Pierre Souquès

1910 - 2007

Informations générales
  • Né le 2 janvier 1910 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 10 avril 2007 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Indre-et-Loire
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Indre-et-Loire
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

SOUQUÈS (Pierre, Marc)
Né le 2 janvier 1910 à Paris
Décédé le 10 avril 2007 à Paris

Député d’Indre-et-Loire de 1951 à 1958

Né le 2 janvier 1910 à Paris, boursier d’Etat aux lycées de Besançon, Nancy puis Saint-Etienne, Pierre Souquès, fils d’un artiste lyrique, obtient son baccalauréat en 1928 et adhère, la même année, au parti radical et radical-socialiste. Il entre la veille, de ses 19 ans, au ministère de l’agriculture en tant qu’auxiliaire temporaire. Fréquentant dans le même temps la faculté de droit de Paris, il en sort licencié en 1933 et, son service militaire accompli, il réintègre le ministère. Il devient, le 1er mars 1939, secrétaire des services administratifs du Sénat. Brigadier de réserve, il est mobilisé en septembre 1939 au dépôt de l’artillerie coloniale de Rueil-Malmaison et participe à la campagne de Norvège. Fait prisonnier à Marennes en juin 1940, il s’évade et rejoint les services administratifs du Palais du Luxembourg à Vichy et à Châtelguyon. Il obtient son doctorat en droit en juillet 1941.
Combattant dans les maquis de la Haute-Loire et immatriculé au réseau de Résistance Gallia-Reims, désormais père de deux enfants, il est affecté en 1945 aux services administratifs de l’Assemblée consultative, puis de l’Assemblée constituante, et devient secrétaire administratif du groupe parlementaire radical-socialiste et de son président Herriot pour les deux Assemblées constituantes. Promu sous-chef de division, il travaille, à partir de décembre 1946, au Conseil de la République et devient, en mars 1947, le chef de cabinet de Gaston Monnerville, alors Président du Conseil de la République. Il est élu membre du bureau national du parti aux congrès de 1948 et 1950 et obtient, à la même époque, le brevet du Centre des Hautes Etudes Administratives.
Les élections législatives du 17 juin 1951 sont l’occasion pour Pierre Souquès de se présenter pour la première fois devant des électeurs, en tête de liste du parti radical et radical-socialiste en Indre-et-Loire. L’apparentement conclu avec la SFIO et quatre listes d’indépendants porte ses fruits puisque, obtenant la majorité absolue des suffrages, ces listes se partagent les cinq sièges à pourvoir. Avec 14 830 voix pour 162 486 suffrages exprimés, le parti radical, en sixième position, obtient un élu alors que le Rassemblement du peuple français (RPF) et le PCF, arrivés en tête, n’en obtiennent pas.
Pierre Souquès est nommé secrétaire de l’Assemblée nationale (1951-1954). Il participe aussi aux travaux des commissions des boissons (1951-1955), des moyens de communication et du tourisme (1953-1955) et de la comptabilité (1955-1955). Au cours de son premier mandat, Pierre Souquès dépose onze propositions de loi, quatre propositions de résolution et un rapport. Particulièrement actif, il intervient à quinze reprises dans de nombreux domaines. Il travaille, entre autre, à la modification du Code du travail (décembre 1951) et de certains points comme le réexamen des pensions et des indemnités de catégories particulières de fonctionnaires. S’attachant à corriger le fonctionnement des grandes institutions, il entend aussi légiférer sur la vie locale, en particulier sur le statut et le traitement des personnels communaux, et en proposant que les municipalités soient déchargées de l’organisation des élections à caractère corporatif ou professionnel. Dans le domaine des questions familiales, il défend la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés (24 juillet 1953). Elu tourangeau, il est aussi l’auteur d’une proposition de loi (2 juillet 1952) et d’un rapport tendant à la création d’un comité interprofessionnel des vins d’appellation contrôlée de Touraine, au nom de la commission des boissons (9 juillet 1952). Le 6 août 1954, il intervient assez longuement pour exposer ses raisons d’accorder les pouvoirs spéciaux, à l’occasion du projet de loi relatif à l’équilibre financier, l’expansion économique et le progrès social. Au cours de cette législature, il défend un amendement sur le projet de loi relatif aux dépenses de réparation des dommages de guerre en 1952 et un amendement indicatif au projet de loi relatif aux dépenses du ministère des travaux publics, des transports et du tourisme pour 1955.
