André, Joseph Lefèvre

1869 - 1929

Informations générales
  • Né le 17 juin 1869 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 5 novembre 1929 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Bouches-du-Rhône
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Union républicaine radicale et socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Gauche républicaine démocratique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 17 juin 1869 à Paris, mort le 5 novembre 1929 à Paris.

Député des Bouches-du-Rhône de 1910 à 1924.

Sous-secrétaire d'Etat aux Finances du 3 novembre 1910 au 3 février 1911. Ministre de la Guerre du 20 janvier au 16 décembre 1920.

Fils d'un ingénieur, inspecteur de la Compagnie des chemins de fer de l'Est, André Lefèvre fit ses études au collège Chaptal puis à l'Ecole des mines. Il débuta dans la politique au moment du boulangisme, comme secrétaire d'Alfred Naquet et, en 1893, soutint la candidature à la députation de René Viviani dans le 5e arrondissement de Paris. Dès cette même époque, il fit partie de la rédaction de La Petite République, journal socialiste.

Conseiller municipal du quartier de la Sorbonne de 1895 à 1900, réélu en 1904, il fut président du conseil municipal de Paris en 1907-1908, puis conseiller général de la Seine.

Une aussi forte position personnelle dans la capitale lui valut, lors des élections législatives du 24 avril 1910, de ravir sans coup férir son siège à Gabriel Baron dans la 1re circonscription d'Aix-en-Provence, l'un et l'autre recueillant respectivement 7.225 et 4.519 voix sur 12.772 suffrages exprimés.

Inscrit au groupe des républicains socialistes, membre de diverses commissions, il déposa notamment deux propositions de loi tendant, l'une, à supprimer les délimitations régionales, l'autre à ouvrir sur l'exercice budgétaire un crédit de 3 millions de francs en faveur des communes des arrondissements d'Aix-en-Provence et de Marseille. Il fut également entendu dans la discussion du budget de 1911 au sujet des tabacs français.

Aristide Briand l'appela dès le 3 novembre 1910, dans son deuxième cabinet, au poste de sous-secrétaire d'Etat aux Finances, dont il démissionna un trimestre plus tard sans avoir eu le temps de donner sa mesure aux « affaires ».

Revenu à son banc de député, il interpella le gouvernement sur l'un de ses thèmes favoris : les délimitations viticoles ; prit part à la discussion : du budget de la Justice de 1912 en demandant la création d'une chambre nouvelle à la Cour d'appel d'Aix-en-Provence ; d'un projet de loi tendant à établir le scrutin de liste avec représentation proportionnelle et d'un autre ayant pour objet de modifier la durée du service dans l'armée active (1912).

Il intervint plusieurs fois dans la discussion du budget de 1914 au sujet du recrutement des mécaniciens de la marine militaire, des secours pour calamités agricoles. Il s'intéressa encore à l'impôt sur les rentes, obligations et autres effets publics émis par l'Etat français ainsi qu'aux conclusions de la commission d’enquête sur l'affaire Rochette.

Devenu conseiller général des Bouches-du-Rhône, collaborateur au Petit Provençal, il conserve son siège de député le 26 avril 1914, par 6.811 voix contre 4.351 à Gay sur 11.366 suffrages exprimés. Il s'inscrit alors au groupe de l'union républicaine radicale et socialiste et entre aux commissions du budget et du suffrage universel.

Mais la guerre l'appelle à d'autres tâches auxquelles sa particulière compétence le désigne naturellement. Ingénieur militaire de 2e classe des poudres à titre temporaire il se consacre pendant quatre ans à l'étude de la fabrication et de l'emploi des explosifs, des munitions et des artifices.

Leader de la liste de concentration républicaine, il et réélu à la majorité absolue le 16 novembre 1919, avec 18.488 voix sur 36.164 suffrages exprimés ; l'un de ses collègues, Jean, fait mieux encore puisqu'il recueille 18.779 suffrages ; quand au troisième, Girard, il « passe » au quotient grâce à ses 18.034 voix. André Lefèvre s'inscrit au groupe de la gauche républicaine démocratique et devient membre de la commission des crédits.

Dès la constitution du bureau, le 18 décembre 1919, ses nombreux amis le portent à la vice-présidence de la Chambre et le confirment à ce poste le 13 janvier 1920. Rapporteur de la commission des crédits, il est entendu dans la discussion du projet de loi portant ouverture et annulation de crédits sur l'exercice 1919. Puis il prend part à la discussion du projet de loi concernant l'émission d'un emprunt de rente amortissable à 5 %.

A la demande de Millerand, qui forme son premier ministère, il accepte le poste de ministre de la Guerre le 20 janvier 1920. Le ministère tombe le 18 février suivant. André Lefèvre conserve son portefeuille dans le 2e cabinet Millerand, du 18 février au 23 septembre 1920, puis dans le cabinet Georges Leygues, dont il démissionne le 16 décembre 1920.

Au banc du gouvernement il soutient plusieurs projets de loi : relatif à l'appel de la classe 1920 ; créant un contingent spécial de décorations ; instituant la « médaille commémorative de la Grande Guerre », et naturellement le budget de son département.

Dès son retour à la Chambre des députés, il en redevient vice-président, haute charge dans laquelle le maintiendront sans interruption, jusqu'à la fin de la législature, l'estime et la confiance de ses collègues.

Il interpelle le gouvernement sur l'accord de Paris et sur la Conférence de Londres, puis sur sa politique extérieure. Il s'intéresse à l'éducation physique et à la préparation militaire obligatoire, au recrutement de l'armée, ce qui ne saurait étonner de la part d'un ancien ministre de la Guerre. Mais il n'oublie pas non plus son passage au sous-secrétariat aux Finances et prend part à la discussion de plusieurs projets de loi : portant institution d'un double-décime sur l'ensemble des contributions (1923) ; ayant pour objet la réalisation d'économies et la création de nouvelles ressources fiscales, le contrôle des opérations de change et la création d'une caisse de pensions de guerre (1924). Il est entendu également dans la discussion des budgets de 1922 et de 1923 à propos des monnaies et médailles de la guerre et de la loi de finances.

Aux élections générales législatives du 11 mai 1924, André Lefèvre n'obtient que 15.521 voix sur 44.814 suffrages exprimés, dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône. C'est la liste du cartel des gauches, comportant deux de ses anciens colistiers - Auguste Girard et Victor Jean - associés à Félix Gouin, qui l'emporte à la majorité absolue.

Il mourut cinq ans plus tard, le 5 novembre 1929, à Paris où il était revenu habiter, âgé de 60 ans et demeuré célibataire.

Il était commandeur de la Légion d'honneur.


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