Joseph Rossé

1892 - 1951

Informations générales
  • Né le 26 août 1892 à Montreux-vieux (Haut-Rhin - France)
  • Décédé le 25 octobre 1951 à Eysse (Lot-et-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 8 novembre 1928
Département
Haut-Rhin
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Haut-Rhin
Groupe
Républicains du centre
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Haut-Rhin
Groupe
Indépendants d'action populaire

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 26 avril 1892 à Montreux-Vieux (Haut-Rhin). Député du Haut-Rhin de 1928 à 1940.

Professeur à l'école primaire supérieure de Colmar le 1er octobre 1920, il est révoqué en 1926 pour avoir rédigé le manifeste de l'Heimatbund de tendance autonomiste. Il se lance alors dans le journalisme et entre à L'Elsâsser Kurier. Membre de l'union populaire républicaine, jouissant d'une certaine influence dans les milieux catholiques alsaciens, Joseph Rossé a toujours plaidé avec vigueur en faveur d'une régionalisation qui aurait permis à l'Alsace de jouir d'une sorte de régime particulier. Il s'est toujours défendu cependant de soutenir le mouvement autonomiste alsacien.

Dans son programme électoral de 1932, on trouve la phrase suivante « Nous demandons le régionalisme pour l'Alsace comme pour la France entière... Nous voulons que l'Alsace remplisse son noble rôle d'intermédiaire dans la tâche immense mais nécessaire de la réconciliation des peuples ». C'est précisément ce deuxième aspect du problème, à savoir la place de l'Alsace dans les relations franco-allemandes, qui rendit délicate la position politique de Joseph. Rossé. Les souvenirs de la guerre 1914-1918, la crainte du militarisme allemand, la montée du nazisme et l'évolution de plus en plus évidente du monde vers la guerre rendirent suspecte, aux yeux de la plus grande partie de l'opinion publique, l'action de Joseph Rossé.

Elu, au second tour de scrutin, député de Colmar, le 29 avril 1928 par 11.268 voix contre 7.353 à M. Richard et 2.912 à M. Murschel, Joseph Rossé se voit déchu de sa qualité de membre de la Chambre des députés, le 8 novembre de la même année. Cette déchéance fait suite à sa condamnation le 24 mai 1928 à un an de prison et cinq ans d'interdiction de séjour par la Cour d'assises du Haut-Rhin pour complot contre la sûreté de l'Etat.

Amnistié par la loi du 24 décembre 1931, Joseph Rossé est réélu au second tour de scrutin en 1932 (par 11.156 voix contre 8.869 à M. Bisch et 1.626 à M. Arschbacker) et en 1936 (par 12.420 voix contre 9.952 à M. Richard). A la Chambre des députés ses interventions sont, pour l'essentiel, consacrées aux problèmes d'Alsace-Lorraine. Il fait d'ailleurs partie de la commission de l'Alsace et de la Lorraine et de la commission des régions libérées. Cependant, à diverses reprises, il a l'occasion d'exprimer des opinions qui révèlent son état d'esprit face aux problèmes politiques majeurs de l'époque.

C'est ainsi qu'il se déclare hostile, en 1936, à la ratification du traité franco-soviétique. Dans sa déclaration électorale, lors des élections générales législatives de 1936, le Traité est qualifié de « source d'ennuis et de danger qui ne renforce en rien notre sécurité ». Son anti-communisme et son hostilité à la gauche s'expriment également très clairement. En 1938, il est « munichois » et déclare, à l'occasion du vote du budget de 1939 : « Nous voulons... apporter notre approbation au gouvernement qui, au mois de septembre, a, au prix de grands efforts épargné au monde, à la France et notamment à notre province frontière, une guerre meurtrière. Nous voulons l'encourager à persévérer dans cette voie ». Son souci de ménager le particularisme alsacien-lorrain, son hostilité au collectivisme, son désir d'entente avec le Reich le poussent-ils plus loin ? ou bien encore est-il un agent de la propagande germanique ? Il s'en défendra toujours. En tout cas, le 10 octobre 1939, il est arrêté à Nancy pour atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat et transféré successivement dans les maisons d'arrêt de Lyon, Valence, Avignon, Mende et Privas. C'est dans cette dernière qu'il se trouve au moment de l'armistice. Les autorités nazies s'emploient alors à le faire libérer et y parviennent.


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