Adeham Saïd-Ibrahim

1911 - 1975

Informations générales
  • Né le 17 avril 1911 à Tananarive (Madagascar)
  • Décédé le 20 décembre 1975 à Djeddah (Arabie séoudite)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 31 mai 1959 au 9 octobre 1962
Département
Comores
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Comores
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Comores
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 15 avril 1970
Département
Comores
Groupe
Union des démocrates pour la République

Biographies

Biographie de la Ve République

SAÏD-IBRAHIM (Adeham)
Né le 17 avril 1911 à Tananarive (Madagascar)
Décédé le 24 décembre 1975 à Moroni (Comores)

Député des Comores de 1959 à 1970

Fils du sultan Saïd Ali, exilé à Madagascar, Adeham Saïd-Ibrahim naît dans une famille aristocratique de la Grande-Comore. Il commence ses études à Moroni, avant de les poursuivre en terre malgache, à Majunga. Il intègre ensuite l’école La-Myre-de-Villiers, lieu de formation des cadres administratifs de Madagascar. Il entame dès lors sa carrière dans l’administration dite autochtone du territoire des Comores.
En avril 1958, Adeham Saïd-Ibrahim devient président de l’Assemblée territoriale des Comores, qui prend la suite en 1952 du Conseil général de gouvernement ; cet organe est doté de pouvoirs délibératifs, sur des questions restreintes. Il reste à la tête de cette institution, qui prend ensuite le nom de Chambre des députés, jusqu’en 1970. A la même période, il est nommé ministre des Finances du Conseil de gouvernement des Comores. Créé en 1956 par la loi-cadre Defferre, cet organe exécutif est composé de ministres désignés par l’Assemblée territoriale. Il occupe cette fonction de 1957 à 1958.
Sa carrière parlementaire commence par un premier échec : aux élections du 2 janvier 1956, il échoue à emporter le siège de député à l’issue d’un scrutin serré, qui voit son adversaire Saïd Mohamed Cheikh gagner avec 21 748 suffrages, soit à peine 1000 voix de plus que lui. L’archipel des Comores dispose, sous la Cinquième République naissante, de deux sièges de députés. Le 31 mai 1959, quand se tiennent les élections législatives, une seule liste se présente dans la circonscription constituée par l’archipel, sous la bannière de l’UNR : la Liste d’union comorienne d’action économique et sociale. Saïd-Ibrahim se présente sur cette unique liste avec son ancien rival politique : Saïd Mohamed Cheikh, député sortant (UDSR). Les deux candidats ne publient pas de circulaire électorale. Ils sont élus, avec 64% de participation, remportant les voix de plus de 99% des votants.
Le nouveau député du territoire d’outre-mer s’inscrit à l’Assemblée au groupe de l’UNR. Il est nommé membre de la Commission des affaires étrangères tous les ans durant ce premier mandat. De 1959 à 1962, Saïd-Ibrahim se montre un défenseur exigeant des Comores dans le cadre administratif français. Le 12 décembre 1961, il prend part à la discussion du projet de loi relatif à l’organisation de ce territoire. Il insiste sur le profil particulier de son archipel qui, s’il est touché par « cette grande vague qui, depuis vingt ans (…), a conduit les anciens peuples colonisés vers une autonomie plus grande puis vers l’indépendance », l’est avec un certain retard. Il se déclare favorable à une autonomie maximale, tout en précisant : « cela ne veut pas dire que nous voulons couper les liens avec la France, qui est et qui demeurera pour nous le peuple protecteur ». A l’occasion des grands votes de ce premier mandat, il exprime sa fidélité à la politique gaullienne. Le 15 octobre 1959, il approuve la déclaration de politique générale faite par le Premier ministre. Le 23 décembre 1959, il vote en faveur du projet de loi concernant l’enseignement privé ; il s’exprime en faveur du projet de loi sur les pouvoirs spéciaux du gouvernement le 2 février 1960. En revanche, le 27 avril 1962, il ne prend pas part au vote sur le programme du nouveau Premier ministre Georges Pompidou.
En 1962, les élections législatives du 18 novembre voient Saïd-Ibrahim se présenter de nouveau à ses concitoyens, sur la Liste d’union pour le développement économique et social de l’archipel des Comores. Encore une fois, cette liste ne connaît pas de rivale. Le député sortant y figure aux côtés de Mohamed Ahmed, qui a été élu en 1961 pour remplacer le député démissionnaire Saïd Mohamed Cheikh. Aucune profession de foi ne circule à cette occasion. Avec 89% de participation, ce scrutin voit la liste d’Adeham Saïd-Ibrahim élue avec la quasi intégralité des suffrages des votants. Le député des Comores s’apparente au groupe d’Union pour la nouvelle république, Union démocratique du travail (UNR – UDT). Il est de nouveau nommé membre de la Commission des affaires étrangères chaque année. Durant ce second mandat, il fait figure de défenseur scrupuleux des droits de l’archipel, et des devoirs de la République envers son territoire d’outre-mer. Il prend part à la discussion de la deuxième partie du projet de loi de finances pour 1964, le 9 novembre 1963 ; il insiste alors sur les besoins économiques comoriens, « la nécessité d’améliorer le niveau de vie des populations » et « le réel sous-développement » que connaît le territoire. Dans une attaque à peine tempérée