDSR dissidente en Loire-Inférieure dont la fédération refuse de soutenir la candidature d'André Morice, chef d'une entreprise suspectée de collaboration. Il n'est pas réélu conseiller général en 1951. Il entame alors une carrière dans la presse (Résistance de l'Ouest, à Nantes, Nouvelle République à Bordeaux, services parisiens de Nord- Eclair) qui le conduit à la publicité, notamment à l'agence Havas dont il sera le directeur régional à Rennes jusqu'en 1981.
Il reste politiquement engagé et, après une vaine tentative aux législatives de 1956 sous l'étiquette UDSR, il adhère à la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand, rejoignant ainsi le Parti socialiste au congrès d'Epinay. Il est maire-adjoint de Rennes de 1977 à 1995.

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