Georges, Eugène Haussmann

1809 - 1891

Informations générales
  • Né le 27 mars 1809 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 11 janvier 1891 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 14 octobre 1877 au 14 octobre 1881
Département
Corse
Groupe
Appel au peuple

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 9 juin 1857 au 4 septembre 1870

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Sénateur du second Empire, député de 1877 à 1881, né à Paris le 27 mars 1809, petit-fils de Nicolas Haussmann (1760-1846), député en 1791, membre de la Convention, de religion protestante, filleul du prince Eugène, et fils de M. Haussmann, commissaire des guerres sous le premier Empire, et de Mlle Dentzell, fille du général baron Dentzell, Georges-Eugène Haussmann fit ses études à Paris, et fut reçu avocat ; destiné par sa famille au notariat, il était second clerc dans une étude de Paris quand éclata la révolution de 1830.

Il prit part aux journées de Juillet, fut légèrement blessé devant le Théâtre-Français, et profita des relations nouées à cette occasion avec les membres du nouveau pouvoir pour entrer dans l'administration comme secrétaire général de la préfecture de la Vienne (22 mai 1831). Le traitement des secrétaires généraux ayant été supprimé par la Chambre au projet de budget de 1833, M. Haussmann fut pourvu de la première sous-préfecture vacante, celle d'Yssingeaux (Haute-Loire) (14 juin 1832). Le 9 octobre suivant, il passa à la sous-préfecture de Nérac, le 17 février 1840 à celle de Saint-Girons, et le 23 novembre 1841 à celle de Blaye.

La révolution de 1848 pouvait briser sa carrière ; mais M. Haussmann, qui s'était marié à Bordeaux et qui y avait des amis, fut, par décret du 17 mars 1848, « appelé au conseil de préfecture de la Gironde. » L'avènement à la présidence de la République du prince Louis-Napoléon, vers lequel l'attiraient ses idées autoritaires et dont il embrassa le parti avec promptitude et décision, le rendit à l'administration active. Appelé, le 24 janvier 1849, à la préfecture du Var, il inaugura dans ce département, fortement travaillé par les passions politiques, le règne des « préfets à poigne », résista à l'émeute avec un réel courage personnel, et, obligé de faire arrêter M. Emile Ollivier, alors champion ardent des doctrines démocratiques, préféra ne pas en faire « un martyr », et réussit adroitement à le laisser échapper, solution dont son ex-prisonnier lui garda une inexorable rancune. Le 11 mai 1850, M. Haussmann fut nommé préfet de l'Yonne. À Auxerre, il se lia avec M. Frémy, ancien conseiller d'Etat, alors représentant de ce département à l'Assemblée législative, et qui, fort bien en cour, devint, à partir de ce moment, l'agent le plus actif de sa fortune politique.

Nommé préfet de la Gironde (26 novembre 1851), M. Haussmann reçut à Bordeaux le prince-président, quelques semaines avant le rétablissement de l'Empire ; l'habileté des mesures prises par lui dans la Gironde au coup d'Etat, son dévouement au nouveau régime, et l'appui de M. Frémy le firent bientôt appeler (23 juin 1853) à la préfecture de la Seine, vacante par la démission de M. Berger.

On sait quelle volonté persévérante, quel talent d'administrateur, quelles ressources financières le nouveau préfet mit au service de l'étonnante transformation et des merveilleux embellissements de la capitale. S'il eut l'espoir et l'ambition, qui parurent d'abord fondés, de faire suivre aux recettes existantes de la ville, sans créer de nouveaux impôts, une progression qui lui permît d'équilibrer les dépenses nouvelles, il dut bientôt, après avoir escompté l'annexion de la banlieue, recourir à des mesures fiscales supplémentaires, à des virements, à des emprunts, etc., et l'œuvre de la transformation de Paris, qui n'a rien d'analogue nulle part, et dont on ne peut nier la conception grandiose, suscita dès lors à son auteur les tracas incessants des difficultés financières. M. Haussmann ne se découragea pas, ne ralentit pas les travaux, et pourvut aux nécessités les plus urgentes par des expédients de caisse.

