Louis Le Montagner

1907 - 1983

Informations générales
  • Né le 5 octobre 1907 à Guidel (Morbihan - France)
  • Décédé le 31 janvier 1983 à Rennes (Ille-et-Vilaine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Morbihan
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 2 octobre 1974 au 30 janvier 1983

Biographies

Biographie de la Ve République

LE MONTAGNER (Louis, François)
Né le 5 octobre 1907 à Guidel (Morbihan)
Décédé le 30 janvier 1983 à Rennes (Ille-et-Vilaine)

Député du Morbihan de 1958 à 1962
Sénateur du Morbihan de 1974 à 1983

Louis Le Montagner naît au début du XXème siècle dans une famille d’exploitants agricoles installée à Guidel. Ce bourg, qui compte alors un peu plus de 4000 habitants, se situe aux confins occidentaux du département du Morbihan. Les études de Louis Le Montagner, du primaire au supérieur, ont pour cadre l’enseignement privé. Il achève ses années de formation en décrochant le diplôme de l’Ecole supérieure de commerce et d’industrie de l’Université catholique d’Angers. Il entre ensuite dans l’industrie du médicament. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Louis Le Montagner dirige l’Office commercial pharmaceutique de Lorient. Il est mobilisé en septembre 1939, mais ses états de service militaires sont mal connus. Plus de 18 ans après la campagne de France, il devait encore mentionner sa qualité d’ « ancien combattant » dans une profession de foi électorale. Rien n’indique en revanche qu’il ait été fait prisonnier, ni ne précise les fonctions qu’il occupa ensuite dans la Résistance, au sein de laquelle il semble avoir été actif.
Il s’engage dans la vie publique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et est élu triomphalement –près de 98% des suffrages exprimés- au Conseil municipal de Guidel. Il devient ensuite maire de cette importante commune du canton de Pont-Scorff. Son attachement à sa cité natale, loin de le pousser au conservatisme en termes d’urbanisme et d’aménagement, conduit Louis Le Montagner à concevoir d’ambitieux projets. Guidel a beaucoup souffert des bombardements alliés pendant la guerre, comme tout le pays lorientais. Lorient était en effet la principale base sous-marine allemande le long des côtes atlantiques et constituait un objectif stratégique de première importance pour les adversaires de l’Axe. Louis Le Montagner dote Guidel d’équipements qui lui permettent de devenir une station balnéaire importante et intervient notamment en faveur de la construction d’un pont sur la fleuve côtier qui longe la ville, la Laïta. Ces efforts sont salués par les électeurs du canton de Pont-Scorff, pourtant marqué à gauche : ils l’élisent conseiller général en 1955. Au lendemain des événements du 13 mai 1958, Louis Le Montagner participe à la création du « Comité républicain du Morbihan » et en assure le secrétariat. Avec l’accord d’une grande majorité des élus locaux du département, il adresse une lettre au président de la République René Coty en faveur de l’appel au général de Gaulle.
Candidat aux élections législatives de novembre 1958 dans la cinquième circonscription du Morbihan, il reçoit l’investiture du Centre national des indépendants et paysans (CNI). Ses trois principaux concurrents sont le maire socialiste de Lorient Jean Le Coutaller, le communiste Roger Le Hyaric, le démocrate chrétien Paul Bollet et le gaulliste Maurice Bardet, président de l’association des Français libres à Lorient. Dans sa profession de foi, Louis Le Montagner mobilise plusieurs thèmes chers aux Indépendants. Il se dit ainsi « opposé à tout étatisme ou collectivisme, partisan de l’Etat guide, conseiller, mais ennemi de l’Etat patron », défend « le syndicalisme libre », et affirme qu’ «il faut que l’Algérie reste française ». Au premier tour de scrutin, le vote des zones « rurales » et urbaines se distingue nettement. Louis Le Montagner arrive en tête dans les cantons de Groix (32,5%) et de Pont-Scorff (33%), alors que Jean Le Coutaller l’emporte dans les cantons de Lorient-I (22,5%) et de Lorient-II (28,6%). La triangulaire que lui impose le candidat communiste coûte la victoire au maire de Lorient lors du scrutin décisif, alors même que le total des voix de gauche est de 51,6%. Louis le Montagner est donc élu député du Morbihan le 30 novembre 1958 avec 48,4% des suffrages exprimés.
