Pierre Mathieu-Bodet

1816 - 1911

Informations générales
  • Né le 16 décembre 1816 à Saint-saturnin (Charente - France)
  • Décédé le 28 janvier 1911 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Charente
Groupe
Droite
Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 2 décembre 1851
Département
Charente
Groupe
Bonapartiste
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Charente
Groupe
Centre droit
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 20 février 1876 au 25 juin 1877
Département
Charente
Groupe
Non inscrit

Biographies

Représentant en 1848, en 1849, et en 1871, ministre, député de 1876 à 1877, né à Saint-Saturnin (Charente) le 16 décembre 1816, d'une famille de cultivateurs, il étudia le droit à Paris et se fit recevoir licencié, puis docteur (1842). En 1846, il acheta une charge d'avocat à la cour de Cassation.

Membre du conseil général de la Charente depuis 1845, il fut élu, le 23 avril 1848, représentant de la Charente à l'Assemblée constituante, le 6e sur 9, par 37,567 voix (92,994 votants), sur une profession de foi républicaine. Il siégea parmi les conservateurs, fit partie du comité des finances, vota:

- pour le rétablissement du cautionnement,
- pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
- contre l'abolition de la peine de mort,
- contre l'amendement Grévy,
- contre le droit au travail,
- pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac,
- pour la proposition Rateau,
- contre l'amnistie,
- pour l'interdiction des clubs,
- pour les crédits de l'expédition de Rome, etc.

Après avoir obtenu sa réélection à l'Assemblée législative, le 13 mai 1849, dans le même département, le 1er sur 8, avec 50,418 voix (79,163 votants, 114,411 inscrits), M. Mathieu-Bodet suivit la politique de l'Elysée, fit partie de la majorité, appuya l'expédition de Rome, la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, fut membre de plusieurs commissions, et (1850) rapporteur de la commission du budget.

A la suite du coup d'Etat du 2 décembre, il fut inscrit sur la liste des membres de la Commission consultative ; mais, désapprouvant les décrets du 22 janvier 1852, relatifs aux biens des princes d'Orléans, il donna sa démission. Il réunit, le 29 février suivant, comme candidat au Corps législatif, dans la 1re circonscription de la Charente, 2,292 voix, contre 23,783 au général Gellibert des Séguins, élu. il reprit ses travaux d'avocat à la cour de Cassation, et devint, en 1863, président de son ordre.

De nouveau candidat au Corps législatif, après la mort de M. Gellibert des Séguins, comme bonapartiste indépendant, nuancé d'orléanisme, il obtint (8 novembre 1868) 13,705 voix, contre 17,876 à l'élu officiel, M. Laroche-Joubert.

M. Mathieu-Bodet ne rentra dans la vie parlementaire qu'aux élections pour l'Assemblée nationale : le 8 février 1871, il fut nommé représentant de la Charente, le 3e sur 7, par 51,165 voix (70,607 votants, 114,376 inscrits). Il prit place au centre droit, vota:

- pour la paix,
- pour les prières publiques,
- pour l'abrogation des lois d'exil,
- pour la pétition des évêques,
- contre le service militaire de trois ans,
- contre la politique de Thiers,
- pour sa chute au 24 mai.

Plusieurs fois membre de la commission du budget, il s'occupa d'affaires plus que de politique pure, parla spécialement sur les matières économiques, et fut appelé, le 20 juillet 1874, à prendre la succession de M. Magne, comme ministre des Finances; il conserva ce portefeuille jusqu'au 10 mai 1875; sa situation ministérielle avait été quelque peu ébranlée par une demande de crédit de 303,000 francs (15 février 1875) pour pensions de retraite à d'anciens fonctionnaires de l'Empire, qui n'avaient ni soixante ans d'âge, ni trente ans de services, mais qui invoquaient des infirmités contractées dans l'exercice de leurs fonctions, alors que la plupart joignaient à une santé florissante des occupations largement rétribuées. Il avait aussi adressé au président de la République (janvier) un long rapport, qui fut très remarqué, sur la situation financière, la nécessité d'impôts nouveaux et la révision du cadastre. M. Mathieu-Bodet se rapprocha des républicains modérés sur la fin de la législature ; il se fit inscrire au nouveau groupe Lavergne, s'abstint lors du vote sur l'amendement Wallon, mais vota pour l'ensemble des lois constitutionnelles.

Elu, le 20 février 1876, député de l'arrondissement de Barbezieux, par 5,776 voix (9,190 votants, 15,257 inscrits), contre 2,249 à M. Planat, il n'appartint à aucun groupe de la Chambre, opina généralement avec les « constitutionnels », et fut un des onze députés qui s'abstinrent dans le scrutin d'où sortit le vote de blâme et de défiance contre le ministère de Broglie-Fourtou (juin 1877).

M.Mathieu-Bodet resta neutre pendant la période dite du « Seize-Mai », et ne se représenta pas aux élections du 14 octobre. En 1879, il fut, à deux reprises différentes, candidat au Sénat dans la Charente : le 16 février, il ne réunit, en remplacement de M. André décédé, que 28 suffrages contre 308 à M. de Brémond d'Ars élu, et 151 à M. Bellamy; le 9 novembre, en remplacement de M. Hennessy décédé, il en obtint 44, contre 314 au maréchal Canrobert élu, et 126 à M. Bellamy.

M. Mathieu-Bodet avait été réélu, le 8 octobre 1871, membre du conseil général de la Charente pour le canton d'Hiersac; il avait été secrétaire de ce conseil de 1863 à 1870, et président de 1871 à 1874; il est aujourd'hui administrateur du Crédit Foncier. Chevalier de la Légion d'honneur (12 août 1864) et officier (16 juillet 1894). Il a collaboré à plusieurs revues de jurisprudence et notamment au Répertoire de Dalloz.

Date de mise à jour: août 2017


Né le 16 décembre 1816 à Saint-Saturnin (Charente), mort le 28 janvier 1911 à Paris (8e).

Représentant de la Charente à l'Assemblée Constituante de 1848.

Représentant de la Charente à l'Assemblée législative de 1849. Représentant de la Charente à l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876.

Député de la Charente de 1876 à 1877. Ministre des Finances du 20 juillet 1874 au 10 mars 1875. (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. IV, p. 311.)

Mathieu-Bodet avait abandonné la politique après ses échecs au Sénat en 1879.

Administrateur du Crédit foncier, il mourut le 28 janvier 1911 à Paris, dans sa quatre-vingt-quinzième année.

Il était officier de la Légion d'honneur depuis 1894.


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