Albert Thomas dit Albert-Thomas

1878 - 1932

Informations générales
  • Né le 16 juin 1878 à Champigny-sur-marne (Val-de-Marne - France)
  • Décédé le 8 mai 1932 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Seine
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Seine
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 27 octobre 1921
Département
Tarn
Groupe
Parti socialiste

Fonds d'archives

Un fonds Albert Thomas, représentant 86,20 mètres linéaires, est conservé aux Archives nationales sous la cote 94 AP 1-483. Il couvre les années 1879 à 1948. Il a été donné en plusieurs fois par mesdames Albert Thomas et Paul Rémy, par Mario Roques, par Madame Espinasse et par le Bureau international du travail, entre 1922 et 1969. Il concerne ses activités de sous-secrétaire d’État à l’Artillerie et à l’équipement militaire, puis de ministre de l’Armement et des fabrications de guerre. On y trouve également des dossiers relatifs à la Russie : voyage de 1916 et ambassade à Moscou en 1917-1918, à la politique internationale pendant la guerre et la conférence de la Paix, à la création du Bureau international du Travail. Sont également concernées ses activités politiques, comme membre du parti socialiste, et syndicaliste. Ce fonds est aussi composé d’articles de journaux, de documentation imprimée, de correspondance et de notes éparses. On y trouve enfin des papiers de Paul Rémy, fondateur de l’Union des travailleurs aveugles (1879-1948).
Le fonds Albert Thomas, librement communicables, est décrit dans un répertoire numérique détaillé. Ce dernier, composé de plusieurs parties rédigées au fur et à mesure des versements échelonnés entre 1932 et 1969, est tantôt simplement numérique, tantôt plus détaillé.

Par ailleurs, les Archives nationales détiennent le microfilm de documents relatifs aux relations d’Albert Thomas avec Lloyd Georges (102 Mi 1, dossier 1 et 2).
De plus amples informations sont disponibles sur le site Internet des Archives nationales.

Un fonds Paul Mantoux, déposé par Jacques Mantoux, est conservé aux Archives municipales de Champigny-sur-Marne, sous la cote 6 Z. Il s’agit d’un échange de correspondance entre Paul Mantoux et Albert Thomas, entre 1915 et 1917, sur les circonstances de l'organisation de fourniture d'armement chez les alliés pendant la Première Guerre mondiale. On y trouve également des rapports divers sur les négociations avec l'Angleterre, la Russie. Ces documents sont librement communicables.

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 16 juin 1878, à Champigny-sur-Marne (Seine), mort à Paris le 8 mai 1932.

Député de la Seine de 1910 à 1919.


Député du Tarn de 1919 à 1921.

Sous-Secrétaire d'Etat, puis Ministre de l'Armement de 1914 à 1917.

D'une famille d'origine poitevine, fils d'un boulanger de Champigny-sur-Marne, Albert-Thomas, fit ses études secondaires au Lycée de Vanves. Très brillant élève, il fut lauréat d'histoire et de philosophie au concours général. Ayant obtenu une bourse de voyage, il se rendit en Sibérie en 1898. Il en revint pour faire son service militaire, puis entra à l'Ecole normale supérieure en 1899. Il fut reçu premier au concours de l'agrégation d'histoire et de géographie en 1902. Il suivit ensuite l'enseignement de l'Université de Berlin et visita l'Asie-Mineure, la Grèce et la Turquie en qualité de titulaire du prix fondé par M. Olivier, Directeur de la Revue générale des Sciences. A son retour en France il se consacra à l'enseignement de 1903 à 1905. Mais la politique, et surtout l'action sociale exerçaient sur lui une telle attirance que c'est à l'histoire des questions sociales et à celle du travail que furent destinés les ouvrages qu'il publia au cours de sa carrière de professeur. Il collaborait en même temps à plusieurs publications socialistes : à l'Humanité de Jean-Jaurès à partir de 1904 ; à l'Information de 1905 à 1910. Fondateur de la Revue syndicaliste en 1905, il la réunit en 1909 à la Revue socialiste dont il devint Rédacteur en Chef.

Membre du parti socialiste unifié depuis sa fondation, il fut élu conseiller municipal de Champigny-sur-Marne en 1904. Après deux tentatives infructueuses : aux élections cantonales de 1908 et législatives (à une élection partielle en 1909), il fut élu Député de la 2e circonscription de Sceaux aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910, au 2e tour de scrutin. Il fut réélu aux élections générales des 26 avril et 10 mai 1914 au 2e tour de scrutin par les mêmes électeurs.