Il s’inscrit au groupe des Indépendants et paysans d’action sociale (IPAS) et siège à la Commission de la défense nationale et des forces armées au Palais-Bourbon. Il ne prend pas la parole en séance publique, ni de dépose de proposition de loi sur le bureau de l’Assemblée nationale sous la première législature de la Vème République. Le député du Morbihan approuve le programme du gouvernement de Michel Debré (16 janvier 1959) et exprime sa confiance dans l’action du même Premier ministre après sa déclaration de politique générale, le 15 octobre 1959. Il soutient la loi qui réforme le financement de l’enseignement privé (23 décembre 1959) mais rejette la modification du titre XII de la Constitution le 11 mai 1960. L’article 86 de la Constitution de la Vème République disposait en effet que tout Etat devenu indépendant « cesserait de ce fait d’appartenir la Communauté ». Or, les accords conclus au sujet de la Fédération du Mali et de la République malgache, au début avril, prévoient que ces Etats, dont l’indépendance est reconnue, restent membres de la Communauté. Ce n’est pourtant pas sur le fond du problème que se prononcent les 69 autres députés indépendants qui, avec Louis Le Montagner, votent « non » le 11 mai 1960 -31 font le choix inverse-. La procédure de révision constitutionnelle choisi par le Gouvernement est seule en cause : la procédure simplifiée, avec adoption des nouveaux articles par le Parlement, puis par le Sénat de la Communauté, a été préférée par l’exécutif à l’adoption par un Congrès réuni à Versailles, à une majorité des 3/5èmes. La seconde solution était notamment préconisée par Jean Legaret, député Indépendant de la Seine et membre du Conseil d’Etat ; Louis Le Montagner semble donc s’être rangé à son point de vue en l’espèce. Il s’abstient volontairement lors du scrutin sur le programme du gouvernement Pompidou (27 avril 1962) et ne prend pas part au vote sur la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président du Conseil Georges Bidault (5 juillet 1962).
Son approbation de la motion de censure qui renverse le Gouvernement de Georges Pompidou le 4 octobre 1962 est mal comprise par ses électeurs, dans un département qui a approuvé à 79,2% l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Louis Le Montagner obtient un résultat inférieur (22,7%) au gaulliste Maurice Bardet (28,2%) et au maire communiste de Lanester Jean Maurice (23,2%) lors des élections législatives de novembre 1962. Alors que le nombre de suffrages exprimés a baissé de 8,3% par rapport au 1er tour des législatives de novembre 1958, il perd même 744 voix. Longtemps hésitant quant à l’opportunité de se maintenir, il n’aurait déposé sa candidature pour le second tour que quelques minutes avant le délai légal. Seules 548 voix (1,3%) vont à sa candidature, ce 25 novembre 1962. On peut supposer que Louis Le Montagner a changé d’avis au lendemain de ce dépôt de candidature, ou n’a pas souhaité que les bulletins portant son nom soient distribués dans les bureaux de vote. L’UNR Maurice Bardet lui succède comme député de la 5ème circonscription du Morbihan.
Cette défaite n’entame pas le goût de la vie publique chez Louis Le Montagner. Il est porté à la Vice-présidence du Conseil général du Morbihan en 1964. C’est sous cette étiquette du Centre démocrate, formation qui a été créée par Jean Lecanuet en avril 1966, qu’il se présente aux élections législatives de mars 1967. 16,4% des électeurs le soutiennent dans sa tentative de retrouver un siège au Parlement, dans un scrutin marqué par la personnalité du « parachuté » Pierre Messmer, ministre des Armées et candidat au nom de l’UD-Vème République. L’ancien gouverneur de la France d’Outre-mer est du reste battu au second tour par le maire de Lorient Yves Allainmat, investi par la FGDS, Louis Le Montagner s’étant retiré-.
Le maire de Guidel connaît une nouvelle déconvenue quelques mois plus tard, lorsqu’un candidat communiste lui ravit son siège de conseiller général de Pont-Scorff. Il est cependant élu Président de l’Association des maires du Morbihan en 1971 et voit son action reconnue bien au-delà des limites de la commune qu’il administre. Candidat aux élections sénatoriales du 22 septembre 1974, il se réclame du centrisme et l’emporte au second tour grâce au soutien de 854 grands électeurs sur 1348. Vice-président du groupe de l’Union des centristes et démocrates de Progrès (UCDP) du Sénat, Louis Le Montagner fait figure de spécialiste des questions touristiques à la Chambre haute. Il s’exprime en faveur de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (19 décembre 1974) et de l’abolition de la peine de mort (30 septembre 1981).
Louis Le Montagner meurt quelques mois avant le terme de son mandat de sénateur du Morbihan. Il était chevalier de la Légion d’honneur.

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