Camille Titeux

1910 - 1978

Informations générales
  • Né le 5 mars 1910 à Gespunsart (Ardennes - France)
  • Décédé le 3 juillet 1978 à Revin (Ardennes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Ardennes
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Ardennes
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

TITEUX (Camille)
Né le 5 mars 1910 à Gespunsart (Ardennes)
Décédé le 3 juillet 1978 à Revin (Ardennes)

Député des Ardennes de 1951 à 1958

Camille Titeux est issu d’une famille d’ouvriers ferronniers modestes – son père était cloutier – et profondément républicaine. Il fréquente les cours de l'école primaire de Gespunsart, où il obtient le certificat d'études primaire. A onze ans, il entre en usine et, à 18 ans, s'engage pour cinq années dans la marine. A sa libération, en avril 1933, il entre chez Arthur-Martin à Revin, comme ajusteur-outilleur. Il adhère conjointement en 1934 aux Jeunesses socialistes, au Parti socialiste SFIO et surtout milite à la CGT : il est secrétaire du syndicat des métaux de Revin de 1935 à 1938. En 1939, à la déclaration de guerre, il est mobilisé dans la marine et fait campagne sur le contre-torpilleur Gerfaut du 24 avril au 20 juillet 1940. Démobilisé, il réside à Lourdes jusqu'à la fin février 1941, puis rentre dans les Ardennes où il intègre le mouvement de Résistance Libération-Nord. Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il appartient au comité local de Libération de Revin et, toujours employé chez Arthur-Martin, fonde un des premiers comités d'entreprise.
Camille Titeux, désigné par le préfet pour siéger à la délégation communale de Revin le 2 septembre 1944, est élu président de celle-ci le 25 octobre, puis maire de la ville en mai 1945. Il est reconduit sans interruption jusqu'en 1971. Ses listes aux municipales, durant ces 26 années de mandat, regroupent des socialistes, des sympathisants et des représentants des intérêts locaux. Jusqu’au bout, il s’oppose à une alliance avec les communistes. Elu, d'autre part, conseiller général du canton de Fumay, en octobre 1945, il entre à la commission départementale et conserve son siège jusqu'en 1973. Sur un plan plus personnel, il trouve un emploi de contractuel au bureau de Revin de l'Office du travail et de la main-d'œuvre, ses horaires étant incompatibles avec son ancien travail.
Elu local, ouvrier et syndicaliste autodidacte, Camille Titeux a un profil qui en fait un candidat idéal pour la fédération SFIO dans le cadre du scrutin départemental, car les têtes de liste socialistes sont des élus issus de milieux intellectuels. Le 2 juin 1946, pour les élections à la deuxième l’Assemblée constituante, il est placé en troisième position, derrière Andrée Viénot et Guy Desson ; il en est de même aux législatives du 10 novembre 1946. Le retrait de la vie parlementaire d’Andrée Viénot et la conclusion d’un apparentement avec les radicaux-socialistes, le Mouvement républicain populaire (MRP) et les indépendants, apparentement auquel il est pourtant défavorable, lui donnent une chance nouvelle en juin 1951. Camille Titeux, alors président de la commission départementale du Conseil général et secrétaire adjoint de la fédération, est candidat derrière Guy Desson. Ils mènent une campagne de Troisième force, dénonçant autant le risque de dictature que fait courir le « communisme stalinien » que de "dictature militaire" avec le général de Gaulle. Ils sont élus, en bénéficiant de l’apparentement, avec 28 550 voix sur 150 894 inscrits et 123 274 voix.
Camille Titeux est membre de la commission de la production industrielle (1951-1954), de la commission du travail et de la sécurité sociale (1951-1955), enfin de la commission de la reconstruction et des dommages de guerre et du logement en 1955. La commission du travail et de la sécurité sociale le désigne pour représenter l’Assemblée nationale au sein de la commission chargée d’étudier et de soumettre au gouvernement les simplifications pouvant être apportées à la législation et au fonctionnement du régime général de sécurité sociale. Il se montre un parlementaire actif. Il ne dépose qu’une proposition de loi et ne rédige qu’une proposition de résolution, mais présente huit rapports importants, notamment sur la suppression des zones de salaires qui pénalisent gravement les travailleurs de certaines régions françaises – son combat permanent durant toute la législature. Il contribue par ailleurs à l’adoption, le 23 février 1954, de l'extension de la sécurité sociale aux étudiants. Il signe également quatre rapports supplémentaires. Son activité parlementaire est complétée par seize interventions en séance publique. Il défend huit amendements et remplit les fonctions de rapporteur à cinq reprises : de la proposition de loi relative à la suppression des zones d’abattements en matière de prestations familiales (6 avril 1954) ; d’une proposition de loi relative aux abattements de zones de salaires (7 avril 1954) ; du projet de loi relatif à l’indemnisation des salariés victimes des inondations (première lecture : 18 janvier 1955 ; deuxième lecture : 28 janvier 1955) ; d’une proposition de loi relative à la suppression des abattements de zones en matière de salaires, d’allocations familiales et d’allocations aux vieux salariés (24 mars 1955).
