Jean-Claude Colfavru

1820 - 1891

Informations générales
  • Né le 1er décembre 1820 à Lyon (Rhône-et-Loire - France)
  • Décédé le 18 mai 1891 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 28 avril 1850 au 2 décembre 1851
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Montagne
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 18 octobre 1885 au 14 octobre 1889
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant à l'Assemblée législative en 1850-51, député de 1885 à 1889, né à Lyon (Rhône), le 1er décembre 1820, mort à Paris le 18 mai 1891, il fut admis comme boursier au lycée de sa ville natale, où il fit de bonnes études.

Reçu avocat en 1845, il vint à Paris, et se mêla au mouvement démocratique. Ses opinions républicaines le firent impliquer dans les poursuites qui suivirent l'insurrection de juin 1848; il fut envoyé sur les pontons à Brest, puis interné à Belle-Isle, et bénéficia enfin d'une ordonnance de non-lieu. Il rentra presque aussitôt dans la politique militante.

Une élection complémentaire ayant eu lieu, le 28 avril 1850, dans le département de Saône-et-Loire, afin de remplacer six représentants du peuple condamnés pour l'affaire du 13 juin 1849, M. Colfavru fut élu le 6e et dernier, par 71 290 voix (120 162 votants, 154 015 inscrits) représentant à l'Assemblée législative. Il prit place à la Montagne et vota, conformément à son programme démocratique-socialiste, contre toutes les lois de répression proposées par le gouvernement et adoptées par la majorité. Il combattit de tout son pouvoir la politique de l'Elysée, et protesta contre le coup d'Etat de Décembre, à la mairie du 10e arrondissement de Paris. Arrêté, il fut conduit à Mazas, puis proscrit.

Il séjourna successivement en Belgique, à Londres et à Jersey, rentra en France après l'amnistie de 1859, et s'inscrivit de nouveau au barreau de Paris.

Le gouvernement du 4 Septembre le nomma juge de paix du 17e arrondissement : il exerça ces fonctions jusqu'en 1872. Sa conduite pendant le siège, comme chef du 85e bataillon de la garde nationale, lui avait valu la décoration de la Légion d'honneur (12 février 1871). Il passa ensuite en Egypte, s'établit homme de loi au Caire, où il vécut quelques années, puis revint en France.

Secrétaire du comice agricole et président de la société de secours mutuels de Pontoise, il fut porté, aux élections d'octobre 1885, sur la liste républicaine radicale de Seine-et-Oise, avec MM. de Mortillet, Hubbard, Vergoin, etc. Il fut élu au second tour, le 4e sur 9, par 56 199 voix (119 995 votants, 153 342 inscrits). M. Colfavru s’inscrivit au groupe de la gauche radicale, et vota :

- le 8 février 1886, pour la proposition Michelin tendant à rechercher les origines et les causes de l'expédition du Tonkin
- le 27 novembre, contre le maintien de l'ambassade du Vatican, etc.

En décembre de la même année, une proposition, dont il était l'auteur, et qui avait pour objet la suppression des sous-préfets (discussion du budget), entraîna la chute du cabinet Freycinet. Sa proposition avait été appuyée par MM. Raoul Duval et de Douville-Maillefeu et combattue par M. Sarrien, ministre de l'Intérieur, ainsi que par le président du Conseil. Le crédit relatif aux traitements des sous-préfets fut rejeté par 262 voix contre 249, et le ministère, le soir même du vote, donna sa démission.

M. Colfavru se trouva encore directement mêlé aux incidents parlementaires qui précédèrent le renversement de M. Jules Grévy, président de la République. Le député de Seine-et-Oise proposa, contrairement a une motion de M. Cuneo d'Ornano, qui visait exclusivement les agissements de M. Wilson et de l'Elysée, de généraliser l'enquête parlementaire et de l'étendre « à tous les faits touchant l'administration, qui paraîtraient da nature à mériter un blâme ou une répression. » La proposition Colfavru prévalut par 264 voix contre 257. Mais à peine était-elle adoptée, qu'un nouvel incident se produisit - l'affaire Caffarel-Limouzin, - qui précipita la marche des événements.

M. Colfavru vota avec les radicaux de la Chambre :
- le 19 novembre 1887, pour la discussion immédiate de l'interpellation Clemenceau (chute du ministère Rouvier) ;
- le 31 mars 1888 pour l'urgence de la proposition de révision (chute du ministère Tirard).

Dans la dernière session de la législature, il s'est prononcé :

- contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889),
- contre l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution,
- pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes,
- pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- pour les poursuites contre le général Boulanger.

M. Colfavru a publié : Le Droit commercial comparé de la France et de l'Angleterre (1861); le Mariage et le contrat de mariage en France, en Angleterre et aux Etats-Unis (1868), etc.

Date de mise à jour: mars 2012


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