Antonin Proust

1832 - 1905

Informations générales
  • Né le 5 mars 1832 à Niort (Deux-Sèvres - France)
  • Décédé le 23 mars 1905 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 février 1876 au 25 juin 1877
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Union républicaine

Biographies

Né à Niort (Deux-Sèvres) le 15 mars 1832, un des quatre fils de Théodore-Bara Proust (1794-1845), député de 1831 à 1834, Antonin Proust fit, après ses études terminées, un voyage en Grèce, dont il publia la relation, illustrée de sa main, dans le Tour du Monde. Il collabora, sous l'Empire, au Courrier du Dimanche, au Mémorial des Deux-Sèvres, fonda la Semaine universelle (1864), les Archives de l'Ouest (1860-1867), mena une vive campagne contre le ministère Ollivier et contre le plébiscite, et fut condamné pour un article de journal à 1 000 francs d'amende.

Candidat de l'opposition au Corps législatif dans la 1re circonscription des Deux-Sèvres, le 24 mai 1869, il échoua avec 8 256 voix contre 21 678 au candidat officiel, député sortant réélu, M. F. David.

Au début de la guerre de 1870, il suivit les opérations comme correspondant du Temps, devint secrétaire de Gambetta au 4 septembre 1870, resta à Paris comme délégué du ministre de l'Intérieur, chargé de l'administration des populations réfugiées dans la capitale, donna sa démission fin janvier 1871, et se présenta quelques jours après, le 8 février, comme candidat à l'Assemblée nationale, dans le département des Deux-Sèvres, où il n'obtint que 16 001 voix sur 56 073 votants. Il donna à la République française des articles sur la politique étrangère, propagea dans son département la Ligue de l'enseignement qu'il y avait créée sous l'Empire, devint conseiller municipal de Niort, maire, conseiller général du 1er canton de cette ville,.

Candidat républicain dans la 1re circonscription de Niort aux élections générales du 20 février 1876, il fut élu député par 7 529 voix sur 14 672 votants et 17 871 inscrits, contre 5 631 à M. Mosnier d'Availles et 1 389 à M. d'Assailly. Il se fit inscrire à la gauche et à l'Union républicaine, parla sur les questions de politique étrangère et de beaux-arts, et fut des 363.

Réélu, le 14 octobre 1877, par 8 971 voix sur 15 958 votants et 16 303 inscrits contre 6 896 à M. Louis Germain, il reprit sa place à gauche, fit partie de la commission du budget, fut rapporteur du budget des affaires étrangères, et du budget des beaux-arts, et fut un des promoteurs les plus actifs de la création du musée des Arts décoratifs. En janvier 1881, il interpella le ministre des Affaires étrangères sur les affaires de Grèce, et, tout en Préconisant une politique de paix, blâma les tergiversations du gouvernement.

Ses électeurs lui renouvelèrent son mandat législatif, le 21 août 1881, par 10 740 voix sur 13 049 votants et 18 403 inscrits, sans concurrent. Lorsque Gambetta composa « le grand ministère », il lui confia le ministère des Beaux-Arts, créé à son intention, et dont le titulaire tomba avec le cabinet tout entier, trois mois plus tard (janvier 1882). Cette même année, le comité républicain des Deux-Sèvres n'accepta pas M. Proust comme candidat au Sénat, et, toujours député, ce dernier parla (janvier 1883) en faveur du projet facultatif sur l'expulsion des princes, défendit (décembre) le cabinet Ferry menacé à l'occasion d'une demande de crédits pour le Tonkin, interpella le gouvernement (janvier 1884) sur la conservation du Mont-Saint-Michel, et vota pour la réforme de la magistrature, pour l'amnistie plénière, pour la politique scolaire et coloniale du gouvernement.

Porté, le 4 octobre 1885, sur la liste républicaine des Deux-Sèvres, il fut réélu, le 2e sur 5, par 42.443 voix sur 85 385 votants et 104 546 inscrits. Il reprit sa place à l'Union des gauches, donna son opinion sur toutes les questions relatives aux beaux-arts et sur les budgets qui s'y rattachent, se prononça pour le rétablissement du divorce, pour l'expulsion des princes, et, dans la dernière session, s'abstint sur le rétablissement scrutin d'arrondissement (11 février 1889), et sur l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, et vota pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, pour les poursuites contre le général Boulanger.

On a encore de lui :
- Un philosophe en voyage (1864) ;
- La justice révolutionnaire à Niort (1867) ;
- La division de l'impôt (1869) ;
- La démocratie en Allemagne (1872) ;
- Le prince de Bismark, sa correspondance de 1835 à 1876 (1876), etc.


Né le 5 mars 1832 à Niort (Deux-Sèvres), mort le 23 mars 1905 à Paris (17e).

Député des Deux-Sèvres de 1876 à 1893.

Ministre des Arts du 14 novembre 1881 au 27 janvier 1882.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V, p. 53.)

Aux élections du 22 septembre 1889 faites au scrutin uninominal, il se représente dans la 1re circonscription de Niort et bat au scrutin de ballottage et sous l'étiquette républicaine, par 8.840 suffrages, son concurrent Caillat, candidat monarchiste qui en recueillit 6 796. Durant cette législature, Antonin Proust prend la même part que dans les précédentes aux travaux des commissions, s'intéressant aux beaux-arts, aux musées, aux palais nationaux.

En décembre 1892, compromis dans les affaires de Panama, il fut l'un des cinq parlementaires contre lesquels le ministère public obtint l'autorisation de poursuivre. Dès la publication des premiers documents relatant les faits, il avait donné sa démission de commissaire général pour la France à l'Exposition universelle de Chicago. Renvoyé par la Chambre des mises en accusation (arrêt du 7 février 1893) devant la Cour d'assises, il fut acquitté par le jury.

Après ces événements, il ne se représente pas aux élections législatives de 1893. Les scandales auxquels son nom avait été mêlé l'en ayant dissuadé. Dès lors, il vit retiré de la vie politique.

Il a publié
- Les Archives de l'Ouest (1789-1880), recueil de documents concernant l'histoire de la Révolution dont il avait fait paraître auparavant la période 1860-1867 ;
- Edouard Manet en 1913 ;
- l'introduction de l'ouvrage d'Ernest Figury : La société russe par un Russe.

L'ancien ministre des Beaux-arts souffrait depuis longtemps d'une artériosténose qui provoquait en lui des crises de neurasthénie et dont les souffrances étaient telles qu'il tenta de mettre fin à ses jours. Son ami, Barthélemy, vice-consul de France à Genève, l'encourageait à venir chercher en Suisse le repos et la guérison. Il ne donna pas suite au projet.

Habitué à mener une existence confortable et craignant le manque de ressources, il renouvela ses funestes tentatives et se suicida dans son appartement du boulevard Haussmann à Paris. Après une longue agonie, il expira dans la nuit du 23 mars 1905. Il était âgé de 73 ans.