Alfred Letellier

1841 - 1910

Informations générales
  • Né le 16 mars 1841 à Alger (Algérie)
  • Décédé le 7 juillet 1910 à Alger (Algérie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 14 octobre 1885
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Union républicaine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Député depuis 1881, né à Alger (Algérie) le 16 mars 1841, il étudia le droit à Paris, fut secrétaire de Crémieux, collabora au Courrier du Dimanche, et revint à Alger où il créa le Journal des Colons et le Bulletin judiciaire de l'Algérie.

Défenseur au barreau d'Alger, conseiller général, membre de la commission départementale, délégué au Conseil supérieur du gouvernement, il fut élu, sur un programme républicain, le 21 août 1881, député de la 1re circonscription d'Alger, par 2,606 voix (5,073 votants, 9,090 inscrits), contre 2,183 à M. Gastu, opportuniste, député sortant. M. Letellier s'inscrivit à l'Union républicaine et prit une part active aux débats parlementaires. Il parla dans la discussion de la proposition de loi relative au taux de l'intérêt de l'argent, proposa la nomination d'une commission de 22 membres chargée des affaires algériennes, soutint le projet de loi sur le rétablissement du divorce, intervint (1883) dans la controverse soulevée par les projets de réforme judiciaire, s'occupa du budget de l'agriculture, de celui des cultes, de l'achèvement du palais de justice d'Alger 1884, etc., et vota le plus souvent avec les radicaux de la Chambre.

Inscrit, le 4 octobre 1885, sur la liste républicaine du département d'Alger, il eut à lutter contre deux autres listes, de nuances différentes, et fut élu, le 1er sur 2, par 7,869 voix (15,045 votants, 22,153 inscrits). Il reprit sa place dans le groupe avancé de la majorité républicaine, et se mêla encore, dans la législature, à un certain nombre de discussions importantes, notamment à l'interpellation (1886) de M. de Mun sur les événements de Châteauvillain, au débat sur la procédure en matière de divorce et de séparation de corps, dont il fut rapporteur, à l'examen du budget, etc. Il adressa (1888) une question au ministre de la Justice au sujet du décret relevant M. Vigneau, compromis par ses interrogations téléphoniques dans l'enquête sur les décorations Wilson, de ses fonctions de juge d'instruction au tribunal de la Seine, fut élu membre de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations, soutint le ministère Floquet, et se prononça, à la fin de la session,

- pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- contre l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- pour les poursuites contre le général Boulanger.



Né le 16 mars 1841 à Alger, mort le 7 juillet 1910 à Alger.

Député d'Alger de 1881 à 1893. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. IV, p. 139.)

De nouveau candidat le 22 septembre 1889 dans la 1re circonscription d'Alger, il obtint au premier tour 3.568 voix sur 7.786 votants et 12.904 inscrits devant de nombreux concurrents : Blasselle (1.686 voix), Fallet (1.163 voix), de Redon (1.036 voix) et Soulery (338 voix). Au second tour, le 6 octobre, il n'avait plus qu'un seul adversaire, Paul Samary, ingénieur architecte qu'il battait par 4.213 voix contre 3.408.

Validé sans difficultés, il appartint aux commissions des douanes de la révision des services administratifs et de la réforme de l'impôt. Il déposa de nombreuses propositions de lois concernant des problèmes juridiques tels que le droit des enfants naturels au partage de la succession paternelle, la faculté pour une Française, mariée à un étranger dans le pays duquel le divorce n'existe pas, de demander le divorce aux tribunaux français, la publicité du mariage par mention de la célébration en marge de l'acte de naissance en vue de prévenir la bigamie ou d'autres fraudes, l'estimation et la vente des gages non réclamés au Mont de Piété et enfin l'application en Algérie de la loi du 30 août 1883 portant réforme de l'organisation judiciaire.

Il rédigea plusieurs rapports, principalement sur des questions touchant l'Algérie ; sur le projet de loi concernant le service de la propriété indigène en Algérie, la quotité des droits de douane applicables en Algérie, et l'établissement du tarif général des douanes (catégorie des produits chimiques) en 1891.

Siégeant parmi la gauche radicale dont il était un des fondateurs, il intervint souvent et sur des sujets très divers, montrant ainsi sa curiosité d'esprit et l'étendue de ses connaissances.

En 1890, il traita de la répression par voie disciplinaire des infractions au régime de l'indigénat et de l'emploi des fonds prélevés sur le pari mutuel. En 1891 il insista pour une majoration de la retraite versée aux officiers d'active et parla contre la prise en considération de la proposition de loi accordant la naturalisation progressivement aux indigènes d'Algérie. II interpella le gouvernement sur les conséquences fâcheuses pour la défense nationale des divulgations du chimiste Turpin et soutint le projet accordant une réparation aux victimes des erreurs judiciaires.

En 1892 il interpella le gouvernement sur le libre exercice de la médecine et insista de nouveau pour une majoration des pensions des militaires en retraite. En 1893, il présenta plusieurs amendements concernant les annuités dues à la Compagnie algérienne et traita de la réorganisation administrative de l'Algérie.

Il intervint, lors de la discussion du budget, en faveur des surveillants de lycée et des militaires en retraite.

Aux élections générales de 1893 (20 août-3 septembre) il se représenta dans la 1re circonscription d'Alger et, au premier tour, vint en tête avec 3.483 voix sur 8.923 votants et 16.021 inscrits devant Samary (3.009 voix) et Broussais (1.351 voix). Malheureusement pour lui, le retrait de Broussais au second tour assura le succès du candidat socialiste, Samary, par 5.090 voix contre 4.373 pour lui-même.

Il se retira alors de la vie politique, bien que restant encore conseiller municipal de la ville d'Alger et délégué au conseil supérieur du gouvernement. Il publia encore de nombreux articles dans le Journal des Colons qu'il avait créé et dans le Bulletin judiciaire de l'Algérie. Il mourut le 7 juillet 1910 au soir, ou peut-être le 8 juillet 1910. Ses obsèques eurent lieu le 9 juillet 1910, à Alger, en présence d'une foule considérable et de toutes les autorités locales.


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