Il s’oppose à l’adoption de l’échelle mobile des salaires, ainsi qu’à la loi Barangé les 20 et 21 septembre 1951. Il vote, en revanche, en faveur de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en décembre, ainsi que pour les investitures de MM. Pinay et Laniel, et soutient ce dernier jusqu’au vote qui le fait chuter, comme c’est ensuite le cas pour Mendès France. Pierre Souquès s’abstient sur l’entrée de la République fédérale d’Allemagne (RFA) au sein de l’OTAN et la ratification des accords de Paris (octobre et décembre 1954), alors que son groupe est très divisé sur ces deux questions. S’il vote l’investiture d’Edgar Faure en février 1955, il fait partie des douze radicaux qui lui retirent leur confiance le 29 novembre de la même année et qui participent ainsi à sa chute.
Pierre Souquès lance, en novembre 1955 en Indre-et-Loire, La Tribune Républicaine, mensuel dans lequel il défend ses positions radicales mendésistes, en particulier à l’occasion des élections. Le 21 mars 1956, l’élection de Lionel Cottet, tête de la liste présentée par Poujade en Indre-et-Loire pour les législatives du 2 janvier 1956, est invalidée par décision de l’Assemblée nationale. Pierre Souquès, tête de liste pour le parti radical et radical-socialiste, est alors proclamé élu avec 20 837 des 184 444 bulletins exprimés, obtenant le troisième score, derrière le PCF et la SFIO, grâce à un gain de plus de 6 000 voix en cinq ans.
Elu, Pierre Souquès retrouve la commission des moyens de communication et du tourisme (1956-1958) et, à partir de 1957, la commission de la comptabilité (1957-1958). Il est, un temps, vice-président du groupe radical. Il dépose six propositions de loi et trois propositions de résolution, en deux ans. Ce mandat est l’occasion de poursuivre le travail entrepris, par exemple sur le statut des personnels communaux (26 mars 1957), la protection de l’enfance maltraitée (4 mai 1956), la modification du Code civil relativement à la procédure de conciliation en matière de divorce (6 février 1957). Par ailleurs, défenseur à la fois des petits entrepreneurs et des fonctionnaires, il tente d’intervient pour exonérer de majoration d’impôts les entreprises industrielles, commerciales ou artisanales en retard de paiement (6 février 1957), pour l’ouverture de crédits pour une première tranche de reclassement de la fonction publique et de l’amélioration de situation des victimes de guerre, le même jour. En séance, il intervient à quatre reprises, défendant notamment un amendement indicatif relatif au classement en catégorie B des agents de travaux et des conducteurs de chantiers des ponts et chaussées (12 juin 1956), les traitements du personnel de la gendarmerie (25 juillet 1956) et dépose une demande d’interpellation sur des exonérations aux professionnels susceptibles d’être affectés par la pénurie de carburant (29 novembre 1956). Le 27 février 1958, il propose d’accorder sans délai une aide exceptionnelle aux victimes des inondations du 25 février en Indre-et-Loire.
Au cours de son mandat, Pierre Souquès refuse la confiance à Maurice Bourgès-Maunoury, s’oppose à la ratification des traités instituant la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA), le 9 juillet 1957. Il s’abstient lors de l’investiture de Félix Gaillard et ne lui accorde pas les pouvoirs spéciaux en Algérie. S’il donne sa confiance à Pierre Pflimlin, le 13 mai 1958, Pierre Souquès est des dix-huit radicaux-socialistes valoisiens, aux côtés de Mendès-France, à ne pas voter l’investiture de De Gaulle, le 1er juin, alors que les 24 autres font le choix inverse. Il n’accorde pas non plus, le lendemain, les pleins pouvoirs au général. Son choix est alors critiqué au sein de la fédération d’Indre-et-Loire, dont l’engouement pour Pierre Mendès France est retombé depuis la chute de son ministère. La plupart des responsables locaux critique aussi ses positions en faveur de la paix en Algérie et contre le projet de Constitution, d’autant plus lorsqu’il prend la présidence du comité départemental de vigilance, créé par le PCF et essentiellement composé d’organisations communistes. Mendésiste désormais isolé dans son département, il démissionne de la présidence fédérale et du parti lui-même en 1958, et se retrouve simple militant de l’Union des forces démocratiques.
Non candidat aux élections cette année là, il retourne au Sénat occuper un poste de chef de division, et devient directeur du service des procès-verbaux, six ans plus tard. Le 18 novembre 1962, il se présente sous les couleurs de l’Action démocratique et laïque aux élections législatives, dans la circonscription de Langeais et Château-Renault, mais n’arrive qu’en cinquième position, avec 2 964 des 31 244 suffrages exprimés. Cela marque le terme de sa carrière politique nationale.
Pierre Souquès est officier de la Légion d’honneur, détenteur de la médaille militaire, de la médaille de la Résistance, de la médaille des évadés, de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la médaille commémorative française de la guerre 1939-1945, avec barrette « Libération », de la médaille de la France Libérée, de la médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre, de la médaille de la Résistance belge, et de la médaille commémorative belge.
Pierre Souquès disparaît le 10 avril 2007 à Paris.

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