Henri Roy

1873 - 1950

Informations générales
  • Né le 17 février 1873 à Le bouchaud (Jura - France)
  • Décédé le 23 août 1950 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Loiret
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Loiret
Groupe
Républicains radicaux-socialistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Loiret
Groupe
Parti républicain radical et radical socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 11 janvier 1920 au 31 décembre 1941

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 17 février 1873 au Bouchaud (Jura).

Député du Loiret de 1906 à 1919.

Sénateur du Loiret de 1920 à 1941.

Commissaire au Ravitaillement du 15 juillet 1919 au 18 janvier 1920.

Ministre des Travaux publics du 8 novembre 1934 au 31 mai 1935.

Ministre de l'Intérieur du 21 mars au 18 mai 1940.

Henri Roy naquit dans une petite commune du Jura où son père était instituteur. Tandis que Roy père menait sa classe de 93 élèves, Henri entrait au lycée de Lons-le-Saunier avec une bourse. Il se destinait à l'enseignement. Il entra ensuite au lycée Lakanal et passa fort convenablement ses baccalauréats. Au collège Sainte-Barbe où il allait préparer Normale supérieure, il rencontra Jérôme et Jean Tharaud et Charles Péguy à qui une solide amitié le lie. Les après-midi d'hiver, le petit groupe se réfugiait dans la chapelle, Roy se mettait à l'harmonium et de sa belle voix chantait devant les bancs vides.

Son échec rue d'Ulm le détourna de l'enseignement et, après avoir passé deux licences de lettres et une licence de droit, c'est sans passion qu'il prépara l'agrégation. Il devait profiter de la première occasion pour aller du côté où ses goûts personnels le poussaient. L'affaire Dreyfus fut cette occasion : elle jeta Roy, comme beaucoup de ses camarades, dans la politique.

Deux mois de collaboration au journal La Volonté, fondé en 1897 par Franklin Bouillon et Pierre Baudin, lui font découvrir sa vocation et c'est avec enthousiasme qu'il accepte, sur le conseil de Péguy, le poste de rédacteur en chef d'un quotidien radical orléanais Le Progrès du Loiret. Ses articles bien pensés et bien écrits séduisent la clientèle du journal et lui font une réputation dans la région.

On s'aperçoit d'ailleurs qu'il est encore mieux fait pour parler que pour écrire. Aux élections générales de 1906, candidat des républicains et des radicaux dans la 2e circonscription d'Orléans contre le représentant progressiste Darlay, il est victorieux dans cette bataille par une brillante élection, avec plus de 1.000 voix de majorité.

Tout en poursuivant sa carrière de journaliste - il collaborera au Progrès jusqu'en 1936 - et d'avocat - il est inscrit au barreau d'Orléans - le jeune parlementaire se met au travail austère des commissions : suffrage universel, marchés, travaux publics. Il présente plusieurs rapports importants, notamment sur l'organisation des chemins de fer de l'Etat en 1911 et sur le premier projet d'augmentation des tarifs. Il s'occupe aussi de ses électeurs qui renouvellent son mandat en 1910 puis en 1914.

Clemenceau lui-même lui témoigne sa confiance en le nommant commissaire au ravitaillement le 15 juillet 1919. Tâche ingrate et difficile. Roy crée des restaurants populaires, première tentative méthodique contre la vie chère, mais il ne restera pas longtemps le « restaurateur » national.

Ayant posé le fusil, les « poilus » reprennent le bulletin de vote et Henri Roy tombe victime de cette arme redoutable le 16 novembre 1919.

Quelques semaines plus tard, en janvier 1920, il entre au Sénat avec ses deux camarades de liste, Fernand Rabier et Marcel Donon. Il s'inscrit au groupe de la gauche démocratique et fait partie de plusieurs commissions : chemins de fer et transports, commerce, au sein desquelles il fournit un important travail. Très vite il devient un des membres les plus écoutés de la commission des finances. Rapporteur des services d'Alsace et de Lorraine, il prend ensuite le budget de la poste.

Réélu en 1924 et 1928, il remplira avec autorité en 1932 et 1933 les fonctions de rapporteur général du budget. Il devra malheureusement en démissionner pour raisons de santé.

Dans le même temps, il fait partie du conseil d'administration de l'Office national des combustibles liquides, dont il devient président en 1932, en remplacement de Loucheur.

Après avoir refusé à huit reprises les portefeuilles ministériels qui lui furent offerts, il accepta finalement d'entrer au cabinet de Pierre-Etienne Flandin, le 8 novembre 1934, en qualité de ministre des Travaux publics. Il reprit le problème ardu de la coordination du rail et de la route et fit procéder à un inventaire exact de la situation technique et financière des chemins de fer, travail de longue haleine dont les résultats furent utilisés par ses successeurs.

Le 31 mai 1935, il retrouve son siège de sénateur et, en 1936, il est élu vice-président du Sénat : il le restera jusqu'en 1940.

En mai 1940, alors que l'orage gronde aux frontières, il accepte une dernière responsabilité, la lourde charge du ministère de l'Intérieur dans le cabinet Paul Reynaud.

Le 10 juillet, il vote la réforme constitutionnelle.


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