Au Corps législatif, voire même au Sénat, où M. Haussmann était entré par décret impérial du 9 juin 1857, ces procédés donnèrent barre à l'opposition sur le gouvernement, et les ministres furent parfois assez embarrassés pour défendre, en toute circonstance, comme la voulait l'empereur, le tout-puissant préfet de la Seine. À la fin de 1860, gêné par « l'ombrageuse susceptibilité » du ministre de l'Intérieur, M. de Persigny, M. Haussmann offrit sa démission, et ne la retira qu'après avoir obtenu un décret impérial qui rendait au contrôle du préfet une foule d'actes municipaux, soumis jusqu'alors à la sanction du ministre. Mais l'opposition ne désarma pas.

Les Comptes fantastiques d'Haussmann, brochure de M. Jules Ferry, popularisèrent la lutte de la gauche contre le préfet, et, en 1868, celui-ci dut consentir à soumettre sa gestion à l'examen du Corps législatif. Un traité conclu par la Ville avec le Crédit Foncier, dont M. Frémy était alors gouverneur, vint en discussion à la Chambre le 22 février 1869, et au Sénat le 6 avril. Au Sénat, M. Haussmann le défendit ; à la Chambre, ce traité fut vivement attaque par MM. Garnier-Pagès, Picard et Thiers, défendu avec talent par M. Genteur, conseiller d'Etat, et par le ministre de l'Intérieur, M. Forcade de la Roquette ; mais M. Rouher avoua les illégalités commises, condamna le traité, et proposa une émission de titres ; le traité, qui parait aux exigences pressantes du moment, fut voté, seulement on décida en même temps que le budget extraordinaire de la Ville serait désormais approuvé par une loi.

La situation de M. Haussmann, toujours soutenu par l'Empereur, en paraissait à peine ébranlée, lorsque l'avènement du cabinet Emile Ollivier précipita le dénouement. Le nouveau garde des Sceaux de l'Empire n'avait pas oublié les injures du démocrate du Var : il exigea la démission du préfet de la Seine. M. Haussmann, fier de la tâche accomplie, eut le légitime orgueil de préférer une révocation à une soumission, et refusa sa démission : un décret impérial du 5 janvier 1870 « le releva de ses fonctions » ; il fut mis à la retraite comme préfet de la Seine le 26 février suivant, et, en mars, sa pension fut liquidée à 6 000 francs. Il se retira alors dans la belle villa qu'il possédait à Nice ; il s'y trouvait encore au moment de la révolution du 4 septembre ; il quitta quelque temps la France, et revint après la conclusion de la paix.

En juillet 1871, lors des élections complémentaires qui eurent lieu dans la Seine pour remplacer les représentants décédés ou ayant opté pour d'autres départements, le nom de M. Haussmann fut mis en avant, mais il se retira formellement avant l'ouverture du scrutin.

Nommé directeur du Crédit mobilier en septembre 1871, il se présenta à la députation, aux élections du 20 février 1876. dans le 1er arrondissement de Paris ; n'ayant obtenu, au premier tour, que 2 950 voix, il se désista aussitôt.

Mais, aux élections du 14 octobre 1877, qui suivirent la dissolution de la Chambre par le cabinet du 16 mai, il se porta comme candidat officiel dans l'arrondissement d'Ajaccio, contre le prince Napoléon. Une circulaire présenta sa candidature comme « approuvée dès son apparition, de préférence à celle de M. le prince Jérôme, et par Mgr Meglia, nonce du pape, envoyé particulier de Sa Sainteté en France, et par Mgr le cardinal Guibert, archevêque de Paris, la plus haute personnalité du culte catholique dans notre pays ». Il triompha d'ailleurs par 8 027 voix sur 12 499 votants et 18.259 inscrits, contre 4 419 voix au prince Jérôme Napoléon, député sortant, un des 363. À la Chambre, M. Haussmann prit place à droite, dans le groupe de l'Appel au peuple, avec lequel il vota, sans se mêler aux débats parlementaires.

Non réélu en 1881, il échoua pareillement aux élections d'octobre 1885, sur la liste monarchiste de la Gironde, avec 72 085 voix sur 162 236 votants. M. Haussmann, qui n'a retiré aucune fortune des hautes situations qu'il a occupées, est aujourd'hui président du conseil d'administration des Magasins généraux.

Il vient de publier (1890) les deux premiers volumes de ses Mémoires.

Créé baron par l'empereur, il est grand-croix de la Légion d'honneur depuis le 7 décembre 1862, décoré de tous les ordres de l'Europe, et membre libre de l'Académie des Beaux-Arts depuis le 7 décembre 1867.

Il est mort à Paris le 11 janvier 1891.

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