Inscrit au groupe socialiste, il n'y eut pas de grand débat dans lequel il ne se fît entendre, déployant principalement son grand talent d'orateur à la défense de ses idées sociales : durée du travail, pensions de retraites, politique minière, etc. Lorsqu'eut éclaté la guerre de 1914, Viviani lui confia le Sous-secrétariat d'Etat à l'artillerie et à l'équipement militaire dans son cabinet du 26 août 1914. Il conserva ce même portefeuille dans le cabinet Briand du 29 octobre 1915, (les munitions étant substituées à l'équipement militaire) ; ce Sous-secrétariat d'Etat fut converti pour lui en Ministère de l'Armement et des fabrications de guerre dans le cabinet Briand du 12 décembre 1916 et Ribot le maintint à ce poste lorsqu'il constitua son cabinet du 20 mars 1917. Albert-Thomas eut donc la responsabilité, du 26 août 1914 au 12 septembre 1917 de l'organisation de la production des armes et des munitions de guerre. C'est dans ces circonstances tragiques qu'il donna toute sa mesure. En vue de rassembler (selon sa propre déclaration) toutes les énergies pour la victoire et utiliser au maximum toutes les ressources du pays » il intensifia la mobilisation industrielle et se procura une abondante main-d'œuvre. Il obtint des sursis d'appel pour les ouvriers spécialisés, recruta des travailleurs coloniaux ou étrangers et fit un large appel à la main-d'œuvre féminine. Il fut en même temps l'initiateur de la politique des hauts salaires. Délégué aux conférences interalliées de Paris et de Londres, il fut envoyé en Russie dès le début de la révolution, comme ambassadeur extraordinaire.

En 1918, il siégea à la conférence de la paix à Paris, pour l'élaboration des clauses du Traité de Versailles relatives à l'organisation du travail. La partie XIII de ce Traité fut inspirée par ses idées dont elle constitue le triomphe. Elle posait les principes suivants : maximum de salaire, limitation de la journée de travail, repos hebdomadaire de 24 heures, suppression du travail des enfants, limitation du travail des jeunes gens, organisation d'une inspection du travail.

Le vote en France de la loi du 17 avril 1919 sur la journée de huit heures fut un des premiers résultats de l'application de ces principes.

L'un des articles de la section XIII du Traité de Versailles stipulait la création du Bureau international du travail. Le nom d'Albert-Thomas fut mis en avant par l'unanimité des représentants des organisations ouvrières. La société des Nations ratifia ce choix en 1920, et pour prendre la direction du B . I . T. à Genève Albert-Thomas se démit de son mandat de Député le 27 octobre 1921.

Il a animé cet organisme de toute sa foi, a su lui donner un rayonnement et un prestige qui consolidèrent la Charte internationale du travail et la firent accepter par l'opinion publique.

Le B.I.T. est devenu sous son impulsion le plus important centre d'études et de documentation sociales du monde. Albert-Thomas contribua à la constitution de cette documentation par ses enquêtes dans la plupart des pays d'Europe et ses voyages de propagande. Une des dernières tâches auxquelles il se voua fut celle de l'abolition du travail forcé dans les colonies.

Il combattit ardemment pour la paix internationale, condition primordiale de l'amélioration des conditions du travail et d'une répartition plus rationnelle de la production.

Le 8 mai 1932, il dînait seul dans un restaurant proche de la gare Saint-Lazare. Pris d'un malaise il se rendit aux lavabos où on le retrouva quelques instants plus tard inanimé. Il fut immédiatement transporté à l'hôpital Beaujon, où on ne put que constater son décès. Il avait 54 ans.

On lui doit les ouvrages suivants
- une étude sur L'élection de Guéret au XVIIIe siècle (1903) ;
- Le syndicalisme allemand (1903) ;
- La Russie, race colonisatrice (dans le Tour du Monde) (1906) ;
- L'Histoire du Second Empire (dans l'un des tomes de L'Histoire socialiste de Jaurès) (1907) ;
- L'Histoire anecdotique du travail (1910) ;
- une étude sur La liberté de l'enseignement en France depuis 1789 (1911) ;
- et un recueil de Lectures historiques.

Il dirigeait en outre la publication des Documents du socialisme.


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