Alexandre Bourson dit Zévaes

1873 - 1953

Informations générales
  • Né le 24 mai 1873 à Moulins (Allier - France)
  • Décédé le 20 février 1953 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Isère
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 13 mars 1904 au 31 mai 1906
Département
Isère
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 20 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Isère
Groupe
Socialistes parlementaires

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 24 mai 1873 à Moulins (Allier).

Député de l'Isère de 1898 à 1902 et de 1904 à 1910.

Alexandre Zévaès manifesta très tôt son goût pour la politique. Elève au lycée de Moulins et collaborant à un petit journal révolutionnaire de Commentry, il avait choisi ce pseudonyme de Zévaès en pensant à la fois à l'écrivain Michel Zévaco et à Jules Vallès. Il le conservera toujours et c'est sous ce nom qu'il fut élu, à vingt-cinq ans, député socialiste de l'Isère. C'était alors le seul pseudonyme admis à la Chambre.

Sa première élection - en 1898 - fut acquise au second tour, par 9.348 voix contre 6.840 à Aristide Rey, député sortant.

En octobre 1898 il fait partie, avec Jaurès, Jules Guesde et Viviani, du comité de vigilance désigné par le parti socialiste pour se dresser contre l'agitation nationaliste anti-dreyfusarde.

Il dépose de nombreuses propositions de loi qui, toutes, témoignent de son sens social sur «l'organisation générale et immédiate des retraites et des soins de maladie pour les travailleurs », sur les règlements d'atelier», sur les accidents du travail, sur le repos hebdomadaire à accorder aux employés de commerce et de magasin. Il propose « la suppression des sous-préfets », la suppression du budget des cultes, il demande d'interdire l'intervention de l'armée dans les grèves et dépose un projet loi tendant à organiser le droit de grève. Il dépose un projet de résolution c tendant à faire élire par les ouvriers les inspecteurs du travail ».

En 1902, il perd son siège dans la 2° circonscription de l'Isère, battu par 10.938 voix contre 12.894 à Pichat, mais le 13 mars 1904 il est élu dans la 1re circonscription, par 8.009 voix, en remplacement de Gustave Rivet devenu sénateur. Il sera réélu, toujours dans la 1re circonscription, en 1906, par 7.342 voix contre 5.964 à Armand.

Le 27 mai 1904, il dépose une demande d'interpellation à la suite de la lettre du cardinal Merry del Val protestant contre la visite faite par le président Loubet au roi Victor-Emmanuel III. L'anticléricalisme de Zévaès se manifeste le 10 juin 1904, alors qu'Emile Combes, président du Conseil, ministre de l'Intérieur et des Cultes, est pris à partie à propos de l'affaire du « million des chartreux » et accusé d'avoir reçu des offres considérables pour autoriser cette congrégation. Doutant de sa réélection, il déclare que l'un de ses principaux mérites aux yeux du corps électoral c est d'avoir toujours mené le combat le plus ardent contre les congrégations en général et les chartreux en particulier ».

Le 14 mars 1906, lors de la présentation du cabinet Sarrien, Zévaès prend part à la discussion de l'interpellation de Flandin sur la politique générale du gouvernement auquel il demande de « dompter la rébellion cléricale et aussi de mettre un terme à l'arrogance militaire». Plus humainement, Il demande une enquête sur la catastrophe de Courrières et rapporte une proposition de loi tendant à établir le repos hebdomadaire en faveur des employés et ouvriers.

Le 13 juillet 1906, il dépose l'ordre du jour suivant concernant l'affaire Dreyfus : « La Chambre rend hommage aux artisans de la révision et flétrit les auteurs des crimes dénoncés par l'arrêt de la Cour de cassation ». Zévaès se rallie à l'ordre du jour analogue déposé par Pressensé et qui, à la demande de Sarrien, président du Conseil, est repoussé par la Chambre.

Le 24 avril 1910, Zévaès n'obtient, dans la 2° circonscription de Grenoble, que 2.999 voix contre 8.540 à Dijou, 4.219 à Mistral, élu au second tour et 2.982 à Cornand, député sortant, sur 29.937 inscrits.

Zévaès, qui s'est inscrit au barreau parisien en novembre 1905, partage alors sa vie entre le Palais de justice et la Bibliothèque nationale où il travaille à la rédaction d'une série d'ouvrages d'histoire, consacrés surtout à la IIIe République et au socialisme français. Son œuvre est très abondante : Aperçu historique sur le parti ouvrier français (1899) ; Le socialisme en France depuis 1870 (1908) ; Les Guesdistes (1911) ; Notes et souvenirs d'un militaire (1913). Son Histoire de la IIIe République, publiée en 1926, se lit encore avec beaucoup d'intérêt. L'inspiration démocratique et libérale n'y altère en rien l'objectivité de l'historien.

Au Palais, Alexandre Zévaès défendit Raoul Villain, l'assassin de Jaurès qui, après plus de quatre années de prison préventive, bénéficia d'un arrêt d'acquittement.


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