Durant ces années, Camille Titeux participe activement à la vie intérieure de la SFIO. Sur le plan local, il collabore au Réveil ardennais et appartient à la direction de la fédération. Sur le plan national, le député des Ardennes, comme son amie Andrée Viénot, se montre à plusieurs reprises un opposant actif à la politique de Guy Mollet, jusqu’à briser la règle de l’unité de vote au Parlement. Lors de la crise de la Communauté européenne de défense (CED), il vote la question préalable Aumeran qui entraîne le rejet du projet. Puis il vote contre les accords de Londres et de Paris en 1955. Exclu de la SFIO par le comité directeur avec seize autres députés, il refuse de faire amende honorable et de signer un engagement de respect de la discipline. Il joint à sa réponse à Guy Mollet une lettre de démission à transmettre au président de l'Assemblée nationale. Défendu énergiquement par sa fédération, il est réintégré en juillet 1955.
Camille Titeux est réélu député le 2 janvier 1956. En effet, alors qu’il n’y a pas eu d’apparentement conclu dans les Ardennes, une liste unitaire est constituée, sous l’égide du Front Républicain, comprenant des socialistes et des radicaux-socialistes. Conduite par Desson et Titeux, elle rassemble 46 463 suffrages, sur 164 654 inscrits et 135 442 exprimés, soit un gain de plus de dix mille voix par rapport à la somme obtenue par les deux partis en 1951. Camille Titeux, un des deux anciens ouvriers, avec Etienne Gagnaire, d’un groupe socialiste qui se veut pourtant le défenseur de la classe ouvrière, reconduit à la commission du travail et de la sécurité sociale (1956-1958) est élu président de celle-ci le 10 février 1956. Il entre aussi à la commission de la famille, de la population et de la santé publique (1957-1958). Il présente dix propositions de loi visant à améliorer la situation des ouvriers, et huit rapports et un rapport supplémentaire au nom de la commission du travail et de la Sécurité sociale, notamment sur la lutte contre la silicose. En 1956-1958, il fait approuver la suppression des abattements de zones de salaires et mène combat pour la formation professionnelle. Au cours de cette législature écourtée, il défend treize amendements, une motion préjudicielle, un contre-projet et demande des pouvoirs d’enquête en qualité de président de la commission du travail et de la sécurité sociale. Il est rapporteur suppléant d’une proposition de loi tendant à accorder aux salariés rappelés sous les drapeaux le bénéfice des congés payés (3 juillet 1956). Il remplit les fonctions de rapporteur à deux reprises : d’un projet de loi relatif à la réduction des taux d’abattement servant au calcul des prestations sociales (6 mars 1956) ; en deuxième lecture, du projet de loi tendant à modifier l’article 23 du livre 1er du code du travail (25 juin 1957).
C’est surtout pendant la guerre d’Algérie que Camille Titeux se distingue de la majorité de ses camarades de parti en se montrant hostile à la politique algérienne du gouvernement à direction socialiste. En janvier 1957, il est l'un des fondateurs du Comité socialiste d'étude et d'action pour la paix en Algérie et l’un des cinq membres du bureau de ce comité, instrument de la minorité. Il s'abstient de s'exprimer publiquement sur ce sujet dans Le Réveil ardennais durant un an. Il s’en explique dans les colonnes du journal, à la veille du congrès de la SFIO tenu à Toulouse en juillet 1957 où, avec ses camarades de la minorité, il se prononce pour le droit à l'indépendance de l’Algérie. Elu vice-président du groupe socialiste en octobre 1956, il abandonne ce mandat après avoir refusé de renouveler les pouvoirs spéciaux à Robert Lacoste, le 17 juillet 1957.
Le 1er juin 1958, Camille Titeux vote contre le retour au pouvoir du général de Gaulle. Mais en septembre 1958, s’il appelle à voter contre le référendum, il ne suit pas ses amis minoritaires qui font scission pour former le Parti socialiste autonome (PSA) et demeure à la SFIO. Aux élections législatives du 23 novembre 1958, il recueille 6 950 suffrages sur 59 393 inscrits et 45 415 votants et se retire. Immobilisé par une fracture du col du fémur, il devient assistant fédéral de la SFIO, c’est-à-dire permanent, puis il retrouve l’entreprise Arthur-Martin, comme attaché commercial au département des cuisines collectives à Loos-lès-Lille (Nord).
La carrière politique de Camille Titeux s’achève sur le plan national – il n’est candidat qu’une fois au Parlement, aux élections sénatoriales de 1971 –, mais elle se poursuit dans les Ardennes. Le 4 octobre 1967, après le non-renouvellement de son camarade Camille Lassaux, président du Conseil général, il est élu à la tête de l’Assemblée départementale. Cette fonction prend fin le 3 octobre 1973. Cette année-là, Camille Titeux connaît des difficultés importantes. Le canton de Fumay étant redécoupé, il est désormais l’élu de celui de Revin. Aussi, après son échec aux élections municipales de 1971, il décide de se présenter dans le canton de Rumigny, au renouvellement d’octobre 1973. Il y est battu de justesse (958 voix contre 976) et continue donc de représenter le canton de Revin. Il prend sa revanche l’année suivante, toujours dans le canton de Rumigny, lors de l’élection partielle des 22 et 29 septembre 1974, où il obtient 1 090 suffrages sur 2 243 exprimés. Il représente donc ce canton jusqu’à son décès le 3 juillet 1978. Sur le plan local, il multiplie les fonctions de représentations. Il est président du comité départemental du Tourisme des Ardennes de 1970 à 1977, vice-président du comité régional Champagne-Ardenne, vice-président de l’Office départemental des HLM et président régional de la Ligue de défense et de prophylaxie contre la rage.
Camille Titeux a épousé Jeanne Pierret, avec laquelle il a eu quatre enfants. Divorcé en 1958, il se remarie avec Jeannine Thiry et a trois autres enfants.

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