contre le gouvernement français, il s’interroge sur la « défaveur » dont pâtissent les Comores dans le cadre républicain, et plaide pour une « plus juste place dans l’ensemble de ce qui reste de la Communauté française ». Il reste cependant, à l’occasion des grands votes, un député fidèle à ses positions gaullistes. Le 13 juin 1963, il vote pour la ratification du traité de l’Elysée entre la France et l’Allemagne. Le 26 juillet 1963, il se prononce en faveur du projet de loi relatif à certaines modalités de la grève dans les services publics. Il émet également un vote favorable sur le projet de modification de la Constitution. Il approuve ensuite la réforme électorale municipale le 17 juin 1964. Le 26 mai 1965, enfin, il vote pour le projet de loi relatif à la réforme du service militaire.
Le 5 mars 1967, les deux députés comoriens sortants se présentent aux élections législatives, sur la Liste des candidats « Vè République. » Avec une participation de 85%, le scrutin accorde la victoire à la liste unique avec la quasi totalité des suffrages des votants. Adeham Saïd-Ibrahim s’apparente au groupe d’Union démocratique pour la Vè République ; il est nommé membre de la Commission des affaires étrangères et de celle de la défense nationale et des forces armées. Il est également désigné membre titulaire du conseil de surveillance de la caisse centrale de coopération économique et du fonds d’investissement pour le développement économique et social des territoires d’outre-mer. Il est encore, au cours de ce troisième mandat, un député attaché à la défense des intérêts de son territoire, et prend part à la discussion du projet de loi modifiant et complétant la loi relative à l’organisation des Comores le 7 décembre 1967, dont Mohamed Ahmed est rapporteur. Il insiste sur la notion d’autonomie interne, et la nécessité de faire de cette dernière une réalité et non un « faux-semblant », faute de quoi « une nouvelle fois, nous aurons alors manqué la chance qui nous est offerte de définir un système logique et par conséquent durable. » Il reste solidaire du gouvernement durant ce mandat, et ne vote pas les motions de censure déposées contre le gouvernement à deux reprises, le 20 mai et le 9 juin 1967.
Le 23 juin 1968, le député comorien se présente pour la dernière fois aux élections législatives de la République française. Il est en lice contre une liste concurrente, sans étiquette, tandis qu’il se présente de nouveau avec Ahmed sous la bannière UDR. Les deux députés sortants sont élus avec 77% des suffrages exprimés, à l’issue d’un scrutin qui enregistre une participation de 65% des inscrits. Au Palais Bourbon, Adeham Saïd-Ibrahim s’inscrit au groupe d’Union des démocrates pour la République. Il est nommé membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées, membre titulaire du Conseil de surveillance de la Caisse centrale de coopération économique et du Comité directeur du Fonds d’investissement pour le développement économique et social des territoires d’outre-mer (FIDESTOM). Le 4 novembre 1968, il prend part à la discussion de la deuxième partie du projet de loi de finances pour 1969, attirant comme à son habitude l’attention des députés sur le cas particulier des Comores. Il rappelle le « message d’espoir » adressé par le général de Gaulle aux populations d’outre-mer après son retour au pouvoir en 1958, la naissance d’institutions « qui devaient permettre à chacun de nos peuples de choisir librement son destin. » Il fait ensuite état de la « certaine désillusion », du « sentiment d’amertume » des peuples d’outre-mer envers la République française. Les Comores font figure, selon lui, de parents pauvres parmi les territoires d’outre-mer, et ne reçoivent de la métropole que des contributions très insuffisantes pour leur développement tant économique que social. Il fait appel au « simple esprit de justice » des députés français, et termine par cette interrogation : « très honnêtement, qui pourrait affirmer que l’ont ait enfin atteint l’ère de l’égalité des peuples ? » Lors des grands scrutins, Adeham Saïd-Ibrahim soutient cependant volontiers la politique de l’exécutif. Il se déclare ainsi en faveur de la loi d’orientation de l’enseignement supérieur le 10 octobre 1968, et de la loi relative à l’exercice du droit syndical dans les entreprises le 4 décembre 1968.
Le 15 avril 1970, le député ultramarin démissionne de son mandat parlementaire, pour prendre la tête du Conseil de gouvernement du territoire des Comores, dont il a été élu président à la suite de Saïd Mohamed Cheikh, décédé. Il est contraint d’abandonner ce poste en juin 1972, à la suite d’une motion de censure votée contre lui à la Chambre des députés des Comores. Adeham Saïd-Ibrahim meurt en décembre 1975 à Moroni, dans la capitale de l’archipel des Comores devenu indépendant un an auparavant, après le référendum du 22 décembre 1974. Polygame, il a donné naissance à douze enfants, avec cinq épouses différentes. Il était Chevalier des Palmes académiques, Chevalier de l’Etoile Noire du Bénin et du Nichan el Anouar – un ordre colonial –, et titulaire de la Grande Croix de l’Etoile Royale de la Grande-Comore. L’aéroport de la capitale comorienne porte aujourd’hui son nom.

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