Léon Sagnol

1891 - 1991

Informations générales
  • Né le 5 octobre 1891 à Le puy (Haute-Loire - France)
  • Décédé le 7 juin 1991 à Le puy (Haute-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Loire
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

SAGNOL (Léon, Eugène)
Né le 5 octobre 1891 au Puy (Haute-Loire)
Décédé le 7 juin 1991 au Puy

Député de la Haute-Loire de 1956 à 1958

Léon Sagnol, titulaire d'un diplôme de fin d'études secondaires, est incorporé en octobre 1912. Combattant de la Grande Guerre, il est réformé n° 1 en juillet 1918 avec le grade d'aspirant.
Léon Sagnol s'installe comme négociant en gros de produits laitiers et avicoles. Dans sa profession, il s'impose et accède à la direction des associations professionnelles du secteur, après la seconde guerre mondiale. Président du syndicat des expéditeurs de beurre et œufs de la Haute-Loire, il est par ailleurs président d'honneur de la Fédération nationale des syndicats des expéditeurs de beurre, œufs, fromages et volailles et préside le syndicat national de la conserverie et de la casserie d'œufs du département.
Parallèlement, Léon Sagnol est un actif militant radical, très engagé dans le monde laïque. Il est candidat aux élections de novembre 1946, en troisième position sur la liste du Rassemblement des gauches républicaines (RGR) conduite par André Laurent-Eynac. Elle obtient 16 741 voix sur 115065 suffrages exprimés. Il ne figure pas sur la liste radicale RGR en juin 1951. Léon Sagnol préside l'amicale laïque du Puy, de 1951 à 1965. Il est vice-président, puis président du conseil d'administration de la Fédération départementale des œuvres laïques de la Haute-Loire. Il préside aussi l'Union départementale de l'Union des délégués de l'éducation nationale.
Secrétaire général, puis président de la fédération départementale du Parti radical-socialiste en 1955, Léon Sagnol, à l'âge de soixante-cinq ans, est présenté par celui-ci aux élections législatives du 2 janvier 1956. Il conduit la liste « de Front républicain et d'Union des gauches », présentée par le parti radical-socialiste, le parti socialiste SFIO - dont les candidats figurent en deuxième et troisième positions -, l'Entente gauche indépendante et la Jeune République, laquelle ne compte qu'un seul candidat, un jeune conseiller général catholique placé en fin de liste. Ils sont soutenus efficacement par le journal local Le Quotidien et mènent une campagne très agressive dont témoigne leur profession de foi. Ils critiquent la majorité sortante, mais aussi les communistes qui « feraient gaspiller vos voix » et organisent une « campagne uniquement de calomnies, de haines et de mensonges », dénoncent la violence des poujadistes et surtout s'en prennent au ministre Paul Antier, « ce faux grand homme qui vous a préparé une vraie misère » et appellent à voter « Front Républicain »
Son résultat électoral est un succès relatif. Alors que socialistes et radicaux indépendants avaient rassemblé 21 000 voix en 1951, la liste d'union n’obtient que 16 640 voix en moyenne (16 905 pour Sagnol) sur 145 631 inscrits et 113 869 exprimés, soit un résultat comparable à celui de la seule liste radicale en 1946. Mais, grâce à la dispersion de ses adversaires, le 2 janvier 1956, l'Union des gauches l'emporte de 224 voix sur les poujadistes et d'un peu plus de 550 sur les communistes. Léon Sagnol est le premier élu de la gauche non communiste du département depuis le Front populaire. Au Palais-Bourbon, il dépose trois rapports au nom de la commission de l’agriculture. Ses rapports portent sur des propositions de loi ou de résolution. Sa principale intervention est relative à son propre domaine d'activité. Il prend part à la discussion d'interpellation relative à la politique agricole et viticole, le 15 mars 1956, pour demander le maintien de l'emploi des conservateurs dans le beurre et pour défendre l'industrie moins équipée des régions montagneuses. Il défend plusieurs amendements à l’occasion des conclusions d’un rapport relatif au placement des fonds des caisses d’épargne des territoires relevant du ministère de la France d’Outre-mer.
Léon Sagnol est nommé membre de la commission de l'agriculture (1956-1958) et de la commission des pensions (1956-1958). La commission des pensions le désigne comme membre titulaire de la commission chargée de s'informer du fonctionnement de certains services du ministère des anciens combattants, le 7 février 1957.
Ses votes sont conformes à ceux de la majorité du groupe parlementaire du parti radical et des partis du Front républicain, suivant la discipline que tente d'imposer Pierre Mendès France. Un vote fait exception : celui du 21 mai 1957, sur les projets financiers du gouvernement Guy Mollet qui entraînent la chute du plus long cabinet de la Quatrième République. Alors que le groupe a décidé de s'abstenir pour préserver son unité, laissant les ministres voter « pour », Léon Sagnol et trois autres parlementaires radicaux approuvent le texte gouvernemental. Cette indiscipline de quatre parlementaires va à l'encontre du travail de l'équipe mendésiste qui s'efforce depuis de long mois d'imposer une discipline de vote au sein du groupe. Léon Sagnol s'en justifie auprès des instances radicales en arguant des contraintes de politique locale, rappelant qu'il a été élu sur une liste d'union, avec les socialistes et les membres de la Jeune République. Il explique, dans une déclaration écrite, «qu'il n'est pas un député radical à part entière», car il a contracté des engagements qu'il entend respecter. Refusant d'être une cause de dissentiment dans le parti, il demande au bureau « de décider si sa situation est compatible ou non avec la discipline du parti », ajoutant être prêt à remettre sa démission du groupe et du parti si la décision est négative. Le bureau du parti, réunit le 23 mai, se divise. A la majorité de 17 voix contre 15, il vote un simple blâme pour deux autres députés et se contente d'adresser un avertissement à Léon Sagnol et à André Bonnaire. Pierre Mendès France, qui demandait des exclusions, s’estime désavoué par le bureau du parti et donne sa démission de son poste de premier vice-président du parti radical.
Léon Sagnol soutien ensuite les gouvernements Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard et leur politique algérienne. Il approuve encore la ratification du traité instituant la Communauté économique européenne (CEE) en juillet 1957. En 1958, il vote pour l'investiture du gouvernement Pflimlin et lui accorde les pleins pouvoirs le 16 mai. Le 1er juin 1958, il vote la confiance à Charles de Gaulle. Le lendemain, il lui accorde les pleins pouvoirs et approuve le projet de loi relatif à la révision constitutionnelle.
Léon Sagnol ne se représente pas aux élections législatives de novembre 1958, mais il est candidat – sans succès – au Sénat, l'année suivante. Il est candidat dans la deuxième circonscription de la Haute-Loire en 1962. Il est battu au second tour par Marcel Raffier (19 482 voix), n’arrivant qu’en troisième position, avec 11 747 voix sur 47 622 suffrages exprimés, derrière le député sortant, Jean Deshors (16 393 voix). Il ne se représente plus par la suite.
Décoré de la croix de guerre 1914-1918 et de la médaille militaire, il est fait officier de la Légion d’honneur en 1935. Il est aussi chevalier du mérite agricole, officier des Palmes académiques. Il est aussi titulaire de la médaille d’or de la Ligue française de l’enseignement.

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